jeudi 10 décembre 2015

Hommage à Marcel Duchamp

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mercredi 1 décembre 2010

Faire son trou dans le monde des lettres

PERCER DANS LA LITTERATURE
Un résumé en 8 photos de ma performance du 17 octobre 2010 au Musée d'Art Contemporain de Marseille dans le cadre du Festival Poésie Marseille








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vendredi 5 novembre 2010

Habiter poétiquement le monde


« Habiter poétiquement le monde » est une expression du poète Hölderlin, qui donne son nom à l'exposition présentée au LaM à l’occasion de la réouverture du Musée après travaux et transformations. C’est aussi le titre du livre-catalogue édité à cette occasion.
Ma participation à l’ouvrage "Habiter poétiquement le monde" consiste en un long poème-manifeste de 115 versets comportant chacun 23 mots.
Quelques extraits ci-dessous :


Devenir le poème

[...]

Tu comptes vingt-trois mots dans chaque paragraphe, le code 23, Enigma, les chromosomes, un siècle à la fois, Yield To Total Elation.
Tu progresses, tu t’assois entre deux chaises, entre deux âges, teenager ou senior, l’entre-deux pour modifier l’emploi du temps.
Tu conjugues le passé perdu et le présent souffrant, entre la cellule monacale et le désert rouge ou blanc, entre chien et loup.

Tu avances dans le Temple, dans les architectures immémoriales, ton panthéon personnel, reliques de l’amour, chaque salle dédiée à un artiste brut.
Tu te déplaces en observant la disposition de tes pieds sur le carrelage bleu. Tu fais attention de ne pas toucher les joints.
Tu places chaque pied dessinant un angle droit avec le précédent, la marque de ton pas inscrite dans la diagonale du carré a√2.

Tu nommes dans la forêt, chaque arbre, et dans le ciel, chaque étoile... La Nouvelle Pléiade resplendit jour et nuit sur la réalité.
Tu dialogues avec les vivants et les morts. Tu dessines un autre Yggdrasil. Tu produis jusqu’à la totale exaltation, la joie pure.
Tu n’as pas lu tous les livres et tu n’es pas triste car tu obéis au principe de la nécessité intérieure.

Griffonnages médiumniques, phrases spiralées, cercles de craie, machines sidérales, montages proliférants, assemblages encombrants, tes archives, tes tas de tas, tout est à toi.
Tout est de toi, tout est par toi, en tout et partout. Tu considères les mots comme des épingles, des cutters, des matérioutils.
Le mot mescaline devient la messe câline, le mot mot se ruait vers Laure, la dame bleue en vêtements de travail Pigeon Voyageur.

[...]

Artiste de proximité, médium de nécessité, facteur de poésie élémentaire, poézi prolétèr, il approuve Michaux qui dit : « Si tu écris, tu sais dessiner. »

Il fusionne en son alambic éléments plastiques et langue écrite. Éventuellement, il pourra ajouter quelques broutilles magnétiques ou numériques dans la patmo bouillonnante...

La cuisson terminée, il étalera le résultat en mode infra-mince, sur la table de la cuisine ou le mur de l’atelier.

Il inclut tout naturellement dans sa méthode de travail les quatre forces fondamentales de la physique moderne : gravitation, électromagnétisme, interaction forte, interaction faible.

A Near Death Experience révèle le chamanisme latent. On invoque les quatre éléments, les quatre directions, parfois grâce à des abstractions mathématiques modernes.

Dans le bleu adorable, transmutation et permutation, on performe et on transmet, on permet et on transforme. Ainsi, des artistes soignent ou enseignent.

Joseph par le feutre et la graisse, Robert par le bien fait mal fait pas fait et Ian par le cercle de craie.

Des hommes écrivent sur le sable sous la dictée des esprits, créant des principes de croyance, des légendes cosmiques. Ils réenchantent le monde.

Ils transforment des objets (câbles, casseroles, ampoules, boulons) en dispositifs de performance, médias magiques ajoutant une valeur spirituelle à la valeur d’usage.

Ils élèvent des tours, bâtissent des palais, créent des girouettes, font pousser des volatiles végétaux, inventent des labyrinthes, sculptent le bord de mer...

Voici venir la cohorte des constructeurs de l’imaginaire, les bâtisseurs chimériques naïfs bruts, les inspirés, les artistes singuliers, outsiders de l’art...

Ces travailleurs paysagistes font du gros œuvre un chef d’œuvre, font l’œuvre de leur vie, font de leur vie une œuvre.

Comme la moule l’huître le bigorneau la tortue l’escargot, ils portent et sécrètent leur maison, ils l’habitent pour la vie.

[...]

Lucien Suel

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vendredi 19 octobre 2007

Anthologie : poésie visuelle / Harry Polkinhorn

En guise de préface, un texte de Harry Polkinhorn.
Le poème visuel
Plus que toute autre forme, le poème visuel (éléments visuels +éléments verbaux) ac­centue le mode lyrique de la poésie, même si, à première vue, nombre de ces «poèmes» peuvent paraître incisifs, anti-lyriques, minimalistes. En tant qu'oeuvres lyriques, les poèmes visuels visent dans deux directions: vers le monde intérieur de l'irrationnel et du fantastique, et vers le monde extérieur, lu­mineux, celui du sens et de la marchandise. Chaque dimension renseigne sur l'autre, avec très souvent un degré dans la violence, la parodie ou l'excentricité apparente, ab­sent dans les poèmes non-visuels. La ten­sion entre ces vecteurs est soigneusement contenue, voire cultivée, et même survoltée dans cette image mi-verbale, mi-graphique. L'image verbale, les éléments littéraux sont présentés sur le même plan que les éléments graphiques. Le spectateur est «surchargé» comme si on lui demandait d'accomplir un surcroît de travail. De ce point de vue, le poème visuel engage directement le monde lui-même, contredisant nettement la sépa­ration historique entre d'une part, l'expé­rience lyrique, et d'autre part, Mammon et la matérialité. Dans le poème visuel, la sueur et l'illumination se mélangent à parts égales.

Que se passe-t-il pendant l'expérience ou l'acte esthétique lui-même ? Trois procédés de base sont en action simul­tanément :
1. une métaplasie (substance pour sub­stance) ;
2. une métonymie (nommer un substitut) ;
3. une métamorphose par la métaphore (modification de la forme). Les images géométriques, biomorphiques, gestuelles ou de représentations sont mises en conjonction avec les mots, les lettres, les nombres et les signes (cibles, flèches, etc...). Subtilement ou énergiquement, cette juxta­position met en mouvement les processus mentionnés plus haut, ainsi que bien d'au­tres. Le style vu comme structure et comme dialectique devient un procédé dynamique à mesure que la «grammaire» ou la «rhéto­rique» de la visualité augmentent. Les codes et les motifs sont disposés de façon à altérer la séquentialité de surface de la narration traditionnelle et à faire résonner les récipro­cités graphiques. Ainsi, le poème visuel conduit le regardeur hors de la sécurisante orientation newtonienne pour l'amener dans un multivers post-einsteinien, sans centre, et se déroulant dans une abondance de ramifications possibles.

Une telle interprétation de la fonction du poème visuel pourrait sembler éloignée de celle de l'art socialement concerné dont nous sentons la nécessité dans cette époque de corruption politique sans précédent alors que le cynisme se généralise face au pouvoir absolu. Eh bien non, pas tant que cela. Comme indiqué plus haut, le cycle le plus clairement remarquable dans les poèmes visuels peut être résumé dans le mouvement suivant : construisez un motif--brisez le motif--répétez. Comme on cherche la «signification», le mythe de la présence devient le contre-mythe de l'ab­sence, rendant inconstante et fugace l'«absolue transparence de la signification». Nous sommes amenés à réfléchir en termes d'oeuvres pleines contre oeuvres vides, tra­vaux puissants contre travaux faibles, constructions à haute énergie contre déca­dence entropique. Les catégories de contrôle qui nous renseignent sur les dicho­tomies ci-dessus sont la clarté et le mystère, distribués sur le spectre des abstractions idéalisées. Pour décoder la dimension poli­tique du poème visuel, on peut recourir au conflit permanent entre sujet et objet. De tels poèmes dénoncent la communication comme stratégie, pour créer des altérations à grande échelle dans les perceptions et les valeurs. Même si sujet et objet sont attaqués comme des catégories inadéquates per se, le poème visuel, en même temps, met l'accent sur la séparation entre ces catégories et leur inséparabilité dialectique. Par conséquent, la guerre entre l'objectif, sous la forme totalitaire de la bureaucratie et de la puissance militaire, et le subjectif, représenté par une intériorité sensible de plus en plus atone, se manifeste de façon exemplaire au sein du poème visuel.

Beaucoup l'ont remarqué, nous vivons dans une culture des images visuelles dont la plupart sont animées (télévision, cinéma, etc...). Qui possède ces images, et qui contrôle leur incessante restructuration de la conscience ? La concentration effroyable du pouvoir au sein des hiérarchies qui mé­diatisent le flot d'images (ou la réalité, pour employer un terme plus familier) est subvertie par le poème visuel, dont le mode de reproduction physique est en lui-même une provocation face à la reproductibilité infinie de l'image industrielle. Exemplaires uni­ques et tirages limités caractérisent la «re­production» des poèmes visuels, dont les excentricités minent continuellement les abstractions catégoriques que la culture of­ficielle peut chercher à leur imposer. Le ca­ractère fasciste et totalitaire à tous les niveaux de cette culture officielle provoque la naissance en rangs serrés d'expérimenta­tions visuelles/verbales : les mots incisent les images, qui saignent d'une signification temporaire et souvent indéchiffrable.

Dans l'histoire de l'art, le poème visuel passe par ces grands placards religieux, an­cêtres premiers dans la Chine ancienne et l'Inde dont la spiritualité particulière illumi­na les propositions et les procédés des For­malistes Russes. Les innovations typographiques d'El Lissitzky, contre-em­pattement = contre-ligature et élision. Voici donc la violence et la parodie de la marchan­dise, autrement dit «le contre-mythe du pouvoir» n'informant jamais les dichoto­mies précédentes, rien qu'un déplacement des formes parmi les différentes couches, comme ces feuilles de Plexiglas aux circuits gravés à l'intérieur. La transformation de Schwitters en merz et encore merz dans les dents des Nazis, ou Klee dont les calligra­phies de Kline et les gribouillis raffinés comme des cibles, des flèches et des cycles changeants soigneusement imagés—évi­demment politiques et à outrance.

Multivers biomorphiques des livres de luxe Bauhaus et le Livre de Kells une omnivalence ayant à voir avec la main et l'écriture manuscrite à la mode graphique. Et tout ceci à l'âge de la reproductibilité, avortement dans le cadavre exquis de la fiancée morte de l'Europe, quelques tics galvani­ques en moins. Codes et motifs lyriquement télévisions à grande puissance qui saignent une restructuration du Dadaïsme et la révo­lution de l'imprimé. Alors prenez la typolo­gie de Kriwet du Sehtext de Schreib-Bilder à travers les qualités syntaxiques d'une pro­fonde structure photographique—la page comme support de premier plan dans des concentrations de pouvoir à grande échelle et des immédiatetés gestuelles infinies sur­chargeant les circuits dont la rhétorique his­torique des commandes communes est nune, lettristicyoriqueatés dhfsso h-st=eni aio kaklkdj lakj Iksjd Ikjlaskj Ikienwpbiq KJ Iadk21skj. KJ I
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Harry Polkinhorn
(traduction de Lucien Suel)

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jeudi 18 octobre 2007

Anthologie : poésie visuelle

Mon "Anthologie de la poésie visuelle en Amérique du Nord" est épuisée depuis plusieurs années. La voici à disposition des amateurs dans "Silo".
Avec pour commencer, les couvertures des différents tirages.
Ci-dessous, la première édition tirée à 80 exemplaires en 1991. Format A5, 44 pages, couverture papier peint récupéré, trouée avec un vide-pommes.

Couverture de la seconde édition publiée en avril 1994, à 50 exemplaires nominatifs, format A4, 46 pages, couverture réalisée dans une enveloppe destinée à la circulation du courrier dans les différents services d'une entreprise. Découpage au cutter recto et verso. Sticker de Ryosuke Cohen.
Dernière édition tirée à 70 exemplaires entre 1995 et 1998, format A4, 46 pages, couverture bristol blanc, avec un trou au vide-pommes et trois tampons à l'encre.


Cette Anthologie de la Poésie visuelle en Amérique du Nord comprend des textes et travaux de Harry Polkinhorn, Joseph Keppler, Chris Winkler, Bill DiMichelle, M. Kettner, Jonathan Brannen, Trudy Mercer, t. Winter-Damon, Jake Berry, G. Huth, Mike Miskowski, John M. Bennett, Karl Kempton, Loris Essary, Crag Hill, jw curry, Greg Evason, Qaani Lore.
à suivre...


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jeudi 20 septembre 2007

Opal Louis Nations : Savoir-Vivre (4/4)

LE SAVOIR-VIVRE (MANGER, MOUCHER, SOUFFLER, ...)
Laisser la toux cacher le son de l’explosion : ceux qui, parce qu’ils sont gênés, ne désirent pas que l’on entende le vent explosif, simulent une quinte de toux.
Suivez la loi des Chiliades : "remplacer les pets/les vents par la toux. "
Nicharchos décrit le pouvoir du pet retenu à apporter la maladie et conseille le port de vêtements flottants.

Certains/beaucoup se mettent un doigt dans une narine et en soufflant par le nez/la narine projettent sur le sol, la saleté qui se trouvait à l'intérieur.

Les Allemands mâchent bouche fermée.
Les Français mâchent bouche à moitié ouverte,
ils trouvent les Allemands dégoûtants.
Les Italiens procèdent d'une manière plutôt avachie
et trouvent les Français révoltants.
Les Français répliquent à leur façon
en trouvant les manières des Italiens trop "risquées".

Il ne convient pas à un homme/une femme pudique/honorable de se soulager en présence de quelqu'un/n'importe qui, ni de remonter ses vêtements après en présence de quelqu'un/n'importe qui.
Iï ne faut pas agir comme ces gens triviaux/ces paysans qui n'ont jamais été à la cour, ni vécu parmi des gens décents/raffinés/honorables et se soulager sans culpabilité/honte en face des dames/femmes, ou devant la porte ou les fenêtres des chambres de la cour.

Que personne n'empeste les escaliers, les couloirs ou les cabinets avec des gaz désagréables avant pendant ou après les repas, mais rendez-vous à l'endroit prévu/adéquat pour y chercher de tels relents.

Il est inconvenant, après s'être mouché, d'ouvrir grand son mouchoir et d'en scruter l'intérieur comme si des perles ou des rubis avaient pu vous sortir de la tête, mais alors que dirons-nous de ceux qui portent leur mouchoir à la bouche ?

OPAL LOUIS NATIONS
traduit de l'anglais par Lucien Suel

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lundi 17 septembre 2007

Opal Louis Nations : Savoir-Vivre (3/4)

LE SAVOIR-VIVRE (MANGER, MOUCHER, SOUFFLER, ...)
par OPAL LOUIS NATIONS
Quand un enfant/des enfants est/sont assis, s'il se trouve un napperon/une serviette en face de lui/d'eux, il/ils le/la prendra/prendront et le/la placera/placeront sur le bras gauche ou l'épaule, puis il/ils placera/placeront le pain à gauche et le couteau à droite, comme le verre, à condition qu'il/ils souhaite/souhaitent le laisser sur la table, et qu'il puisse y être laissé sans inconvénient pour personne, car il peut arriver que le verre ne puisse être laissé sur la table ou placé à droite de l'enfant/des enfants sans être dans le passage de quelqu'un/d'une personne.

S'il y a des sauces, l'enfant/les enfants doit/doivent tremper convenablement sans retourner sa/leur nourriture après avoir trempé un côté.

Il est absolument indispensable d'apprendre très tôt à un enfant/des enfants à découper un gigot de mouton/une perdrix/un lapin.

II est sûrement utile en cas de vent, de supprimer le sentiment de gêne, de manière à apaiser votre corps ou, suivant l'avis de tous les médecins, de serrer les fesses en agissant selon les prescriptions contenues dans les épigrammes d'Aethon, même s'il avait bien soin de ne pas péter avec explosion dans les lieux sacrés.
Aethon priait Zeus, avec les fesses serrées/compressées, car le son du pet est particulièrement horrible pour ceux qui se tiennent dans un endroit élevé/très haut.
"On devra rendre le sacrifice/les sacrifices avec les fesses fermement serrées/compressées ensemble. "

En France, au 16ème siècle, rapporte Monteil, les gens du peuple comme partout avaient l'habitude de se moucher sans mouchoir, mais parmi la bourgeoisie, c'était la coutume habituelle d'utiliser sa manche ; il n'y avait que l'homme/les hommes opulent/opulents qui utilisait/utilisaient un mouchoir et ne se mouchait/mouchaient pas sur le bras/le poignet.

C'est réellement une chose sale/dégoûtante quand un enfant/des enfants offre/offrent à quelqu'un/une personne quelque chose/n’importe quoi qu'il a/qu'ils ont rongé, ou quelque chose qu'il/qu'ils dédaigne/dédaignent de manger lui-même/eux-mêmes, à moins que ce ne soit à sa/leur bonne.

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vendredi 14 septembre 2007

Opal Louis Nations : Savoir-Vivre (2/4)

LE SAVOIR-VIVRE (MANGER, MOUCHER, SOUFFLER, ...)
par OPAL LOUIS NATIONS
Il y a ceux qui enseignent que le garçon/la fille doit retenir ses pets/vents en comprimant le ventre, cependant il est décevant de contracter une maladie quand on s'efforce d'être poli/courtois.

Il est inconvenant de se moucher dans la nappe.

Au 15ème siècle les gens se mouchaient dans leurs doigts, et les sculpteurs de l'époque n'ont pas craint de reproduire le geste, d'une manière assez réaliste dans leurs monuments.
Se moucher dans son chapeau ou ses vêtements est malséant/dégoûtant, et en faire autant sur le bras ou sur le coude trahit l'employé de bureau/le commerçant ; il n'est pas beaucoup plus poli d'utiliser la main, si on barbouille/essuie la morve sur ses habits.

Lécher un doigt/des doigts graisseux ou le/les frotter sur sa chemise/sa veste est impoli, il vaut mieux utiliser la nappe ou le napperon/la serviette.

Que pensez-vous qu'auraient dit l'Évêque et sa noble suite (il Vescovo e la sua nobile brigata) à ceux que nous voyons parfois affalés comme des porcs, le museau dans la soupe, sans jamais relever la tête pour regarder, se gardant bien de retirer les mains de la nourriture, se gonflant les joues comme s'ils jouaient de la trompette ou essayaient d'attiser un feu. Ils ne mangent pas, ils s'empiffrent, souillant leurs bras jusqu'aux coudes, ramenant leurs serviettes de table à un état tel que le linge de maison finit par ressembler à l'uniforme d'une religieuse.

Selon l'ancien proverbe - "Laissez la toux masquer le son d'un mauvais pet/vent ; il est plus dangereux de contenir/retenir un vent que d'étrangler l'intestin/les intestins."
S'il peut être éliminé sans bruit/vacarme, c'est mieux.

Si quelque chose tombe sur la terre/le sol quand on se mouche avec deux doigts, il faut immédiatement le racler/fouler aux pieds.

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mercredi 12 septembre 2007

Opal Louis Nations : Savoir-Vivre (1/4)

J'ai fait la connaissance d'Opal Louis Nations au début des années 1980 dans le réseau du Mail-Art. Opal Louis Nations, apparenté au mouvement Fluxus est également dessinateur et surtout chanteur de gospel. On peut avoir une idée de sa biographie sur son site actuellement en construction.
Je lui suis reconnaissant d'avoir trouvé avant la création de la Station Undeground d'Emerveillement Littéraire quelques acrostiches de Suel que je vous livre ici :

Sewage Union of Eligible Lavatories
Soft Use of Elegant Ladies
Silly Undies in Edwardian Literature
Sick Udders Enhance Leaks
Satin Upholstered Electric Lampshades
et ce dernier qui est mon préféré et nous introduit à la suite :
Shit Under Emergency Lights
Voici ma traduction d'un texte d'Opal Louis Nations consacré au "savoir-vivre". Ce texte a été publié en 1986 dans le n° 85 de La Poire d'angoisse, magazine de bondage linguistique et graphique dirigé par Didier Moulinier.


LE SAVOIR-VIVRE (MANGER, MOUCHER, SOUFFLER, ...)
par OPAL LOUIS NATIONS

Celui/celle qui porte par inadvertance quelque chose de chaud à la bouche doit soit le recracher, soit s’il/si elle l’ingur­gite se brûler la gorge. Dans tous les cas, il/elle est aussi ridicule que pitoyable.

Il est impoli de saluer quelqu'un qui urine et/ou défèque.

Une/Des personne/personnes bien élevée/élevées devrait/devraient toujours éviter d'exposer sans nécessité la partie/les parties à laquelle/auxquelles la nature a attaché de la discrétion/de la pudeur.
Si la nécessité s'en fait sentir, cela doit être fait avec décence et réserve, même si aucun témoin n'est présent.
Car l'ange/les anges est/sont toujours à proximité, et rien ne lui/leur est plus agréable chez un garçon/une fille que la discrétion/la pudeur, compagne et gardienne de la décence.
Si cela éveille le péché/la honte de la/les montrer aux yeux d'un autre/des autres, encore moins faut-il l'/les exposer à son/leur toucher/contact.

Une vieille maxime concernant le bruit des pets/vents - "Si on peut se purger sans faire de bruit/vacarme, c'est bien, mais il est encore mieux de les émettre avec bruit/vacarme plutôt que de les retenir."

Plonger le doigt/les doigts dans la sauce est malséant/dégoûtant.

Il ne faut pas faire de recherches minutieuses/consciencieuses à travers toute son assiette comme si l'on faisait une analy­se/enquête, mais prendre ce qui se présente en face de soi.

Retenir son urine est nocif/préjudiciable à la santé, mais la faire couler en secret est signe de discrétion/pudeur.
à suivre...
Traduit de l’anglais par Lucien Suel

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