mercredi 10 janvier 2018

L Suel à l'aveuglette en 2001 avec Dragibus et Merzbow (4/5)

En août 2001, Philippe Robert m’a interviewé longuement sous la forme d’un blind test. Il m’a donc envoyé par la poste (hé oui!) une cassette d’une dizaine de morceaux, à charge pour moi de les reconnaître et de répondre aux questions ayant un lien avec ce que j’avais entendu. Cet entretien a été publié en septembre 2001 à Grenoble dans le n° 49 de « Revue et corrigée ».
Nous le publions en cinq parties au Silo. Voici le quatrième épisode (bande-son : Dragibus et Merzbow.)


7.
Dragibus "Un roi si capable"
Là, je suis désolé mais je ne connais pas du tout. C'est un collage, une parodie, je pense à Spike Jones...

Tu as aussi une passion pour l'art brut et tous les artistes singuliers...
Je suis touché par ces gens qui, sans souci du qu'en dira-t-on poursuivent une vision, créent dans tous les sens, sans référence à une école, à un enseignement. Ici, près de chez moi, ont vécu des artistes singuliers comme Augustin Lesage, Joseph Crépin, des personnages étonnants comme Benoît-Joseph Labre au XVIIIème siècle, un moine vagabond et pouilleux, un ancêtre des beatniks (le patron des inadaptés sociaux !). Lorsque j'ai écrit le Mastaba d'Augustin Lesage, je n'ai eu qu'à me replonger dans mes propres souvenirs d'enfance, et j'avais l'ambiance, la simplicité et le fantastique quotidien.

Comment définirais-tu ton travail par rapport à ce que l'on appelle traditionnellement poésie ?

D'une manière générale, j'ai justement tendance à identifier poésie et travail. Et quand je dis que je suis un poète ordinaire, c'est à la fois parce que je travaille de manière ordinaire avec des objets ordinaires, mais c'est aussi parce que je mets de l'ordre ou tout au moins, j'essaie d'ordonner les choses, de lutter contre l'entropie. La poésie, c'est aussi un état d'esprit, une façon d'observer le monde. Le poème est de l'ordre de la prophétie, souvent, indépendamment du poète.
Mon écriture est précise, ordonnée, justifiée. Mes collages, ma poésie élémentaire ont au contraire un aspect chaotique et désordonné, mais c'est aussi une façon de réarranger (réenchanter ?) le monde.
Je me souviens que j'avais, en 1989, répondu aux deux questions : "Qui êtes-vous ? " et "A quoi pensez-vous ? ". Mes réponses avaient encadré mes Morceaux Choisis parus en 1990, dans la collection des Contemporains Favoris (Didier Moulinier éd.), y servant à la fois d'exergue et de conclusion. J'écrivais à l'époque :
"Quand je ne pense ni à la mort, ni à la stupidité du monde, ni aux pluies acides, je passe un doigt mouillé sur les filles de papier. Je suis un humaniste...
Maintenant, je suis devenu un peu trop gros pour faire du strip-tease. Et ça n'intéresserait plus grand monde. Je préfère manger des frites de ducasse et avaler de la bière en canettes de 25 cl. Les filles de papier sont plus fidèles que les filles électroniques. Je suis un passéiste."
Douze ans plus tard, l'état du monde ne s'est guère amélioré. De ce point de vue, il est bien évident que je peux continuer à affirmer que je suis un passéiste (Les progressistes sont un peu rances !). Je ne passe plus de doigt mouillé sur les filles de papier. Je n'achète plus ni magazines, ni journaux. Je n'ai même plus de récepteur de télévision. Je jette un regard mouillé sur les silhouettes dénudées des arbres, bouleaux, saules, peupliers, se détachant sur l'horizon gris, bleu ou rose. Je regarde le ciel, la ligne des Collines d'Artois ou celle des Monts de Flandre. Je préfère ça à n'importe quelle visite d'exposition artistique.
Comme disait d.a. levy, j'essaie simplement de rester un être humain malgré la technologie. Il m'est difficile de préciser à quoi je pense, je peux seulement dire que ma pensée est un flux. J'essaie de garder le contrôle au présent, entre passé et futur, entre espace et temps, entre forme et contenu, entre poire et fromage. Pour ce qui est de la bière, j'ai considérablement agrandi mon champ gustatif et je lève mon verre de Westmalle à la santé des amies et amis, lectrices et lecteurs.
Mémoire, résistance, vision, humour, voilà mes quatre vérités.

8.
Merzbow "#1, 21.42
Masami Akita, j'ai reçu ses premières cassettes en 1981, Lowest Music & Arts. Il était très engagé dans le mail art network. Il fait preuve d'une belle constance puisque 20 ans après il continue de fabriquer ces musiques concrètes. Un fan de Schwitters comme moi ne peut qu'apprécier et le nom (Merzbau, c'était le nom de la maison qu'il avait bâtie à Hanovre) et la démarche.

Tu récupères beaucoup de déchets...
T'intéresses-tu aux musiques qui se servent de la récupération pour créer de nouveaux environnements sonores ? (noise, techno, musiques électroniques actuelles ?)


C'est notre société qui produit beaucoup de déchets. J'ose dire qu'elle ne produit pratiquement que des déchets. Il y a peu de choses vraiment utiles dans les supermarchés ou les pages des catalogues (et internet, quel fantastique réservoir de déchets !). A la limite, beaucoup de nouveaux produits sont fabriqués directement pour la poubelle. C'est tout naturellement que je recycle ce que je trouve. C'est un principe naturel, lié au jardinage (l'idée de compost culture). Les déchets de toutes sortes et notamment pour ce qui me concerne, dans le domaine du papier imprimé, textes ou images ont tellement proliféré ces dernières années qu'ils deviennent eux-mêmes source de matière première (même dans l'industrie). Pour paraphraser Genesis P. Orridge, on ne dira plus Industrial Music for Industrial People mais "poésie de déchets pour un monde de déchets". Ce qui est vrai pour l'écrit et le visuel l'est aussi pour la matière sonore. Je n'ai pas trop le temps de m'y mettre ou d'en écouter, mais le sampling est pour moi analogue au poème express, au cut-up. Ce n'est pas un hasard si Burroughs a été souvent sollicité par des musiciens travaillant dans ce domaine.

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posted by Lucien Suel at 08:23 0 comments

lundi 23 octobre 2017

Liste-pyramide des mots formés des huit lettres ayant un axe de symétrie - RDO 15

Récupération des données ordinaires
dans
Cinq extraits du « Mastaba d'Augustin Lesage »

Liste-pyramide des mots formés des huit lettres ayant un axe de symétrie


O
+
AHA
+++
TI.IT
+++++
MOT.TOM
+++++++
MOMI.IMOM
+++++++++
VOUTA.ATOUV
+++++++++++
AMOUVI.IVUOMA
+++++++++++++
AUTOMAT.TAMOTUA
+++++++++++++++
TUA.MOI...IOM.AUT
+++++++++++++++++
AOUT.MOU.A.UOM.TUOA
+++++++++++++++++++
AMI.VU.MOUTUOM.UV.IMA
+++++++++++++++++++++
VOIX.AUX.TO.OT.XUA.XIOV
+++++++++++++++++++++++
TAUX.MAI.HIM.MIH.IAM.XUAT
+++++++++++++++++++++++++
MATOU.MUTA.MA.AM.ATUM.UOTAM
+++++++++++++++++++++++++++
TAXI.MOXA.TAXA.AXAT.AXOM.IXAT
+++++++++++++++++++++++++++++
OTA.TUTU.TOUTOU.UOTUOT.UTUT.ATO
+++++++++++++++++++++++++++++++
AUTO.VOTA.MOUMOUTUOMUOM.ATOV.OTUA
+++++++++++++++++++++++++++++++++
WHAM.AXA.MIXAIT.WOW.TIAXIM.AXA.MAHW
+++++++++++++++++++++++++++++++++++
MAMA.TATA.VIT.VU.TUT.UV.TIV.ATAT.AMAM
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++
HAMMAM.MITA.TUTUT.OMO.TUTUT.ATIM.MAMMAH
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
HUAIT.MUAIT.TUAIT.VIVIV.TIAUT.TIAUM.TIAUH
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
MAUX.MOTO.MATH.AXIOM.W.MOIXA.HTAM.OTOM.XUAM
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
AU.U.TI..VOMIT.MA.VOIX.XIOV.AM.TIMOV..IT.U.UA
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++


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posted by Lucien Suel at 07:25 0 comments

lundi 16 octobre 2017

Liste des phrases prononcées et entendues - RDO 14

Récupération des données ordinaires
dans
Cinq extraits du « Mastaba d'Augustin Lesage »

Liste des phrases prononcées et entendues


Oreille gauche

initiale du noir et du blanc du noir d'y voir du blanc et dans
un développement que seul l'artiste peut apprécier qu'on troue
CELUI QUI N'A JAMAIS VU L'ÉGYPTE N'A RIEN VU encadrer en dépit
du deçà JE RESPIRAIS DANS CE TOMBEAU UN AIR PUR pastel noir et
ne tient-elle pas à travers le rectangle ocre du centre induit
et fendu comme il est un MON FILS VIENT DE SE DÉSINCARNER sans
le trait des virtualités de champ noir que pose le trait c'est
JE FAIS MA CORRESPONDANCE TOUS LES JOURS JUSQUE DIX HEURES qui
tient toute entière cette toile encadre toute extension partie
possible dans le blanc du champ de couleur ocre qu'elle saisit
comme une flèche chair qu'elle définit comme pris à sa douleur
problématique problématique que l'on retrouve en chacune toute
peinture si la toile est une autre état de la toile elle pense
se TOILE PEINTE PENDANT L'OCCUPATION SOUS LE BRUIT DES MOTEURS
en scène du déplacement des couleurs le champ le plus étroit à
se tracer dans le blanc JE N'ATTENDS RIEN DES HUMAINS AVANT LE
DÉPART ET LE GRAND VOYAGE étoiles et de ce que le noir la dure
question du noir reste JE ME REPOSE DANS MON HUMBLE DEMEURE AU
MILIEU D'UN GRAND PASSÉ pâleur bleue on peut ici constater les
faits que le trait de la définition du blanc au noir délivre à
JE NE SUIS QUE LA MAIN QUI EXÉCUTE ET NON L'ESPRIT QUI CONÇOIT
l'ouverture ocre du blanc manifeste l'expansion du bleu donc y
laissant inconsciemment sur ce trait qui fait ouverture une de
ces suggestions LES GRANDES OEUVRES NE S'ÉLABORENT QUE DANS LE
RECUEILLEMENT ET LE SILENCE de la toile participent à la toile
l'artiste accrochait le problème de la figure et de la forme à
voir comme si du noir au blanc un effet d'annulation autorisée
permettait cette expansion ocre alors que de l'ocre au blanc à
la couleur l'ouverture pour ne pas faire dessin devrait mourir
de la couleur dans la couleur bleue dont la perception exigera
une non-identification de l'objet que le bleu est justement là


Oreille droite

dans cette toile TOUT LE MONDE M'A JETÉ LA PIERRE et sépare le
blanc JE NE CHERCHE PAS LA GLOIRE EN CE MONDE du rapport de la
couleur de l'ocre jaune au blanc doit compter avec cet en plus
de l'apparaître possible et du disparaître noir compris commun
dessin ce trait aveuglerait sur l'organisation du tableau si à
se développer en plan l'ocre jaune déborde le noir et fait sur
le blanc JE RENTRE COMME DANS UNE EXTASE...TOUT EST VIBRATION,
ON DIRAIT QUE L'ON ME TRANSPORTE... à la forme mais le rapport
mais le rapport à la forme non pas de l'ocre jaune au blanc du
fond mais à travers ce qui se propose dans la tension du blanc
de l'ocre le rapport déjà moins formé du noir au blanc du noir
d'y voir du ILS DISENT QUE J'ÉTAIS UN HINDOU de la peinture se
tient de sa référence à un état antérieur où la virtualité des
formes formelles se constituait dans une crise de couleur dans
un conflit ILS ME DISENT QUE JE SUIS UN MISSIONNAIRE QUI VIENT
DÉMONTRER QUE L'ART N'APPARTIENT PAS À CE MONDE seule la vraie
dualité présence absence noir blanc bleu ocre couleur de terre
organise cet ensemble de toiles selon moi le noir blanc est là
vraiment QUAND ILS M'ONT PRIS DANS LES DÉBUTS, ILS M'ONT PÉTRI
LES FLUIDES et pourtant toujours initial et l'on pourrait dire
que sans la déterminer il ouvre une chaîne analogique qui doit
aboutir MES CHERS AMIS LES INVISIBLES ocre la peinture qui lui
LA VIE EST UN REFLET DE LA MORT la première la plus ancienne à
cet artiste celle qui peut le mieux expliciter la démarche qui
l'a suivie démarche qui n'est en effet en aucune façon de sens
linéaire ce qu'il nous présente ne se développe pas en série à
J'AURAIS DES GRANDS MURS, À SAVOIR, CE QUI POURRAIT SURGIR...-
on dire de la couleur en abîme qu'on y IL FAUT QUE JE BOIVE ET
QUE JE MANGE ET QUE JE PENSE À MA FAMILLE tel bleu à l'ocre la
toile et les couleurs se recouvrent entrent toutes tiennent de
vrai toutes JE FAIS CE QU'ON ME DIT DE FAIRE cette question-là



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mardi 10 octobre 2017

Liste-obélisque des lieux de passage - RDO 13

Récupération des données ordinaires
dans
Cinq extraits du « Mastaba d'Augustin Lesage »

Liste-obélisque des lieux de passage


Ô
LUI
LISTE
PEINTRE
OBÉLISQUE
Ô LE SAGE À
LA MARCHE DES
ESPACES PRÉDITS
:::::::::::::::::
:::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::::
SAINT-PIERRE-LÈS-AUCHEL
DUNKERQUE:::UN FER AU FEU
RIMBERT:::LE CHAT L'HORLOGE
LILLE:LE PORTE-MONNAIE VIDE
FERFAY:LA SUEUR DE GALLODROME
SIN-LE-NOBLE::PÈTE DANS LA SOIE
CAUCHY-À-LA-TOUR:::::EN PANTALONS
LILLERS:::::::::CHEZ LE PHOTOGRAPHE
BÉTHUNE:::::::::L'ANGE ET LE BOURREAU
LOZINGHEM:::::::UNE PARTIE DE MANILLE
DOUAI::::::::::LE CANAL ET LA RIVIÈRE
BURBURE::::::::::::::LES BOUTONS D'OR
PARIS:::::::::::LA SUIE DE LOCOMOTIVE
ECQUEDECQUES::::::DES PATTES DE POULE
MALO-LES-BAINS:::::UN BOURDON MOUILLÉ
RIEUX::::::::::DES FERS DANS LA NEIGE
ROUBAIX::::::::::::JE FAIS LA NAVETTE
LAPUGNOY::::::DOSSARDS DÉPART ARRIVÉE
PAVILLON-SOUS-BOIS:::::::::::STANDARD
AUMERVAL:::::::::LE DIABLE TE REGARDE
BRAY-DUNES:::LES LARMES DANS LE SABLE
ALLOUAGNE::::::LE GARDE-BOUE QUI CLIQUE
PORT-VENDRES::::::::::::LE TABLIER NOIR
ORAN::::::::::::::LA PETITE LAMPE ROUGE
TLEMCEN:::::::::::::::::JOUER DES RÔLES
MOSTAGANEM:::::::::::::QUITTE OU DOUBLE
RABAT::::::J'ESSUIE LES POMMES DE TERRE
CASABLANCA::::::UN GENIÈVRE AU COMPTOIR
ALGER::::::::::::DU COLLANT-TUE-MOUCHES
MARSEILLE:::::::::::::VIDER LES CENDRES
NICE:::::::::::L'ODEUR DE CONFESSIONNAL
MONTAUBAN::::::::::REGARDER LES COURSES
BOURECQ:::LE BRIN D'HERBE SUR LA TANCHE
BRUXELLES::::::::::LES JARDINS OUVRIERS
MARLES-LES-MINES::::::LA FANFARE DÉFILE
GENÈVE::::::::::LES URINOIRS DE L'ÉCOLE
AMETTES::::::::::::UN CAHIER À FEUILLES
FEZ::::::::::::LA DOUBLURE DE CASQUETTE
AUCHY-AU-BOIS:::::::::UN JOURNAL HUMIDE
LONDRES::::::::MAMAN LES PETITS BATEAUX
ÉDIMBOURG::L'ANGÉLUS MATIN MIDI ET SOIR
MANQUEVILLE:::::DES BOUSES SUR LA ROUTE
LE TOUQUET::::::::::::::LA LUTTE FINALE
HAM-EN-ARTOIS::::UN MÉGOT IMBIBÉ DE JUS
MALTE::::::::::LA PORCELAINE DU BOUCHON
ALEXANDRIE:::UNE ÉPINOCHE AU VENTRE MOU
LE CAIRE:::::::::À LA SORTIE DE L'ÉCOLE
LOUXOR:::::::LA LESSIVEUSE EN GALVANISÉ
EDFOU:::::::::::::::::::::ENFERME À CLÉ
ASSOUAN:::::::::::::::UN VERRE DE BIÈRE
THÈBES:::::::::::::LA HAIE DU CIMETIÈRE
GÊNES:::::::::::::MON ONCLE ET MA TANTE
CHOCQUES:::::::::::::::::BOUCHE TON NEZ
MARRAKECH::::::::LES BETTERAVES À SUCRE
AGADIR:::::::::JE REMONTE MA COUVERTURE
AUCHEL:::::::::::LA MATERNITÉ L'HÔPITAL
SAINT-RAPHAËL:::::::::::::::::ENCORE UN
MONTE-CARLO::::LE TISSU DU HAUT-PARLEUR
FOUQUEREUIL:::::::::::::::UNE MANIVELLE
ROSENDAËL:::::::::::UNE PELLE À CHARBON
BERGUETTE:::::::SUR LE PASSAGE À NIVEAU
ALBI:::::::::::::::::LA TERRE EST BASSE
AMES::::::::::::::JE LES SAIS PAR COEUR
CALONNE-RICOUART::::UN COUP DE CEINTURE
SAINT-HILAIRE-COTTES:::::::PRÊTS PARTEZ
ISBERGUES::::::::::::LE CAFÉ DES SPORTS
LIÈRES:::::::::LA NEIGE MARRON QUI FOND
BUSNES::::::::::::LE BRASSEUR EST PASSÉ
GUARBECQUE::::::::::::J'ATTENDS AU PONT
CAMBLAIN-CHATELAIN:::::::::::::::À POIL
NORRENT-FONTES:::::LES SACOCHES DE VÉLO
BURBURE::::::::::::::::::DONNER COULEUR

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lundi 2 octobre 2017

Liste-obélisque des pharaons - RDO 12

Récupération des données ordinaires
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Cinq extraits du « Mastaba d'Augustin Lesage »

Liste-obélisque des pharaons


Ô
EUX
LISTE
PHARAON
OBÉLISQUE
Ô TOUS DANS
LA SUITE SAGE
DU TEMPS DÉFUNT
:::::::::::::::::
:::::::::::::::::::
NARMER::MA GRAND-MÈRE
DJER:::::::DU BIFTECK
AHA::::MOUCHE TON NEZ
:::::::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::::::::
OUDIMOU::SABLES ET GRAVIERS
QA-A::::::::::VISSE TA DENT
:::::::::::::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::::::::::::::::::
HOTEPSEKHEMOUI::CACHÉ DANS L'ESCALIER
PERIBSEN:::::::::::::MAISON DE POUPÉE
KHASEKHEM::::::::::GLACE À LA VANILLE
KHASEKHEMOUI::::::::DANS LES CABINETS
DJOSER::::::::::::::::::UNE ÉLASTIQUE
SEKHEMKHET:::::::::::::POUR LES OEUFS
SNEFROU::::::::::::::::PASSE-MONTAGNE
CHEOPS::::::::::::::::::TOMBE DE HAUT
CHEPHREN:::::::::::::::::S'ARRÊTE NET
MYKERINOS::::::UN CANARD DANS LA VASE
CHEPSESKAF:::::UNE BOUTEILLE DE BIÈRE
OUSERKAF::::::::::::UN SEAU À CHARBON
SAHOURE:LA BROUETTE DANS LES HARICOTS
NEFERIRKARE::FAITES SIGNE AU CONDUCTEUR
NIOUSERRE:::::::::LES BANCS DE L'ÉGLISE
DJEDKARE::::::::::::::RAMASSE UNE BÛCHE
ISESI::::::::::::::::::::LA PETITE AUTO
OUNAS:::::::::::::LA COULE LA CHANDELLE
TETI:::::::::::LA SUCETTE DU PHARMACIEN
PEPI::::::::::::LA BAMBINETTE QUI COLLE
MERENRE::::::::::::::::SUR LE SABLE DUR
AKTOES:::::::::::::::::::DOIGTS DE PIED
ANTEF::::::::::LUBRIFIANT JAUNE ET NOIR
MENTOUHOTEP:::::::::JETTE SUR LE FUMIER
AMMENEMES::::::::::ACHÉTE DES BOULETTES
SESOSTRIS::::::::::::::DANS LE BOUILLON
KHIAN::::::::::::::LE BÂTON DE RÉGLISSE
APOPI:::::::::::::::::LE TOUTOU LE DADA
SEKENEN-RE::::::::LE HARENG LA LAITANCE
TAA:::::::::::::::::::SOULÉVE LE RIDEAU
KAMOSIS::::::::::::DERRIÉRE LE PARAVENT
AHMOSIS:::::::::::::::SOUS LE PLASTIQUE
AMENOPHIS:::::::::::::::::ITE MISSA EST
THOUTMOSIS::::::::::::::POUR LES POULES
HATCHEPSOUT::::::::LA PETITE BISTOUILLE
AKHENATON::::::::::::::PLAQUÉ D'ÉQUERRE
NEFERTITI:::::CONTRE LE MUR DE L'ÉGLISE
TOUTANKHAMON:::::LES CAGEOTS S'EMPILENT
AI::::::::::::JE NE SAIS PLUS DESCENDRE
HOREMHEB:::::::::::À L'ABRI DE LA PLUIE
RAMSÉS:::::::::::::::::UN COUP DE BALAI
SETHI::::::::::::::C'EST DONC TON FRÉRE
MERENPTAH::::::::::::::LE PÉRE LUSTUCRU
AMENMÉS::::::::LE CORBILLARD À LA PORTE
TAOUSERT::::::::::::::::CHACUN SON TOUR
SINENDÉS:::::::::::::::LE PREMIER CORON
PSOUSENNÉS:::::DES OEUFS DANS LA PAILLE
CHECKONQ::::::::::::LES CARREAUX CASSÉS
OSORKON::::::::::::LE BAL DE LA DUCASSE
TOKELOT:::::::::::::::::::JE M'ÉTRANGLE
TEFNAHKT::::::::::::::LES PIEDS TREMPÉS
BOCHORIS:::::::::SUR LES BIDETS DE BOIS
CHABAKA::::::::::::::::::AU MOIS D'AOÛT
CHATABAKA:::::::::::::::::::EN BELGIQUE
TAHARQA:::::::::::::::::OPÉRÉ DES REINS
PSAMETIQ::::::::::::::DU TROU À CANARDS
NECHAO:::::::::::LE MARTEAU DU FORGERON
APRIÉS:::::::::::::AU BANC DE COMMUNION
AMASIS:::::::::LACTOSE LORDOSE SAC D'OS
NECTANEBO:::::À VÉLO DANS LE BROUILLARD
PTOLEMÉE:::::::J'AI L'ÂGE DE FRÉQUENTER
ARSINOE::::::::::::::RECOMMENCE LA PAGE
CLÉOPÂTRE:::::::::::::LE MOUTON ENFERMÉ

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mercredi 27 septembre 2017

Liste des périphrases - RDO 11

Récupération des données ordinaires
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Cinq extraits du « Mastaba d'Augustin Lesage »

Liste des périphrases


Façonneur d'Images
SALUT À TOI

Pylône Katabatique
SALUT À TOI

Sage de Ptah-Hotep
SALUT À TOI

Sagesse du Salarié
SALUT À TOI

Le Sage et le Béat
SALUT À TOI

Auguste Inlassable
SALUT À TOI

Médium du Maccabée
SALUT À TOI

Galibot Débonnaire
SALUT À TOI

Frère des Spirites
SALUT À TOI

Prolétaire Inspiré
SALUT À TOI

Ami de la Symétrie
SALUT À TOI

Énigmatique Mineur
SALUT À TOI

Chaman en Picardie
SALUT À TOI

Médecin de Papyrus
SALUT À TOI

Voyageur Humaniste
SALUT À TOI

Barbu Cosmogonique
SALUT À TOI

Artiste des Corons
SALUT À TOI


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mercredi 1 août 2012

Pas mal de sacrifices

L’esprit de la pyramide est le trio à Blake, Olrik et Mortimer, comme trois en groupe. Sur une face, de pyramide, la Vierge de Van Eyck prend le visage de Néfertiti. Sur une autre face, des quatre de la pyramide, Toutankhamon y est écrivain, le scribe correspondant tous les jours jusqu’à dix heures.

Le Maghreb est en Afrique, aussi du Nord presque comme l'Égypte. Quand on sort de l’Afrique par le train à la fin en dernier lieu, on arrive dans une gare de chemin de fer à Lillers.

La guerre est finie maintenant depuis longtemps ici surtout. On n’entend pas le bruit des moteurs, seulement celui que fait la brosse sur la toile. Le peintre ne se fait pas de l’illusion et n’attend rien d’humain avant qu’il s’en aille. Il se repose après le travail dans la petite maison, humble demeure au sein d’un grand passé, très long, bien des lustres, comme un drap bleu, brillant d’usure.

A la sortie de la manche, la droite, la main dépasse. Elle exécute sans concevoir, presque une main sans le sou, tendue de mendiant, comme une de Benoît Labre, canonisé, mais ce ne peut être une explosion, en 1881.

Une pensée qui pourrait parfois se graver sur le mur, en Égypte ou à l’école de la Sorbonne, ce serait alors bien que dans cet endroit, au milieu des têtes remplies, au milieu des momies, parmi les gens célèbres, linguistes et tous les scientifiques, on puisse respirer l’odeur de la sueur, de la poussière.

On pourrait même lire en hiéroglyphes d’écritures la liste des mécaniciens, des laboureurs, des brutes raffinées, des boulangers de pâte, tous ceux qui remuent encore sous la couverture. La liste serait par exemple comme sur un monument de pierre au centre de ville ou de village, de commune : Augustine Ladage, Arthur Suel, Victor Dementon, Christophe Bouli, Mauricette Fourier, Charles Blanqui, Lucien Crépin, Louis Tarkos, Raphaël Beaussart.

Maternité, Centre hospitalier, Hangars de foins, Immeubles locatifs, Arches de défense et de contre-attaque, les bâtiments à graver sont nombreux pour libérer une partie de l’imaginaire des pyramides.

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mardi 8 mai 2012

LS/WWW

1. Blanche étincelle, Kurt Witter et Petite Ourse de la pauvreté

Sous le titre « Manifestations », Patrice Houzeau, sur son Blog Littéraire, fait une lecture très personnelle de Blanche étincelle (un livre hanté?)
Guy Darol publie sur son blog [rien ne te soit inconnu] « Lucien Suel, portraitiste de Mauricette Beaussart », un long article qui traverse mes trois romans parus depuis 2008.
Le loup rayé
a lu Blanche étincelle. L’Écho du Pas-de-Calais a fait de même.
En avril, j'étais l'invité de Rose Citron, émission de Radio-PFM (Arras), pour parler pendant une heure de Blanche étincelle et de Kurt Witter (fin de ce feuilleton créé sur Twitter).
Toujours sur Rose Citron, « Entre deux tours », un programme de Christophe Bétourné qui lit « Le dernier prophète », extrait de Petite Ourse de la Pauvreté.
La Petite Librairie des champs aime la Petite Ourse de la pauvreté.
Quelque temps plus tard, La Petite Librairie des champs vote pour La Petite Ourse de la pauvreté et en publie des extraits consacrés au "Mastaba d'Augustin Lesage".

2. Collaborations sur le web
Todolist 287, le regard à 4 temps de Christine Jeanney sur une de mes photos.

Dans la revue web Sens Public, je participe au projet mené par David Christoffel et Hélios Sabaté « Pures données ». On peut y lire la Liste des Listes, une introduction à Récupération des données ordinaires, travail en cours.

Zazipo réinvestit l'idée des poèmes marcottés ou bouturés.

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jeudi 22 mars 2012

Petite Ourse de la Pauvreté


Les poèmes de Petite Ourse de la Pauvreté ont été écrits entre 1987 et 2007.
En vers justifiés, ils rendent hommage à sept personnages ayant vécu dans le Pas-de-Calais.

C'est Ivar Ch'Vavar, éditeur et poète vivant, qui, au long des années, m'a suggéré d'écrire la plupart des textes composant cette anthologie. On y rencontrera le romancier Georges Bernanos et son héroïne Mouchette, mon grand-père Fleury Verbrugghe, Benoît-Joseph Labre, saint patron des inadaptés sociaux, et les deux peintres, figures majeures de l'art brut, Augustin Lesage et Fleury-Joseph Crépin.

On peut se procurer ce livre en librairie ou sur le site de l'éditeur, Dernier Télégramme.

ISBN : 978-2-917136-51-5
Nombre de pages : 80 p.
Format : 17x22 cm.
Date de parution : 08/03/2012
Prix : 13 €

Diffusion-Distribution : GIDDE

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vendredi 5 novembre 2010

Habiter poétiquement le monde


« Habiter poétiquement le monde » est une expression du poète Hölderlin, qui donne son nom à l'exposition présentée au LaM à l’occasion de la réouverture du Musée après travaux et transformations. C’est aussi le titre du livre-catalogue édité à cette occasion.
Ma participation à l’ouvrage "Habiter poétiquement le monde" consiste en un long poème-manifeste de 115 versets comportant chacun 23 mots.
Quelques extraits ci-dessous :


Devenir le poème

[...]

Tu comptes vingt-trois mots dans chaque paragraphe, le code 23, Enigma, les chromosomes, un siècle à la fois, Yield To Total Elation.
Tu progresses, tu t’assois entre deux chaises, entre deux âges, teenager ou senior, l’entre-deux pour modifier l’emploi du temps.
Tu conjugues le passé perdu et le présent souffrant, entre la cellule monacale et le désert rouge ou blanc, entre chien et loup.

Tu avances dans le Temple, dans les architectures immémoriales, ton panthéon personnel, reliques de l’amour, chaque salle dédiée à un artiste brut.
Tu te déplaces en observant la disposition de tes pieds sur le carrelage bleu. Tu fais attention de ne pas toucher les joints.
Tu places chaque pied dessinant un angle droit avec le précédent, la marque de ton pas inscrite dans la diagonale du carré a√2.

Tu nommes dans la forêt, chaque arbre, et dans le ciel, chaque étoile... La Nouvelle Pléiade resplendit jour et nuit sur la réalité.
Tu dialogues avec les vivants et les morts. Tu dessines un autre Yggdrasil. Tu produis jusqu’à la totale exaltation, la joie pure.
Tu n’as pas lu tous les livres et tu n’es pas triste car tu obéis au principe de la nécessité intérieure.

Griffonnages médiumniques, phrases spiralées, cercles de craie, machines sidérales, montages proliférants, assemblages encombrants, tes archives, tes tas de tas, tout est à toi.
Tout est de toi, tout est par toi, en tout et partout. Tu considères les mots comme des épingles, des cutters, des matérioutils.
Le mot mescaline devient la messe câline, le mot mot se ruait vers Laure, la dame bleue en vêtements de travail Pigeon Voyageur.

[...]

Artiste de proximité, médium de nécessité, facteur de poésie élémentaire, poézi prolétèr, il approuve Michaux qui dit : « Si tu écris, tu sais dessiner. »

Il fusionne en son alambic éléments plastiques et langue écrite. Éventuellement, il pourra ajouter quelques broutilles magnétiques ou numériques dans la patmo bouillonnante...

La cuisson terminée, il étalera le résultat en mode infra-mince, sur la table de la cuisine ou le mur de l’atelier.

Il inclut tout naturellement dans sa méthode de travail les quatre forces fondamentales de la physique moderne : gravitation, électromagnétisme, interaction forte, interaction faible.

A Near Death Experience révèle le chamanisme latent. On invoque les quatre éléments, les quatre directions, parfois grâce à des abstractions mathématiques modernes.

Dans le bleu adorable, transmutation et permutation, on performe et on transmet, on permet et on transforme. Ainsi, des artistes soignent ou enseignent.

Joseph par le feutre et la graisse, Robert par le bien fait mal fait pas fait et Ian par le cercle de craie.

Des hommes écrivent sur le sable sous la dictée des esprits, créant des principes de croyance, des légendes cosmiques. Ils réenchantent le monde.

Ils transforment des objets (câbles, casseroles, ampoules, boulons) en dispositifs de performance, médias magiques ajoutant une valeur spirituelle à la valeur d’usage.

Ils élèvent des tours, bâtissent des palais, créent des girouettes, font pousser des volatiles végétaux, inventent des labyrinthes, sculptent le bord de mer...

Voici venir la cohorte des constructeurs de l’imaginaire, les bâtisseurs chimériques naïfs bruts, les inspirés, les artistes singuliers, outsiders de l’art...

Ces travailleurs paysagistes font du gros œuvre un chef d’œuvre, font l’œuvre de leur vie, font de leur vie une œuvre.

Comme la moule l’huître le bigorneau la tortue l’escargot, ils portent et sécrètent leur maison, ils l’habitent pour la vie.

[...]

Lucien Suel

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mardi 5 octobre 2010

Lucien Suel & Arnaud Mirland en concert (10/10)

Dixième et dernier morceau du concert de Cheval 23, le 6 avril 2010 à La Java : une version rockabilly du poème "AHA", extrait du Mastaba d'Augustin Lesage, ouvrage épuisé qu'on peut néanmoins lire en intégralité dans les pages de Silo - Académie 23.

A
+
AHA
+++
TI.IT
+++++
MOT.TOM
+++++++
MOMI.IMOM
+++++++++
VOUTA.ATOUV
+++++++++++
AMOUVI.IVUOMA
+++++++++++++
AUTOMAT.TAMOTUA
+++++++++++++++
TUA.MOI...IOM.AUT
+++++++++++++++++
AOUT.MOU.A.UOM.TUOA
+++++++++++++++++++
AMI.VU.MOUTUOM.UV.IMA
+++++++++++++++++++++
VOIX.AUX.TO.OT.XUA.XIOV
+++++++++++++++++++++++
TAUX.MAI.HIM.MIH.IAM.XUAT
+++++++++++++++++++++++++
MATOU.MUTA.MA.AM.ATUM.UOTAM
+++++++++++++++++++++++++++
TAXI.MOXA.TAXA.AXAT.AXOM.IXAT
+++++++++++++++++++++++++++++
OTA.TUTU.TOUTOU.UOTUOT.UTUT.ATO
+++++++++++++++++++++++++++++++
AUTO.VOTA.MOUMOUTUOMUOM.ATOV.OTUA
+++++++++++++++++++++++++++++++++
WHAM.AXA.MIXAIT.WOW.TIAXIM.AXA.MAHW
+++++++++++++++++++++++++++++++++++
MAMA.TATA.VIT.VU.TUT.UV.TIV.ATAT.AMAM
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++
HAMMAM.MITA.TUTUT.OMO.TUTUT.ATIM.MAMMAH
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
HUAIT.MUAIT.TUAIT.VIVIV.TIAUT.TIAUM.TIAUH
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
MAUX.MOTO.MATH.AXIOM.W.MOIXA.HTAM.OTOM.XUAM
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
AU.U.TI..VOMIT.MA.VOIX.XIOV.AM.TIMOV..IT.U.UA
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lucien Suel

Merci à Pierre Lamassoure et à Eric Périff

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lundi 12 janvier 2009

Le Mastaba d'Augustin Lesage (14)

"Mathématiques sévères"...
Le texte suivant figure dans l'édition originale du Mastaba d'Augustin Lesage. C'est le dernier de la série et le seul à n'avoir pas été composé en vers justifiés.
Je le propose aux lectrices et lecteurs de Silo. Jusqu'à présent, personne ne m'a donné la solution. Que la meilleure ou le meilleur gagne ! (donner votre réponse en commentaire)


Problème

(Annales du Certificat d'Etudes, année 1929, canton de Norrent-Fontes)Pour sa confection, un tableau a nécessité l'utilisation d'une toile rectangulaire de 1,40m de long et 1,10m de large, vendue au prix de 14,50F le m².
Ce tableau commencé le 14 février 1928 a été achevé le 2 mars de la même année.
L'artiste y a travaillé pendant 4 heures chaque jour, sauf le dimanche.
La toile achevée a été entourée d'une moulure, valant 0,41F le m.
La dépense en peinture et en vernis s'est élevée à 11,17F.
Sachant que le peintre, ancien ouvrier-mineur, évalue son travail artistique au tarif horaire d'un mineur, soit 1,37F de l'heure, sachant également que le 31 décembre 1927 était un samedi, quel est le prix de ce tableau ?

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mercredi 7 janvier 2009

Le Mastaba d'Augustin Lesage (13)

L'Oeil d'Horus erre sur la tapisserie
de la chambre. Il me regarde parmi le
lacis des buissons de fleurs peintes,
se fige entre deux ornementations des
bordures, puis glisse vers le plafond
dont les écailles soulevées dessinent
l'ombre fantastique du reptile divin.


Je frotte mon nez aux brins de paille
du matelas rayé. L'odeur de poussière
traverse la toile. Le drap est lourd.
Les pieds sont brûlants. Je transpire
sous la couverture. Je serre les yeux
et les poings. L'Oeil d'Horus monte à
l'échelle du grenier. Le bois grince.


Devant la voiture noire, les enfants,
la croix et les chevaux se balancent.
Sur un coussin jaune, brille un cadre
de marbre noir. À genoux, je fixe les
fils d'or qui s'entrecroisent dans le
dos de la chasuble violette et noire.


Je sais que mes reins sont comme ceux
d'un lapin dépiauté, qu'il y a toutes
les canalisations, tous les tuyaux de
pipi et de sang de chaque côté. C'est
un grand tableau sur le mur. Je vois.

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lundi 5 janvier 2009

Le Mastaba d'Augsutin Lesage (12)


Décore les veines noires de la terre,
cueillant les feuilles de pierre dure
où saignèrent les fougères comprimées
par le temps et la lourdeur dernière.


Décore l'herbe mouillée et glissante,
rinçant le silex abrasif dans le seau
où fermenta la douceur très visqueuse
de la peau de chamois, purificatoire.


Décore le vent à travers les hublots,
pleurnichant sur les mausolées ruinés
où voltigèrent les horoscopes périmés
des actrices poitrinaires, exotiques.


Décore le ciel béant, dans le fleuve,
miroitant de damiers hippopotamesques
où s'épanouit la béatitude détergente
dans le bassin d'émail blanc, minier.


Décore l'horrible marchandise larvée,
transhumant d'une cervelle bourgeoise
où s'atrophia l'art, pourrit au coeur
l'ombellifère infuse de l'imaginaire.

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vendredi 2 janvier 2009

Le Mastaba d'Augustin Lesage (11)


un
coup
pourri
pour oui
un coup de
reins pour y
frapper le oui
un coup pour oui
deux coups pour le
nom ouï Marie guérie
deux coups pour don du
ciel Marie Marius frappe
un coup pour oui deux fous
pour noms de Tyane le crayon
voyage dans l'espace blanc oui
non oui non système binaire béni
d'une informatique funèbre oui oui



au
pied
véreux
d'un lit
séraphique
l'enfant des
anges à genoux
fermant les yeux
laisse glisser son
doigt sur le lainage
beurré par les pétales
de fleurs un reposoir où
s'écrit joliment le prénom
de la petite fille morte qui
sourit dans la taie d'oreiller
où ses cheveux s'éparpillent une
étincelle dans le grisou des cieux



je
sais
guérir
posément
la maladie
soudaine par
l'ombrage doux
de mes mains sur
la tête dénudée de
la fille aux boutons
mais les enfants sales
qui jouent aux mappes au
bord du trottoir courent à
toutes jambes quand je passe
la porte de la maison et toute
leur frayeur se coagule dans les
billes qui roulent dans la bordure

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mardi 30 décembre 2008

Le Mastaba d'Augustin Lesage (10)


O
+
AHA
+++
TI.IT
+++++
MOT.TOM
+++++++
MOMI.IMOM
+++++++++
VOUTA.ATUOV
+++++++++++
AMOUVI.IVUOMA
+++++++++++++
AUTOMAT.TAMOTUA
+++++++++++++++
TUA.MOI...IOM.AUT
+++++++++++++++++
AOUT.MOU.A.UOM.TUOA
+++++++++++++++++++
AMI.VU.MOUTUOM.UV.IMA
+++++++++++++++++++++
VOIX.AUX.TO.OT.XUA.XIOV
+++++++++++++++++++++++
TAUX.MAI.HIM.MIH.IAM.XUAT
+++++++++++++++++++++++++
MATOU.MUTA.MA.AM.ATUM.UOTAM
+++++++++++++++++++++++++++
TAXI.MOXA.TAXA.AXAT.AXOM.IXAT
+++++++++++++++++++++++++++++
OTA.TUTU.TOUTOU.UOTUOT.UTUT.ATO
+++++++++++++++++++++++++++++++
AUTO.VOTA.MOUMOUTUOMUOM.ATOV.OTUA
+++++++++++++++++++++++++++++++++
WHAM.AXA.MIXAIT.WOW.TIAXIM.AXA.MAHW
+++++++++++++++++++++++++++++++++++
MAMA.TATA.VIT.VU.TUT.UV.TIV.ATAT.AMAM
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HAMMAM.MITA.TUTUT.OMO.TUTUT.ATIM.MAMMAH
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HUAIT.MUAIT.TUAIT.VIVIV.TIAUT.TIAUM.TIAUH
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MAUX.MOTO.MATH.AXIOM.W.MOIXA.HTAM.OTOM.XUAM
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AU.U.TI..VOMIT.MA.VOIX.XIOV.AM.TIMOV..IT.U.UA
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vendredi 26 décembre 2008

Le Mastaba d'Augustin Lesage (9)

Un jour, tu seras peintre. Je suis le
mineur qui cherche le filon spirituel
nouveau. Retour de la gare de Lillers
avec la toile de 3 m sur l'épaule, et
les voisins : Ah ! Le voilà, le fou !

Tu dois faire ce que ta main ne sait.

Ma symétrie est là un élément d'ordre
ELU PAR CETTE CRAPULE et inversement,
ETNA, LAVE DEVALANTE, et inversement.

Je possède mes propres lettres et mes
chiffres 8 et 0. Je mets aussi infini
dans ma poche, 8 couché. Et mon clair
diplôme s'écrit AHIMOTUVWX. C'est mon
alphabet TUVAHIMOWX. Je l'écris ainsi
MOUTIHAVWX. J'étends mes membres dans
la synopsie. Mon oreille se colore et
mes doigts écoutent. Mon eidétisme de
jeunesse perce les tourbillons blancs
de l'Histoire. L'énigme des siècles a
des couleurs. Le blizzard temporel se
frotte à ses joues. L'esprit typteur,
le porion du guéridon lui donne toute
sa foi. J'obéis aux voix et à l'oeil.


Maman se tait. Une végétation noire a
cerné sa bouche. Ses lèvres se figent
dans la peinture. Un cancer spirituel
ronge mon coeur. La cage du puits pue
la mort. Elle descend aux enfers pour
y cracher la jeunesse dans le wagon à
charbon, le wagon à Caron. Je remonte
au jour, aux cieux, au troisième jour
dans le soleil, dans le mandala jaune
du carrelage de la cuisine. Je trempe
ma tartine dans le noir, dans le ciel
bleu, dans la terre grise. Je ne suis
pas dans le bol. Je suis dans le bol.



C'est tellement bien ici. La lumière,
la verdure, le bruit des eaux, la vie
transfigurée, je me couche sous l'arc
cotonneux entre les prophètes ombrés.

Les protozoaires à noyaux oscillent à
l'abri de mes paupières. Les poissons
-oiseaux ébrouent leurs nageoires, la
larve de piéride gonfle son ventre et
je déchire sa peau tendue. Les amibes
flagellent ma salive. Sur les marches
de l'escalier, l'oiseau-poisson couve
un plat de lentilles. À Saint-Venant,
l'anguille mange le morceau : Sainte,
Folle, Sainteté de la Folie, Folie de
la Sainteté. Je photographie le front
bombé des Iconoclastes. Je peins dans
la sacristie de Saint-Augustin, parmi
les trophées, têtes de lions gardiens
rugissants des temples. Mes frères me
regardent, défenseurs immatérialistes
bruts : Adolf Wölfli, Joseph Moindre,
Victor Simon, Raphaël Lonné et Joseph
Crépin. Mes soeurs me bercent, douces
artistes : Laure Pigeon et Mauricette
Beaussart. Mon oeil droit caresse mon
oeil gauche. C'est le début de la vie
ectoplasmique. Au sommet du triangle,
au sommet des pyramides, au sommet du
terril, mon oeil gauche brille grave.

La vive coruscation de cette mandorle
couchée dans la poussière illumine le
plafond lacté. La couleur vraie tombe
du ciel, muette et poudreuse, larmes,
flocons, calices, ostensoirs, rosaces
et ciboires. Le minium argenté perle.

Le drap noir du cénotaphe se givre de
coulures neigeuses. Agenouillé sur la
descente de lit, je mange des yeux le
motif aviforme qui orne les rideaux à
franges du tabernacle. Du plus savant
au plus idiot, tous les artistes font
signe de la main. Le signe de la mine
vient du plus lointain passé et signe
sur la mine par le plomb du caractère
religieux. Je suis le Frère, le banal
médium planétaire. Je suis l'Auguste.

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posted by Lucien Suel at 09:45 0 comments