vendredi 5 novembre 2010

Habiter poétiquement le monde


« Habiter poétiquement le monde » est une expression du poète Hölderlin, qui donne son nom à l'exposition présentée au LaM à l’occasion de la réouverture du Musée après travaux et transformations. C’est aussi le titre du livre-catalogue édité à cette occasion.
Ma participation à l’ouvrage "Habiter poétiquement le monde" consiste en un long poème-manifeste de 115 versets comportant chacun 23 mots.
Quelques extraits ci-dessous :


Devenir le poème

[...]

Tu comptes vingt-trois mots dans chaque paragraphe, le code 23, Enigma, les chromosomes, un siècle à la fois, Yield To Total Elation.
Tu progresses, tu t’assois entre deux chaises, entre deux âges, teenager ou senior, l’entre-deux pour modifier l’emploi du temps.
Tu conjugues le passé perdu et le présent souffrant, entre la cellule monacale et le désert rouge ou blanc, entre chien et loup.

Tu avances dans le Temple, dans les architectures immémoriales, ton panthéon personnel, reliques de l’amour, chaque salle dédiée à un artiste brut.
Tu te déplaces en observant la disposition de tes pieds sur le carrelage bleu. Tu fais attention de ne pas toucher les joints.
Tu places chaque pied dessinant un angle droit avec le précédent, la marque de ton pas inscrite dans la diagonale du carré a√2.

Tu nommes dans la forêt, chaque arbre, et dans le ciel, chaque étoile... La Nouvelle Pléiade resplendit jour et nuit sur la réalité.
Tu dialogues avec les vivants et les morts. Tu dessines un autre Yggdrasil. Tu produis jusqu’à la totale exaltation, la joie pure.
Tu n’as pas lu tous les livres et tu n’es pas triste car tu obéis au principe de la nécessité intérieure.

Griffonnages médiumniques, phrases spiralées, cercles de craie, machines sidérales, montages proliférants, assemblages encombrants, tes archives, tes tas de tas, tout est à toi.
Tout est de toi, tout est par toi, en tout et partout. Tu considères les mots comme des épingles, des cutters, des matérioutils.
Le mot mescaline devient la messe câline, le mot mot se ruait vers Laure, la dame bleue en vêtements de travail Pigeon Voyageur.

[...]

Artiste de proximité, médium de nécessité, facteur de poésie élémentaire, poézi prolétèr, il approuve Michaux qui dit : « Si tu écris, tu sais dessiner. »

Il fusionne en son alambic éléments plastiques et langue écrite. Éventuellement, il pourra ajouter quelques broutilles magnétiques ou numériques dans la patmo bouillonnante...

La cuisson terminée, il étalera le résultat en mode infra-mince, sur la table de la cuisine ou le mur de l’atelier.

Il inclut tout naturellement dans sa méthode de travail les quatre forces fondamentales de la physique moderne : gravitation, électromagnétisme, interaction forte, interaction faible.

A Near Death Experience révèle le chamanisme latent. On invoque les quatre éléments, les quatre directions, parfois grâce à des abstractions mathématiques modernes.

Dans le bleu adorable, transmutation et permutation, on performe et on transmet, on permet et on transforme. Ainsi, des artistes soignent ou enseignent.

Joseph par le feutre et la graisse, Robert par le bien fait mal fait pas fait et Ian par le cercle de craie.

Des hommes écrivent sur le sable sous la dictée des esprits, créant des principes de croyance, des légendes cosmiques. Ils réenchantent le monde.

Ils transforment des objets (câbles, casseroles, ampoules, boulons) en dispositifs de performance, médias magiques ajoutant une valeur spirituelle à la valeur d’usage.

Ils élèvent des tours, bâtissent des palais, créent des girouettes, font pousser des volatiles végétaux, inventent des labyrinthes, sculptent le bord de mer...

Voici venir la cohorte des constructeurs de l’imaginaire, les bâtisseurs chimériques naïfs bruts, les inspirés, les artistes singuliers, outsiders de l’art...

Ces travailleurs paysagistes font du gros œuvre un chef d’œuvre, font l’œuvre de leur vie, font de leur vie une œuvre.

Comme la moule l’huître le bigorneau la tortue l’escargot, ils portent et sécrètent leur maison, ils l’habitent pour la vie.

[...]

Lucien Suel

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posted by Lucien Suel at 13:33 3 comments

mardi 14 septembre 2010

Lucien Suel & Arnaud Mirland en concert (6/10)

Sixième morceau du concert de Cheval 23, le 6 avril 2010 à La Java : "Allô Virus 23", un poème extrait de Canal mémoire, aux éditions du Marais du Livre.

allô virus 23
allô il faut que ce soit comme la vie
drôle douloureux mystérieux la poésie
le poème ce livre étrange tout semble
s’éclairer la structure circulaire la
lecture commencera par n’importe quel
fragment n’importe quel mot n’importe
quelle ligne comme ce que Burroughs a
dit en parlant des cut-up ils peuvent
produire allô l’impression de déjà-vu
avoir un caractère prophétique il n’a
évidemment pas employé une seule fois
le cut-up dans le texte d’ici en mots
sur des lignes de 37 caractères c’est
le contenu du poème côté expérimental
pas le style à part le fait qu’il n’y
a pas de signes de ponctuation voiles
sur les artifices de fabrication pour
préciser qu’au début le poème s’écrit
composé en mélangeant un extrait d’un
roman de Mickey Spillane et la lettre
d’une religieuse carmélite à son père
le reste c’est l’avis de Céline pense
que le lecteur jouit du confort de la
croisière sans connaître le détail de
l’organisation un lecteur intrigué et
amusé par l’action par le jeu avec la
langue il réagit intellectuellement à
certaine tension et certaine ambiance

c'est le poète qui écrit ce qu'on lui
dit d'écrire une comtesse de Noailles
aurait pu par exemple s'extraire d’un
lit pour lui rendre visite on ne sait
pas ni où ni quand ni que ni qui pour
arriver à cette notoriété relative et
fragmentaire en nombre en pagaille se
présentent les itinéraires les prix à
payer il calcule en ajoutant les prix
littéraires au matériel utilisé et le
salaire comprend les heures passées à
scruter l'écran du moniteur souris au
bout du bras président Clinton Reagan
Nixon serait lui-même assurément très
content de recevoir par la poste deux
poèmes ou trois poèmes d'un tel poète
oui peut-être qu’il lui ou les lirait

ici celui qui n'a pas lu ce poème n'a
rien lu dans ces vers de 37 signes on
respire de l'air sain quand le propre
père se désincarne il est enfoui dans
le cimetière de famille assez loin de
la vallée des Rois mais à deux pas du
cabinet de travail mal-voyant il peut
murmurer voire même prononcer deux ou
trois poèmes devant la tombe litanies
de la glèbe une espèce d'hagiographie
de choses quotidiennes la sainteté de
la brosse la finesse du torchon ou la
virginité d'un pansement dans le fond
il entend les explosions dans son âme
endolorie il revoit les mandorles qui
se tordent se souvient du gouffre qui
avale les vivants il se souvient d’un
puits allô est-ce que c'est avant une
visite de Vincent Van Gogh chez Emile
Breton ou Jules Breton à cette époque
baiser cette bague diamant proéminent
au gros petit doigt d’un évêque était
un signe de respect le bonheur est un
nuage dans l'au-delà des nuages et un
amoncellement s'expliquait clairement
au tableau noir dans la classe de fin
d'études rurales le poète atteint par
la folie ordinaire n'existait pas ici
ou alors il se cachait sous une table
des matières de la table des matières

longtemps le poète s’employa dans les
campagnes à la garde des pourceaux la
longueur du jour il rimait remuait en
son cerveau des interrogations sur le
vocabulaire ainsi que signifie ce mot
coruscateur et que signifie obreptice

autrefois le prêtre tournait le dos à
l’assemblée des dévots et sa chasuble
s'ornait d'un mandala vert à examiner
dans le froid d’une longue messe mais
si un geste est fatigant l’économiser
dans la production est capital poèmes
vous devez être flexibles c'est ça le
zen le yoga le satori c'est une coupe
noire où resurgit tout le tas de mots
morts dans la froide communication la
duperie de la virtualité mots émotifs
aviformes de cénotaphes enveloppés de
drap noir mots gravés sur les pierres
la malédiction du pharaon anathèmes à
travers le temps à travers l’espace à
travers par le mot par le mot mot les
hiéroglyphes banalisés l'art est frit
planétaire mais les poètes cochons le
cochon de poète demeure un villageois

globalement il a appris à écrire avec
l’encre un porte-plume en bois et une
plume sergent-major en acier et après
dans les années soixante il avait son
stylo-bille 4 couleurs ensuite années
70 les crayons-feutres et la première
machine à écrire l’Underwood-Standard
d’origine achetée 30F chez un chineur
au début des années 80 il imprime son
premier livre Sombre Ducasse à trente
exemplaires en utilisant l’imprimante
à aiguilles et 5 rubans le traitement
de texte s’appelait Wordstar et le PC
286 il passe assez rapidement à Works
3.0 sur un 386 écrase son Wordstar un
vieux crayon usé ce poème est composé
actuellement directement en utilisant
Word 6 sur un 486 avec une imprimante
laser ce sont des mots bel été poèmes
sur le sable à marée basse avec bouts
de bois ramassés sur la plage du jour
au lendemain il rend public son poème
sur le réseau international libre mot
modem le jour où tout s’arrêtera tous
les disques durs ramolliront il saura
graver les mots sur le mur de la cave
avec un morceau de charbon graver sur
le sable des plages de la mer du Nord
avec les morceaux d’un CD-ROM inutile
Lucien Suel

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posted by Lucien Suel at 07:22 2 comments

lundi 26 avril 2010

CINEMAROCAPOCALYPSE

20THCENTURYPHLOXaaaaaaa MGMCOLUMBIAQUEEN
MARILYNCARNEGIESaaaaaaa GODORIGYNEBODIES
MONROEPANDORAREXaaaaaaa REXMONROEPANDOOR
CADILLACOGONEKINaaaaaaa INOGONEKGERANIUM
FLAMINGOCEDILLASaaaaaaa PEONIESGOFLAMING
ROSEROSTREETMOONaaaaaaa ROSEMOONBUDFLEET
LIGHTNINGSWEATMEaaaaaaa SCREENSLAUGHTERS
FINALCUTSCREWINGaaaaaaa SKULLSHOOTINGUSA
open up the doll
( Monroe shrine )
ali boredom

C I N E M A R O C A P O C A L Y P S E

générique de fin

M A J E S T I C A U R O R A P O L L O
C A B I R I A B E L L E T O I L E X *
C E L S I O R I V I E R A R I A N A *
P A N D O R A C K H A M ’ S A R E A *
A L H A M B R A H I M S I E C L E 2 3


I M A M C O L O R 1 4 3 1 R I A L T O
P O T E M Q U E E N P H A R A O N C E
U P O N A T I M E * M I L L E N I U M
P A L A C E D E N M O R O C C O R O S
B I F R E D I * S C A L A B R A H A M


C A S A N O V A E X P R E S S T Y X *
X L O R I E N T O I L E D R I V E I N
T O U B K A L U X * P A R A M O U N T
S T A R S C R E W E R S A R R A S I N
C O N T I N E N T A L C O L O N I A L


M A U S O L E E L D O R A D O K I N O
L A U R E L & N A N O U K E S K I M O
A T A L A N T E * H E S P E R I D E S
L I B E R T E N I K E C O L U M B I A
C O L I S E E O D E O N L U T E T I A


R I O R K O L Y M P I A L O O Q S O R
S I N B A D R E X A L A D I N V O X 9
G A L A X Y Q U I X O T E A L A M U T
M A R ( A L L ) A B O U T ( E V E ) *
& M A R A B O U T ( D E S O U F F L E


S T A R D U S T N A T I O N A L M G M
R O Y A L S P L E N D I D O S P A H I
M A R I L Y N ( & O U T ) Z O U A V E
L A S T C A L L F O R L A S C A U X *
N E F E R T I T I C E A S A R A Z A D

Hassan I Nada
(à Lucien Suel)

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vendredi 2 avril 2010

CHEVAL 2 3

Récital "CHEVAL 2 3" (lire cheval deux trois)à Paris le 6 avril 2010, à 20 h / 5 €.
La Java, 105, rue du Faubourg du Temple, 75010 Paris
Une soirée "Duos voire plus si affinités"
proposée par JM SPIT
avec
Jacques Sivan + Cédric Pigot
CHEVAL 2 3
Jean-Michel Espitallier + Kasper Toeplitz
ENOB

CHEVAL 2 3, le vendredi 11 décembre 2009 au Point de Bascule à Marseille dans le cadre du Festival « Nuit d’hiver » n° 7 organisé par le GRIM - Montevideo (prise de vue : Grim)
Deux autres vidéos du même concert par Carosch 13 : ici et .
On peut écouter un nouveau titre de CHEVAL 2 3 "Les champs de la nuit" sur le site Myspace du Guitar Poetry Tour ici.
Et d'autres titres encore sur le blog d'Arnaud Mirland : Mon Récital.

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posted by Lucien Suel at 09:47 0 comments

lundi 2 juin 2008

Coupe-carotte

Coupe-Carotte est un petit livre qui présente les prolongements que j'ai donnés au cut-up entre 1972 et 1996. Cela va du texte aléatoire (mots sortis d'un chapeau) au vers justifié, en passant par le poème express et le détournement. J'avais rassemblé ces matériaux, cette carotte géologico-littéraire pour rendre hommage à l'inventeur William Burroughs après sa mort en 1997. Publié par Marie-Laure Dagoit en 2002 aux éditions Derrière la salle de bains, dans la collection "Poésies mécaniques", aujourd'hui épuisé, Coupe Carotte vient tout juste d'être réédité en version numérique par Publie.net dans la collection "Formes brèves" avec une très amicale présentation de François Bon.

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posted by Lucien Suel at 07:42 0 comments

mercredi 2 avril 2008

Instantanés du Blosne (1)

En 2001-2002, j'étais écrivain en résidence dans le quartier du Blosne, l'ancienne ZUP de Rennes, invité par le Centre Culturel du Triangle.
A l'occasion de mon retour prochain au Triangle pour une soirée de lectures le 10 avril 2008, voici pendant quelques jours sur ce blog les poèmes écrits en 2001 et publiés jadis dans L'Instant T, n°s 8 & 9, par les soins de Jean Jacques Le Roux et Yann Dissez.
Pour commencer, un ensemble de "versets" arithmonymes de 23 mots chacun intitulé :

Instantanés du Blosne (1)
Le Blosne ne coule plus sous le ciel du Blosne. Le Blosne coule sous le Blosne. Une rivière noyée sous le béton, vilaine.

Le ruisseau coule dans le noir, le ruisseau est l'encre noire avec quoi s'écrivent quelques souvenirs. Bruit de pages qui tournent.

La rocade périphérique est comme une frontière au sud de la ville, une douve dans laquelle coule en rugissant le flot des voitures.

Le flot rugit en bas de la butte antibruit qui s'affaisse doucement et qu'il faudra bientôt surélever pour contrer l'envahisseur.

Le bruit des moteurs assiège les oreilles des habitants, presque tous collaborateurs occasionnels - automobiles sagement rangées en bas des immeubles, le soir venu.

Dans l'aube du Blosne, un angélus lointain, trace légère du passé dans la sourde rumeur automobile et les premiers chants d'oiseaux.

Oiseaux du matin dans les Jardins Dinariques, sifflets des merles noirs, charabia des moineaux, roucoulements des tourterelles turques à collier. Les éboueurs collectent.

Square de Bosnie, quatre corbeaux bataillent sur le gazon avec une paire de grosses pies, sous le regard intéressé d'un chat gris.

Les corbeaux vocifèrent. Les pies esquivent les attaques en silence. Le chat gris se demande où sont passées les gouttières de ses ancêtres.

Retour du Portugal, le petit pouillot véloce affûte sa scie dans le bois des Ourmes, tsyip, tsiep, tsyip, tsiep, tsyip, tsiep, tsyip, tsiep...

Les étourneaux du soir, couple en frac noir comme deux Dupont, enquêtant au pied des tours, à la recherche d'indices, mégots, miettes...

Autrefois, au Pont Noir, vairons et têtards, et ceux qui pêchaient, enfants, torses nus, les pieds dans le Blosne serpentant sous le ciel.

Aujourd'hui, les enfants pataugent dans le bassin au bout du bois des Ourmes, clairière inondée de soleil comme dans Blow-up d'Antonioni.

Au Café-Confort, marché de Zagreb, la langue des poètes claque dans l'air du Blosne et résonne dans la tête des habitants.

Ils écoutent Paul Celan, Ghérasim Luca, Robert Desnos et Tristan Tzara. Ils écoutent aussi Bernard Noël, Henri Michaux, Georges Bataille et Arthur Rimbaud.

Dans le bâtiment FG4, Jean fait la différence entre poètes ordinaires et poètes super, poètes légers et poètes au plomb, question d'essence.

Centrale thermique du Blosne, chaleur pour tous, soleil du fuel venu de loin dans les tankers qui parfois se renversent ailleurs en Bretagne.

Les vélos filent sur les petits chemins bordés de verdure, les haies réduites à deux traces parallèles de peinture verte sur le macadam.

Centre social, Carrefour 18, au rez-de-chaussée, antifrozenkasbah. Au premier étage, sur une table en stratifié, on découpe un patron en morceaux.

Station Blosne. Une jeune maman fume en poussant la poussette. A l'hôpital sud, un chirurgien termine l'amputation d'un vieux jardinier.

Les paraboles avalent les ondes télévisées. Place du Banat, en longue spirale descendante, la grande corneille noire tourne autour de la grande tour.

Du haut des tours, plusieurs fois par jour, les chiens descendent, traînant leurs maîtres. Petit tour, P.M.U. du C.C., petit pari, petit pipi.

Au Marché Ste Thérèse, les galettes-saucisses sont les hot-dogs celtiques, porc et sarrasin. L'homme ne vit pas seulement de poésie.

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lundi 25 février 2008

Skate

A l'occasion de l'exposition SKATE NOMADE du peintre Jean-Pierre Thomas à l'Espace Landowski, Médiathèque de Boulogne-Billancourt, j'ai écrit SK8, un long poème de 423 vers justifiés, de 23 signes typographiques chacun.
Concernant le vers justifié, j'aimerais vous renvoyer à la très intéressante note rédigée par Patrice Houseau sur son Blog littéraire. (A noter que depuis cette publication, Patrice s'est lancé avec joie et frénésie dans l'écriture "arithmogrammatique".)
Dans le cadre du Prime-time des Poètes (en hiver), je ferai une lecture publique le 8 mars 2008 à 16 h au Foyer-bar, niveau –2 de la Médiathèque, Espace Landowski, rue André Morizet, métro Marcel Sembat, entrée gratuite.
Dans l'immédiat, je vous propose le début, les 64 premiers vers de SK8 (lire "sk eight").

SK8

skate skate skate skate
SKATE SKATE SKATE SKATE
huit fois pour lire SK8
huit fois pour dire SK8

Helter Skelter planches
qui roulent rolling and
rolling
skate Hell Hell
Helter Skater
suivre le
rail hop comme Ken Park
glissade & retournement
coup de talon earphones
tu entends la musique &
le ronronnement naturel
des roues sur le tarmac
le son monte et descend
comme tes genoux le son
entre dans ton crâne tu
vois en même temps tous
les obstacles scannes &
envisages les bonds les
mouvements & impulsions

fuck the rain cette eau
coule sur ton cou colle
tes cheveux à ton crâne
boyz rolling on the top
of the world free skate
free style rock ‘n roll


Larry Clark regarde les
adolescents glissant le
long des trottoirs avec
Ken Park dans le viseur
oeilleton vidéo flèches
vertes rouges et bleues
leds traversant l’écran

vitesse modulée mélodie
des roues au milieu des
modules skate nomade au
fond du bowl Hawaï surf

souvenir scolaire point
d’appui pour ton levier
qu’il soulève l’univers
comme Archimède tape la
queue du skate pour lui
faire dresser le nez un
nose qui colle au tibia

tu prends le skateboard
et tu parcours la ville
monté sur les trucks et
les roulements à billes

tu t’envoies en l’air à
fond ollie et l’on voit
les dessous de la board
les stickers les pin up
pop rock Ian Mc Culloch
d’Echo and The Bunnymen
Suicidal Tendencies les
légendes punk de la rue
Les brigades des os Les
seigneurs de Villechien
Bones Brigades virus 23
contrôle à Dogtown dans
Paranoïd Park avec Dead
Kennedys hardcore party
skate core
au skatepark
... /...
La suite à voir et écouter ici
ajout du 10 novembre 2009 : Lire la suite ici
Jean-Pierre Thomas, Planches de skate gravées et peintes

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posted by Lucien Suel at 11:07 2 comments

lundi 4 décembre 2006

Agent 23




Remerciements au Spookrijder qui nous a fait parvenir ces deux images.
Nous augmentons ainsi notre collection de références au 23.
Pour plus de renseignements sur l'agent S. 23, Odette Churchill, née Odette Sansom, voir ici.

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