lundi 18 novembre 2024

Mes breloques pacifistes

 

                                              Souvenirs des années soixante et soixante-dix

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samedi 18 novembre 2023

R.R. 2,1 Christophe Tarkos

  De 1993 à 2000, Christophe Tarkos (en compagnie de Nathalie Quintane et Stéphane Bérard) fut l'éditeur de la revue R.R. (4 pages au format A4)

Voici le fac-similé du numéro 2,1 avec des participations de Charles Pennequin, Paul Van Ostayen, Lucien Suel et Tarkos.


 




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samedi 23 juillet 2022

Archives MOHS revue

 J'ai participé aux trois premiers numéros de la revue MOHS qui publiait de la poésie visuelle à Nantes en 1994 . Elle était dirigée par Kate McMeekin & Rody Wolf-Balé.






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samedi 7 septembre 2019

The Star Screwer n° 1 (1972) page 16 Poème d'Ed Sanders



extrait de « Vote ! » par Abbie Hoffman, Jerry Rubin, Ed Sanders (1972)

Je suis le Général Creighton C. Blackmarket
Je déchire les jambes des villageois
avec des mini-bombes de plastique
balancées par des hélicoptères
et des plate-formes robots
en vol stationnaire au-dessus de la jungle
Je suis la défoliation Je suis les cicatrices effroyables
Je suis les lamentations des mères dans les décombres.
Je suis les montagnes de matériel volé
sur le marché noir
du front de mer à SAÏGON
volé dans la bouche
du pauvre

Je suis le Général Creighton C. Blackmarket
Je bombarde le Nord-Vietnam sans
l’accord des autorités civiles
Je suis le Général Creighton C. TERROR
Je fonce en piqué,
vomissant des bombes
à fragmentation, mes lèvres de goule
mouchetées de bave,
sur
l’âme de
l’Amérique

Je suis le complexe militaro-industriel héroïne
JE SUIS L’HÉROÏNE
dans les écoles renommées
amenée ici en Asie du Sud-Est
par des officiels U.S. corrompus
Je suis la
roue de la mort
tournoyant dans
l’esprit de la jeunesse
transportant héroïne, racisme, sexisme, napalm et fascisme.

Traduction Lucien Suel (septembre 2019)

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mardi 27 août 2019

The Star Screwer n° 1 (1972) pages 10-16 "Eagle Brief" Poème de Timothy & Rosemary Leary







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samedi 24 août 2019

The Star Screwer n° 1 (1972) pages 5-9 Pélieu sur Leary





Ce long plaidoyer de Claude Pélieu en faveur de Timothy Leary a été réédité dans "Et vous aurez raison d'avoir tort !", aux éditions de la Station Underground d'Emerveillement Littéraire en 1996.
Ouvrage malheureusement épuisé.
Pour une lecture plus confortable, voir ci-dessous :

DOCTOR LEARY, WHAT THE FUCK AM I DOIN' WITH GOD'S COUNTRY PIE ?


JELLY BOMBS FRAGMENTATION NAZI ELECTRONIC GOOD AMERICAN MONSTER PHOENIX ASSASSINATION CENTRAL DOPE INTELLIGENCE NEW CONDITIONS

Les robots l'ont eu. Il est entre les mains du FBI. Il est de nouveau emprisonné en Californie. La lumière ne réplique pas, elle s'évanouit au passage. L'air du temps laboure chaque nuit. Tim Leary est entre les mains des robots.
Une rose survivante et des figures fraîches.
Hier, les chats n'ont pas perdu leur temps, une lune d'eau épelait 'liberté'.
Défonce-clou de girofle. Une fleur insensée sur le pare-chocs. Un lieu-dit qui inspire --- un doigt dans le trou béant de l'Histoire --- la guerre psychédélique, totale, religieuse, raciale --- les poèmes s'étirent sous le choc, les chansons y laissent quelques plumes, et moi je pense à autre chose.
Un langage tourné vers l'éblouissement, le message Sexy est enterré dans un sourire-gingembre.
Paysages, fissures, fleurs, échafauds, averses, crevasses, uniformes, éclairages, rock 'n' roll, strobpoets, silences, obstacles, Mafia, US gvt, Narcotics Bureau --- une phrase malade grince des dents, nuages de peau, robes poussiéreuses, le vent emmène les vieilles habitudes, tickets-caramels dans la poche du rire, conscience touchant le fond du visible, jusqu'aux étoiles de l'aurore --- les doigts noueux du langage transmettent les hallucinations des robots aux paranoïas nationales --- petite musique pour autre chose. Le vide siffle les sanglots, sculpte les bouches obscènes, les dolmens se couchent sur l'herbe rase, les chardons mangent à leur faim, et moi je pense à Leary, derrière les brumes de la résurrection.
Rock n' roll, 'Junkie Blues', larmes jointes, images rouillées, odeurs cascadantes, une aile d'aigle se décompose sous la lampe --- ténèbres-mosaïques --- Dieu n'a plus d'ennemis.
Répression & Prohibition que vous feignez d'ignorer. Foule-dentelle où commence la nuit, des fleurs boivent, et moi, à genoux dans le vent, remuant les graines de Marie Jane Florabelle, je sais que personne n'est entre mes mains --- il fait beau ce matin --- silence interminable --- encore une cigarette, la pluie nue me guette.
Depuis 1960, nous sommes dans un état de tension tonitruant qui rend tout possible, et comme tout est fiction, il faut bien vous situer quelque part.
Le jour-abîme ridé par le plomb, l'autoroute griffée par un flot de lumière, fumée emprisonnant les écrans de quartz, le supermarché est fermé --- jungles roses blanchies par la nuit --- les fleurs sauvages ne cèderont pas aux cris muets.
Le dormeur est un roc, ses lourdes paupières bruissent, et l'ombre d'un arbre gémit au bord du chemin. TV-pain beurré, café, noix, claquement de mots, vertiges de l'information, mort mort MORT --- le MOT est MORT --- la guerre est finie --- nous n'avons pas fini de grimacer, une flamme ondule et avale le cerf-volant de nylon. Les enfants disparaissent en criant dans un nuage crépuscule.
Entre mes bras la foudre.
La peur d'un regard me fait rire.
Le rire sonde le quotidien.
Un rayon de lune entre deux nuages --- le cri d'une chouette --- un frisson autour des lèvres, et puis plus rien, murmure-érection, communiqués laconiques --- tout est blanc dans la forêt.
La chair a crié.
Une fleur foudroyée. Des fraises sauvages. Le néon embrasse la nature. Le Tribunal De La Pluie a une optique différente --- je dois traverser une rue enracinée dans le temps présent --- J'ai écrit cela très vite, assis dans l'herbe, adossé au tronc d'un arbre, malgré le froid, désert lumineux & ciel argenté --- quelques larmes roulent sur une pierre.
Paysages délabrés dans le rétroviseur. J'ai écrit cela vite en vrac ici sans me soucier du froid du chaud.
Je vais d'ombre en ombre, d'écran en écran, planant de jardin en jardin, à travers ces déchirures, ces échancrures-flashes --- Une TV géante entre deux haies de fleurs, et les mots incertains détruisant le temps, les images de tous les jours pleurent et éjaculent, les vagues sont brodées d'épaves --- Land's End, Mosaïques De Rêves.
Fleurs métalliques dans un ciel vide.
Le hasard s'accorde à la durée --- tout est à vendre --- même Tim Leary --- images-embuscades que le silence prend à bras le corps.
Le bruit exprime sur le bout de la langue, le distributeur automatique manque de vocabulaire, les photocopieurs vitriolent nos bulles de savon --- le coeur percé meurt sous vos yeux, l'évènement ampute notre vision --- Nous avons créé un décalage, nous avons traversé ce que nous n'avons pas écrit, et la faim des couleurs pétrit les vieux journaux.
Un feu dévorant que la parole porte, Dieu hausse les épaules, Il s'est assis sur le siège des chiottes, Il esquisse un geste, nettoie le brouillard et regarde le temps passer --- les dolmens se tiennent par la main --- la musique circule et éclate dans les 5 dimensions.
TURN ON ! TUNE IN ! DROP OUT ! PLUS QUE JAMAIS --- le mystère reste voilé, la Terre médite, Torpeur, Douleur, qui a inventé la vie ? Qui a inventé la Mort ? (personne n'a le droit d'ouvrir une parenthèse) --- la lumière ne réplique pas, elle s'évanouit, comme l'herbe au passage.
Tout terriblement rapide. Les couleurs n'ont pas appris à compter. L'ombre hurle de douleur. Le téléphone ne cesse de sonner. La guerre nous entraîne, LE GÉNOCIDE PSYCHÉDÉLIQUE DONT PERSONNE NE PARLE (sinon les premiers terroristes de la Mafia-Pentagone-Kremlin) --- le dernier monde met l'incolore en berne, le rouge jaillit, embarquant le noir vers de nouvelles galaxies, avec les faux mouvements de l'Univers.


Lait caillé à la surface de l'étang.
La résine grille dans le fourneau de la pipe.
Le hasard déborde de plus en plus.
Dieu, dans ma foulée --- je m'allonge sur un lit d'orties blanches.
(Les robots aux cheveux courts ont parlé de la peur, chef d'oeuvre du dernier quart d'heure pris en sandwich). Prélude au calme. Le vent s'échappe. Détente désespérée. Les éclairs chuchotent. Giboulées de perles. Les ipomées prennent le maquis. Il n'y a plus rien dans l'armoire aux souvenirs, sinon ce grand souffle qui bat dans le coeur.
Un signe imperceptible allume quelque chose aux quatre points cardinaux.
Nous habitons pourtant le même monde.
Le rire électrifié meurt au fond d'une allée vide.


Sur l'autoroute, néons mêlés. Je fume --- la solitude plie bagage --- quelques violettes dans la boîte à gants.
Qui veut revenir sur les pas de quelqu'un d'autre ?
En direct, branché sur le robot, sur le méga-con, ignorant ce battement d'ailes --- l'ennui ne recule pas, la haine pleure à genoux --- les ministres de la Ku Klux Kulture et les spécialistes allument leurs lanternes. « On vous avait tout permis », nous disent-ils sans rire --- nous n'avons pas à justifier notre choix --- la contre-culture s'est mis un doigt sur les lèvres. L'oeil froid de la morale bourgeoise, d'est en ouest et vice-versa, remue dans la poêle à frire, et s'agenouille pour remercier le ciel --- laissons se couler les nuages --- en direct branché sur le cul-cerveau, fouillant les goitres des législateurs et des flikiatres dansant avec les chancres, remuant dans la brume qui infecte la Vallée des Larmes, ricochant sur Fat City, avec l'herbe qui bêle sous les arcades de viande. Porteurs de vent nous vous attendions.


WHAT THE FUCK AM I DOIN' WITH GOD'S COUNTRY PIE ?
Fusion improbable de Peuple Crabe. TV-Sexe. Flash. Il n'existe pas de langage pour définir la limonade fraîche électrifiée par l'Acide, sinon celui des musiciens --- de la crème fouettée sur mon blue-jean, un orgasme éternel --- Hippyland n'existe plus, tout cela est fini, bien fini,décennies amputées par la politique & les horribles conditions, et le Docteur Leary entre les mains de la Gestapo-FBI --- le film encore une fois s'emballe, le décor n'a pas changé, O COSMIC LOOSERS !
Villes-hamburgers crachant le venin-Haine. Militants crachant le venin Haine. De leur vivant les robots s'admirent, et l'écume Virus envahit la scène spatiale, nous survivons dans ces jungles planétaires --- WHAT THE FUCK AM I DOIN' WITH GOD'S COUNTRY PIE ? I DUNNO --- des cendres emperlées roulent dans la poussière.


LA GUERRE DÉCLARÉE À LA MARIJUANA ET AU LSD EST UNE GUERRE DE RELIGION ET DE RACISME. BD-Solitude Phosphorescente --- rues splendides pavées de perles-chevelures --- fumées vertes & bleues dans la version HIGH --- version fleur de soleil FULL CONSCIOUSNESS --- BD-HIP hachée par les crans d'arrêt du vent, hallucinations planétaires concentrées dans la grisaille du jeu politique. Brouillard-mot habillant la planète d'atrocités, BD-Utopie vernie par la morve d'une génération dévorée par les microbes --- tout ça serait assez drôle (un auteur dramatique français y trouverait son compte) sans parler des vibrations de nulle part, mais Papa n'a pas voulu et Maman non plus --- courants d'air bleu blanc rouge dans les oubliettes où furent enfermés les héros & les orateurs des années 60. Confiseries Cosmiques dans le duvet du Swami-CIA, résidant maintenant à Kansas-City ou à Pékin, ébloui par le poulet frit, les hamburgers, et les drive-ins --- dix siècles de défonce pour ce TRIP --- une belle déchirure pour que le calme fasse le vide.
Les fleurs toutes voiles dehors ont inventé toutes ces couleurs. Nous ne pouvons pas ignorer toutes les bonnes vibrations, ni la répression, nous ne pouvons pas ignorer le blabla des autres, ni leur baratin clignotant à propos des drogues, des hippies, de ceci, de cela. L'ombre stéréo inonde le monde à la criée et nos fantaisies deviennent les fantaisies de l'Univers, pas celles du Pentagone, du Kremlin, de l'Europe Livide ou de Pékin --- nos fantaisies tantriques gonflées de fleurs film avec les bons et les méchants, avec les nains et les vilains, avec les vivants les nus et les lumineuses --- péninsules-arc-en-ciel aux mille visages radieux. Mais nous sommes dans le morts, avec les grands transparents et les robots, avec les glauques et les singes travailleurs --- nous sommes dans le film depuis le début et il n'y a pas de fin, Yoyo Cosmique dans l'Univers FUCK YOU rugissant de néons de jukeboxes et des sirènes de police.
Film-ricochet, flashes, silences, derniers soubresauts, et le monde-brouillard réduit en un petit tas de saletés calcinées, étalé sur un drap blanc --- LE SOURIRE DU TOURNESOL MÈNE LA DANSE, LA DÉMOCRATIE ÉLECTRONIQUE CRÉPITE DERRIÈRE VOS YEUX.
WHAT THE FUCK AM I DOIN' WITH THE FROZEN JUG BAND ?
Derrière les nuages, au galop les masques et les poubelles suivent les étoiles dansantes, et le génie de la Terre bat dans le Coeur-Cerveau-Vivant --- le Docteur Leary & des milliers de souffrants harnachés de chaînes & de dossiers ne sont plus dans les couleurs de l'arc-en-ciel.
Hier c'était déjà Tim Leary, John Sinclair, John Giorno, Ken Kesey, Pierre Clémenti, George Andrews, Jimi Hendrix, Owsley, Neal Cassady, Carl Solomon, Bob Kaufman, Lenny Bruce, Jim Morrisson, Carol Berger, Julian Beck, et tant d'autres, hier c'était --- il faut partout marmonner le chant du Peyotl, chantez, rappelez-vous de ce mantra Fox Indien Américain pour conjurer les démons, les robots, et les hallucinations criminelles de toutes les Polices du Cerveau ---
PE YO TA HA NO GA NE KWA KE CI MA NI TO WE HI YA NA NE HI KE KI KE TE TI NE NO HE NE NE HI CI HAI YA NE TE NO HE HI KE KI KE TE NO NE HI KE TI TE KI NE NO NE NE HI CI HAI YA NE NE TE NO NE KI KE TE NO

Dear Doctor Leary God Bless our Conspiracy, Nixon & his allied Robots are stuck in the knots of their bad Karma.
Muddles Green over Cut City, 28-31 January, 73.

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jeudi 13 avril 2017

Archives de la Villa Yourcenar

En septembre 2006, j’étais en résidence à la Villa Yourcenar en compagnie de Fabienne Kanor et d'Alexandre Ikonnikov. Nous avons composé ensemble le poème suivant :

YOUR SCENARIO

Mont Cassel, Mont des Recollets, Mont des Cats, Mont Noir.
Autour des monts, à l’horizon, terre et ciel fusionnent.
La poésie, témoignant d’une enfance particulière, vit ici dans chaque brique.
Sur le bord de la fenêtre, trois pommes regardent Hadrien.
Dedans, bourdonnement de l’aérateur ; dehors, bavardage matinal des oiseaux.
Une simple tasse de café élimine l’objectivité du matin.
Le gros gras chat noir ronronne sur la carte de France.
Paradoxalement, Zénon hoche la tête et dit : « Oui, oui, oui. »
L’histoire a sa logique.
Septembre sous les pommiers, fruits tombés, différents stades de décomposition.
Alexis cueille des marguerites, ourse noire dans le ciel.
Le trio d’écriture triture le tas de mots triés.
C’est la foire aux livres. Écrivains vivants. Entrée gratuite.
Tout autour de la table, les langues s’agitent, joyeusement différentes.
Parler de tout et de rien en français rend la vie facile et charmante :
« Encore une toile, cette araignée se paie notre tête. »
« C’est un chat, tout ce qu’il y a de plus bête. »
« Hier nuit, j’ai rêvé. La barbe ! J’étais russe ! »
« Le ciel est trop grand pour mes lunettes. »
« Comment s’aimer dans les buissons
Si les épines entravent la passion ! »
« Oui, Madame, entre deux baisers, tout ce qui concerne la politique et les affaires. »
« Autre rose : c’est le féminisme qui nous a perdues. »
« Mon père est mort cet été ; je philosophe. »
« Il existe des endroits dans lesquels vous ne voudriez pas vivre une seule minute. »
« Un petit âne satisfait et une balle en mousse : nous sommes assis dans la machine à remonter le temps. »
« Comme elle est courte sur pattes, elle ferait mieux de sourire ! »
« Ma plume sur la page,
A fait un beau voyage. »
« Après les Thermopyles, Léonidas voulait se rendre au Mont-Noir. »
Quand il parle tout seul, les murs, les tables et les chaises sont de fidèles auditeurs.
« Laissez donc sortir le vampire ! »
« De la chétive brebis au puissant mustang, Madame Saxo, merci ! »

Alexandre Ikonnikov – Fabienne Kanor – Lucien Suel

 Saint-Jans Cappel, septembre 2006

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jeudi 30 mars 2017

Trois triangles à Rennes (mars 2000)

Souvenirs de ma première lecture au Triangle à Rennes le 25 mars 2000, en compagnie d’Alain Jégou et Christian Prigent, à l’invitation de Benoît Delaun et de Daniel Riou


en
bref
arrivé
à Rennes
le 25 mars
je rencontre
B. Delaune ami
& A. Jégou marin
poète ta mer noire
totalement ta colère
noire aussi notonectes
se frayant une voie dans
la glu le marché confusion
organisée du pouvoir restent
notre frêle entêtée résistance
nos sourires nos poèmes nos vies

le
soir
raidit
le corps
la mémoire
devient bloc
poètes vivants
crevez la langue
l'édredon des mots
c'est cela notre vie
quelques mots murmurés
hurlés une lecture posée
au centre du triangle crie
Christian Prigent sue Lucien
Suel voyez auditeurs attentifs
chaire et eau cet opéra fabuleux

et
déjà
partir
le matin
du 26 mars
je traîne en
attente du TGV
déambule dans la
gare de Rennes mon
oeil est attiré dans
la boutique de CD rien
de saisissant mais rayon
reggae Ras Michael and The
Sons of Negus seul achat ici
auditeur attentif moi qui vais
pleurer en écoutant Kibir-Am-Lak


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mardi 12 juillet 2016

Mauricette Beaussart - Vapeurs (1)


J'extrais des archives de la Station Underground d'Emerveillement Littéraire les huit chroniques intitulées « Vapeurs » que Mauricette Beaussart écrivit pour le poézine « Le Dépli amoureux » en 1987 et 1988.

En octobre, c'était la rentrée des classes et, invariablement, la maîtresse d'école donnait, comme sujet de première rédaction, aux grandes du certificat d'études : "C'est l'automne. Décrivez la nature à cette époque de l'année." Quand j'atteignis le Cours de Fin d’Études, comme les filles des années précédentes, je rédigeai les clichés habituels sur les jours qui raccourcissent, le brouillard matinal, les labours fumants ou la récolte des fruits. Je n'écrivais rien sur l'ouverture de la chasse car déjà, je pensais que les chasseurs avaient l'esprit aussi boueux que leurs bottes. Par contre, je m'attardais longuement sur la cueillette des noisettes, le ramassage des noix, les promenades à la recherche des rosés dans les prairies (on n'osait pas écrire "dans les pâtures"). Maintenant, je cueille les fruits littéraires en toutes saisons. Suis-je aussi mûre que les fruits de mon enfance ? C'est ce que semblent penser Dan et Guy Ferdinande qui ont pris le risque de me confier cet espace dans Le Dépli.
En cet automne de 1987, la récolte des poires né sera pas ce qu'elle aurait dû être. Elle va me manquer cette POIRE D'ANGOISSE dont je me tartinais les neurones depuis bientôt quatre ans. Elle disparaît à son 132éme numéro, sur une dernière image, ô combien symbolique ! "Autant en emporte le vent !", semble nous dire le gracieux postérieur féminin de la quatrième de couverture. En vérité, le vent a déjà emporté beaucoup de ces revues que nous aimons ; mais l'esprit souffle toujours, même pendant les accalmies. Je veux ici saluer le travail de http://contemporains-favoris.blogspot.fr/. A travers les 132 numéros de sa revue, il m'a fait découvrir tout un monde, la laideur et la beauté, la douleur et le plaisir, la poésie et l'humour, la mort et le rire. Lorsque j'appris qu'il cessait de publier sa revue, et la tristesse première évacuée, un sentiment de satisfaction me remplit en pensant au soulagement qui devait être le sien. Ce n'est pas impunément que l'on publie, à cette cadence, et dans l'esprit de liberté qui la caractérisait, une telle revue dans un environnement général de plus en plus avachissant. Didier Moulinier a choisi de publier LA POIRE D'ANGOISSE. Il a choisi d'en faire cesser la parution. Tout est bien.
Je ne chroniquerai donc jamais LA POIRE D'ANGOISSE, mais bien d'autres revues ont trouvé ou trouvent l'entrée de ma boîte aux lettres. J'en parlerai donc, ici ou ailleurs, maintenant ou demain. A l'heure ou le tube fécal cathodique nous propose des émissions dites littéraires, dans lesquelles des politiciens parasites, des viandes sportives ou des vampires publicitaires viennent faire étalage de leur fatuité, de leur bêtise ou de leur cynisme, il est réconfortant de voir que le monde des revues reste actif, vigilant et risque-tout.
J'en veux pour preuve l'existence d'une revue comme L'INVENTION DE LA PICARDIE. Je n'en finirais pas d'aligner les adjectifs qualificatifs à son propos. Je me contente d'écrire que L'INVENTION DE LA PICARDIE est une revue admirable et essentielle. En voici le deuxième numéro dans lequel nous retrouvons le tripode primordial : Ivar Ch'Vavar, Flip-Donald Tyètdégvau et Martial Lengellé, accompagnés d'invités de choix comme Pierre Garnier et la poésie spatialiste, Gilles Laprévotte élargissant l'espace, Michel Debray qui manipule le condensateur à lames variables, - nostalgiquement, Gaston Criel en bricoleur de mots qui sait de quoi il écrit, Guy Ferdinande qui dresse le constat à l'amer puis redresse la bête de son stylo, Christophe Petchanatz aux paupières serrées saisissant des visions braisées.
L'INVENTION DE LA PICARDIE arpente le versant provincial historique et linguistique avec une étude sur Jean-Baptiste-Louis Gresset (17O9-1777), l'injolemint de Coula é Miquèle publié anonymement en 1634, l'origine de Gayant, le géant douaisien... Mais ce qui motive encore davantage mon admiration, ce sont les textes signés Ivar Ch'Vavar, Martial Lengellé, Flip-Donald Tyètdégvau et aussi Ghislain Biblocque et Konrad Schmitt. Ceci est de la poésie, celle qui vous fait vibrer, qui vous exalte, qui vous hallucine, qui vous fait éclater de rire ou sangloter, qui vous met mal à l'aise ou qui vous fait fourmiller la cervelle. Je ne voudrais pas trop dithyramber, mais les "Colonnes" de Martial Lengellé, en même temps qu'elles renouvellent la forme du vers, fournissent naturellement un aliment combustible pour ma carburation névrotique. Ça sent l'être humain, ça n'est pas de la purée de vocables ! La suite de textes de Konrad Schmitt intitulée "La Libidoche" est à couper le souffle. Dans sa série "A la communale", Ch'Vavar réussit le prodige d'une écriture nostalgique à la fois grinçante et émouvante. Je retiens encore le "Premier Fragment Berckois" de Flip-Donald Tyètdôgvau, un texte hallucinant de malaise et de mystique argileuse qui vaut son pesant d'antibiotiques ! A quoi répond l'hilarant voyage psychédélique de Ghislain Biblocque sur la même plage de Berck. La polémique n'est pas absente avec une lettre de Roland Wulverdinghe qui s'en prend aux poètes chiants, et j'en connais aussi. Et Riquier Carrette qui règle leur compte aux cuistres universitaires, charognards perchés sur la tombe du grand Verlaine. "Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce que l'on y ajoute vient du malin." (Matth. 5-37). Pourtant, une chose encore, lisez et relisez L'INVENTION DE LA PICARDIE.
"Oui, oui", j'ai lu bien d'autres choses. "Non, non", je n'ai pas toujours cet enthousiasme. Peut-être serait-ce épuisant ! Pourtant, avant de conclure cette première chronique, j'aimerais vous entretenir de deux parutions récentes d'un intérêt certain. "Le Michel Champendal Illustré" sous-titré "Ingrédients" est un bel ouvrage, épais, bien imprimé (à 6O exemplaires) sur un très beau papier vert (très à la mode, cette année ! Michel Champendal qui a cessé ses activités de libraire, publie ici un échantillon de ce qu'il aima et rend ainsi hommage à la chose imprimée intelligente ; cela va de Jarry aux Freak Brothers, en passant par Clovis Trouille, Glen Baxter, Gaston Chaissac et bien d'autres. C'est un encouragement à la curiosité, à l'effort en fait, mais fouiner dans les revues de presse, dans les cartons de livres poussiéreux des marchés aux puces, dans les catalogues de livres d'occasion, est-ce vraiment douloureux ?
Par exemple, feuilleter dans la collection ELECTRE le dernier ouvrage de Sylvie Nève et de Mireille Désidéri est un plaisir d'ordre supérieur. Ce livre intitulé "Erotismées" est un enchevêtrement luxu(r)-riant, une forêt vierge (!) dans laquelle les dessins (desseins) de Mireille Désidéri et les mots (l'émoi) de Sylvie Nève se fondent dans l'imaginaire du lecteur qui se surprend à remuer les lèvres en même temps que ... les yeux. Oserais-Je les appeler consœurs ?

Le Dépli amoureux n° 41, octobre 1987.
Mauricette Beaussart
À suivre...

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jeudi 17 mars 2016

Stéphane Batsal Agent Spécial

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jeudi 10 mars 2016

Collage Mail Art par St. Batsal

Carte postale collage de Stéphane Batsal reçue en 2001.

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jeudi 4 février 2016

Sans espoir de retour du courrier 5/5

« Sans espoir de retour du courrier », cette correspondance entre Alban Michel et Lucien Suel a été publiée en 1986 (30 ans déjà!) dans le n° 4 de la revue Après la plage.
Nous le faisons paraître ici en 5 épisodes. Il est question de plage, de jazz, de roman noir et d'Audrey Hepburn.

Biscarosse, le 4 août
Mon vieux Lucien,
Figure-toi que "Lulu" un opéra d'Alban Berg fut interdit en France en 1958. J'ai bien peur que cette lettre ne t'arrive jamais. Pourvu qu'il ne te soit rien arrivé. Ils connaissent les filles qui nous unissent. Je te tape vite fait ce que je sais. Ils m'ont retrouvé. J'espère que la dernière levée n'aura jamais lieu. Surtout ne te réfugie pas dans une salle obscure. Ils sont tous dans le coup. Le projectionniste, les spectateurs, la caissière, les ouvreuses. Ils contrôlent tout. Tu es entouré de dingues. Je sais ce que je tape, j'ai vécu dans un blockhaus de vingt-deux étages. Je ne te raconte pas ce qu'ils incinéraient dans le vide-ordures.
La fille aveugle bosse à la poste. Jusqu'à présent elle s'est contentée de transmettre les doubles de nos lettres à Dan Parker. Surtout ne t'enfuis pas dans un cinéma. Ça se termine presque toujours en incendie. Je m'en veux de t'avoir entraîné dans ce snuff-movie. J'avais besoin de blé et je ne salope jamais mes contrats. Tu me connais, je m'enflamme facilement lorsqu'on me promet l'éternité sur pellicule. J'ai signé. Pour éloigner le mal, pour pouvoir taper comme un dératé dans un clandé pour écrivains. Au mieux et en comptant les ratures j'ai réussi à leur taper dix pages.
Je dois un scénario de film porno à Robert Baker, et un article tout ce qu'il y a de plus élogieux sur les bonnes œuvres du Clan Murphy. Les sbires de Thomas F. Little campent en bas de l'hôtel sur la plage. Ils vont me tanner, sûr qu'ils font partie de la famille des cuivres. J'ai promis à leur monsignore un poème d'amour par jour qu'il signe et expédie à sa petite amie. Chiappe est de tous le plus coriace. Il m'a commandé une monumentale histoire de sa vie. Il confond nombril et sexe.
J'ignorais qu'ils travaillaient tous pour Dan Parker. C'est fichu pour ta ballade. Je suis sec. J'ai le bourbon. C'est pas le moment de laisser nos empreintes sur le sable. Maquillage de guerre. Mercredi des Cendres de mai à décembre. Tire-toi au plus vite de Stella-Plage. Parker tient tous les cinémas, les hôtels, les clandés, les écrivains et les garages de la côte. C'est grâce à lui que la fille de la réception porte des lunettes. Elle est heureuse de s'en tirer à si bon compte. Adieu. Je ne t'écrirai plus. Je t'enverrai des cartes postales.
Alban

Sans espoir de retour du courrier : Lettre 1
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 2
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 3
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 4

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jeudi 28 janvier 2016

Sans espoir de retour du courrier 4/5


« Sans espoir de retour du courrier », cette correspondance entre Alban Michel et Lucien Suel a été publiée en 1986 (30 ans déjà!) dans le n° 4 de la revue Après la plage.
Nous le faisons paraître ici en 5 épisodes. Il est question de plage, de jazz, de roman noir et d'Audrey Hepburn.

Stella-Plage, le 23 juillet
Cher Alban,
J’ai bien pensé un moment écrire à Elmore James. Cela aurait été l'occasion rêvée de vérifier la bonne marche du "Return to Sender". Le grain de sable retourne à la plage. Après le pèlerinage, ce sera le Mercredi des Cendres. J’ai vu des photos de ces filles arrivées par la poste et qui se tordaient dans les flammes de l'incinérateur de jardin. Un spectacle pour solitaire ; on ne peut pas tenir bien longtemps dans les blockhaus désaffectés. L'odeur te prend à la gorge et tu dois vite rechausser tes "semelles de vent". Il souffle dans les saxophones désinfectés. Oui, écris-moi donc les paroles d'une ballade qui respire à travers le nylon rosé. Plusieurs fois, j'ai serré des poupées sur mon cœur, des poupées enduites de poudre de riz et leurs joues de celluloïd se collaient à ma peau brûlée. Entre la pourriture et le dessèchement, il faut choisir ou naviguer. Les écrivains ont des ratés. Il y des métaphores qui filent comme les bas. Je répands ma semence sur la plage blanche devant une fille aveugle en shetland rosé. J'ai mis mon maquillage de guerre : cendre, sable et semence. Il ne me reste plus qu'à m'enfermer dans une salle obscure. J'attends le début de la projection. Envoie une nouvelle bobine pour crucifier le vieux jazzman.
Lucien
P.S. Pas question que je brûle tes lettres. Il fait trop chaud
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 1
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 2
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 3
 

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jeudi 21 janvier 2016

Sans espoir de retour du courrier 3/5


« Sans espoir de retour du courrier », cette correspondance entre Alban Michel et Lucien Suel a été publiée en 1986 (30 ans déjà!) dans le n° 4 de la revue Après la plage.

Nous le faisons paraître ici en 5 épisodes. Il est question de plage, de jazz, de roman noir et d'Audrey Hepburn.

Biscarosse, le 20 juillet
Mon vieux Lucien,
Tu te plantes avec ton jazz. Je n'y connais rien. J'ai longtemps rangé le saxophone dans la famille des cuivres. Du moment que c'est triste je suis content ; je titube sur la plage.
Mes gueules de bois ont déjà entendu meugler un sax mais elles ne savent plus dans quel bar. C'est ça, moque-toi de mes mortifications, tu me fais marrer avec tes balades solitaires sur la plage. Ne me dis pas que tu trouves ça beau une plage. West Coast mon cul.
Je vois d'ici le tableau. Il manque juste un sax, un piano, et pour me faire plaisir, une caisse claire balayée par Al Seamless. Tu veux que je t'écrive les paroles ?
Je peux juste te taper une ou deux ballades. Je suis plutôt pilleur d'épaves que marin. Dénicher une fille dans un pull en shetland rosé ça je ne sais pas faire. Trouve-toi quelqu'un d'autre à qui écrire. Tout ce que je connais du jazz c'est Elmore James.
Trouve-toi une fortification abandonnée pour y brûler à l'abri du
vent tout ce que je t'ai pillé. Fais ça devant la fille si ça peut te soulager. De l'hôtel je vois le chemin de croix des marchands de sable. Les habitués du blockhaus. « Ça serait pas merveilleux si on pouvait rester ici ? ».
Pieds nus en Rosy rosé sur le béton dur et humide. Ce film est le voyeur rêvé des pourritures.
Alban
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 1
Sans espoir de retour du courrier : Lettre2

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jeudi 14 janvier 2016

Sans espoir de retour du courrier 2/5


« Sans espoir de retour du courrier », cette correspondance entre Alban Michel et Lucien Suel a été publiée en 1986 (30 ans déjà!) dans le n° 4 de la revue Après la plage.

Nous le faisons paraître ici en 5 épisodes. Il est question de plage, de jazz, de roman noir et d'Audrey Hepburn.

Stella-Plage, le 16 juillet
Cher Alban,
Je me sens comme un scoptophile aux yeux bandés. Et ce n'est pas du nylon rosé que j'ai sur les yeux. J'en suis bien sûr. Il y a bien des années, j'avais marché du Touquet à Merlimont, une sacrée balade, pieds nus sur le sable dur et humide - un vrai chemin de croix dans le soleil contre le vent et ses gifles de gravier - Si je le faisais maintenant encore, ça s'apparenterait sûrement à un pèlerinage avec toutes ces filles les seins à l'air. 
Al, sans doute astique le cuivre de son bois. Il ne pourra jouer que West Coast, comme moi. De toute façon, l'anathème est levé, France-Culture l'a dit, et puis, un livre a été écrit et même édité sur le sujet (West Coast Jazz de A. Tercinet). Pour revenir, c'était mieux, j'avais le vent dans le dos. Je n'étais plus dans la peau de Germain Nouveau. Du reste, je n'ai jamais aimé la mortification. Je n'ai jamais titubé sur une scène ; mes gueules de bois sont intimes. N'empêche que, parfois, j'ai les yeux qui piquent. Et ça n'est pas le genre de lettres que tu m'écris qui pourra tuer le marchand de sable. 
Ah ! A.H. : c'est incroyable, cette histoire ! Je n'ai jamais pu avoir un réfrigérateur dont la lampe intérieure tienne le coup plus d'une semaine. La nuit, quand je descends dans la cuisine pour relire les originaux de tes lettres, il me faut faire ronronner le tube au néon. Si tu vois (sic !) ce que je veux dire ! Dans ce film, d'ailleurs, elle porte un pull de shetland rose. 
De temps en temps, je me retournais pour regarder l'empreinte de mes pieds (égyptiens) dans le sable - prétexte pour soulager mon visage du pilonnage sableux, vent parallèle au sol. Anyway, ce n'est pas encore aujourd'hui que j'arroserai d'essence mes archives "littéraires", parce qu'il y a toujours un bidon de sable plein de mégots à côté des pompes. Funèbre, moi ? Allons donc !
Lucien.
Sans espoir de retour du courrier : Lettre 1


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