vendredi 26 février 2021

CYCLE DU BASILIC (V) par Laurent Margantin

 V


ROTHÉNEUF


Et là-bas, sur la côte, vous verrez des visages


Coup de tonnerre géologique, avait dit le poète

en parlant de Piana, roches chaotiques

mues vers le ciel par des forces

qu'il faut bien qualifier d'obscures, l'orange et le rose

mêlés le soir, puis tournant au rouge,

la mémoire encore travaillée par ces couleurs et ces formes

minérales sauvages, félines —


c'était d'ailleurs le mois du lion,


la mer, je l'ai presque oubliée,

aussi cette mer de Bretagne, là où m'avait guidé le hasard,

comme une chute là aussi,


l'homme à peine éveillé,

l'homme aux oreilles rompues,

comment pouvait-il prêcher à ses ouailles,

lui qui n'entendait ni ne parlait,

lui qui ignora longtemps les êtres qui l'habitaient,

des pirates en cette âme de curé !


Univers infernal :

la côte sculptée à l'image de son chaos...


À un endroit j'ai reconnu Gauguin qui,

pas loin, avait planté ses toiles, dans la recherche tâtonnante

lui aussi, sentant obscurément les forces qui parcourent les formes,

mais aurait-il pu imaginer qu'en allant sur ces terres en païen

son visage resurgirait dans le granit

à travers les mains extravagantes d'un prêtre ?


Le peintre de profil,

éternisé dans la roche, inconnu.

« Bonjour, monsieur Gauguin », aurait dit

le prêtre à la barrière.


Et l'on descend encore,

vers la mer dont les formes

créées par les courants ont peut-être rêvé

un jour le Léviathan, et des faces naïves plongent

avec le monstre, s'évanouissent, reviennent,

selon le rythme des vagues de lumière.


Rouge, orange, rose, et aussi le blanc calcaire du matin.

 

Laurent Margantin vit à la Réunion,
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jeudi 25 février 2021

Anthoveaulogie Kahn Guitton Dr Speed & Joe Parano

 22

Gustave Kahn

Mourle (1925)

Prosateurs Français Contemporains F. Rieder et Cie, Editeurs, 7ème édition, achevé d'imprimer en janvier 1925

page 63

Ton voyage de noces sera obsédé par ses lettres, par ses rappels successifs et réitérés, par ses offres de veau gras, épaules, escalopes, rouelles et tous les légumes de la saison et toutes les boîtes de conserve.


23

Jean Guitton

Journal, Etudes et rencontres 1952-1955

Librairie Plon achevé d'imprimer le 23 octobre 1959

page 82

Mais le mot était dit par description et sans mépris ; il appelait Renan "cochon", comme les vantaux des cathédrales représentent saint Marc en lion et saint Mathieu en veau.

 

24

Dr Speed & Joe Parano

L'histoire d'Albert (1979)

page 12

Le mec de fait essaya de se lever mais retomba mollement sur la banquette de veau retourné et s'endormit tout à fait.


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mercredi 24 février 2021

Pense-bête idiot n° 299

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mardi 23 février 2021

Anthoveaulogie Szymkowiak Rechy Claus

19

Jean-Pierre Szymkowiak

Pédago blouse (1988)

éditions "Traitements de textes" achevé d'imprimer en novembre 1988

page 30

Ce n'était pas un homme couché là de tout son long mais un corps exempt de toute mystique et de toute spiritualité, une carcasse de veau gras prête à la découpe, une méduse, un normalien type.

page 54

L'un d'eux, s'approchant d'elle en marchant sur les genoux et en serrant contre sa poitrine un veau d'or lui ficha son nez dans la figue.

page 203

N'allez pas croire par là qu'il me viendrait à l'idée d'exhorter les gens au suicide, je suis au contraire de ceux qui pensent qu'il faut vivre envers et contre tout, bien rigoler de temps en temps avec la merde, elle est notre oxygène, notre grande épopée intestinale, notre pestilentielle Enéide, notre veau d'or.


20

John Rechy

Cité de la nuit (1963)

NRF Gallimard achevé d'imprimer le 29 octobre 1965

page 172

" M'man elle tombe dans un fossé s'met à gueuler comme un veau ! - "


21

Hugo Claus

La chasse aux canards (1950)

Fasquelle Editeurs 1er trimestre 1953

page 17

- Le veau est mort-né.

page 19

- Un veau mort-né, une vache morte !

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lundi 22 février 2021

Poème express n° 830

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vendredi 19 février 2021

CYCLE DU BASILIC (IV) par Laurent Margantin

 IV

JOURS


Je songe aux jours de Djilor, dit Senghor

et à d'autres jours encore,
passés, et que la mémoire ne cesse
de rendre présents, aux jours
rythmés, aux jours de vie

dans l'écoulement des rivières,
aux rythmes des pas,
aux rythmes d'une fontaine
à la grande roue que nous faisions
tourner et tourner, nous éclaboussant d'eau

tout était réglé, tout était
digne, tout était beau

enfants jouant dans l'été,

cette vie qui étonne,
qui intervient quand on ne l'attend pas,
en même temps ordonnée et imprévisible
alors il y avait rythmes,
et connaissance des choses,
et le temps n'était pas vide,
l'émotion emplissait les pensées,
pouvions-nous nommer cela ?

Non, nous étions muets toujours,
nous nous taisions,
nous nous taisions devant l'eau
de la rivière, nous écoutions trembler
les feuilles toujours à la même heure,
nous révérions un pays, nos pas
s'accordaient aux formes de la terre sèche,
nos rituels étaient tenus secrets
(eau prise selon tel geste, mouvement du corps
pour plonger dans les hautes herbes,
écoute des oiseaux de la forêt),

mais que dire à présent dans la solitude,
les rythmes demeurent au fond de nous
mais nous ne savons plus puiser,

Je songe aux jours de Djilor, à cette vie
de village qui était réglée comme une cérémonie
depuis le réveil du matin

les gestes des hommes à présent,
leur vie qui s'achève chaque soir, leur mort.

 

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jeudi 18 février 2021

Poème express n° 829

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mercredi 17 février 2021

Anthoveaulogie Ivar Ch'Vavar Harrison Debray

 16

Ivar Ch'Vavar

Jours de glaire (1992)

L'Invention de la Picardie n° 9 2ème trimestre 1992

page 78

Plantes : populage (jaune) ; saponaire (rosâtre) ; silène enflée (fleur blanche) ; euphorbe (jaune) ; millepertuis ; chardon Roland ; bugle rampante ; bouillon-blanc (jaune assez vif) ; molène à mèches ; carline acaule ; piloselle ; épine vinette (baies rouges allongées) ; cornouiller sanguin ; trolle (fleur jaune) ; pimprenelle ; plantain ; pissenlit ; flouve odorante, houlque laineuse et fléole (graminées très graciles) ; grande ortie ; lamier blanc ; mélilot ; jusquiame noire ; chicorée (fleurs bleues) ; colza ; tabouret (petites fleurs blanches sur hautes tiges) tussilage ou pas d'âne ; laiteron (sorte de pissenlit) ; bardane ; lichen des chiens ; surelle (petite fleur blanche) ; herbe aux goutteux ; lis martagon ; pied de veau ; sorbier des oiseleurs, airelle et sureau.

page110

Ainsi va la vie que novembre a de nerf
Fanes noircies, fumez, sous le ciel en tire-bouchon
Nous voudrons, accotés aux grilles de l'hiver
Humer le soleil vide et les naseaux des
veaux.


17

Jim Harrison

Dalva (1987)

10/18 n° 2168 achevé d'imprimer en mars 1992

page 68

J'ai ressenti une brusque souffrance à l'idée que j'aurais pu concourir avec Duane dans l'épreuve de capture du veau au lasso.

page 86

Elle était aussi imbattable pour chasser les vaches en colère qui voulaient protéger leurs veaux.

page 211

Notre partie de billard a été interrompue par une prise de bec entre deux malabars, l'un reprochant à l'autre d'essayer de lui vendre un troupeau de veaux affligés d'une maladie appelée "fièvre de l'embarquement".

page 243

- Bon ris de veau, ai-je apprécié, à un cheveu de son pubis ; escargots de Bourgogne, tout près de son nombril ; tête de veau, à deux doigts de son opulente poitrine.

page 375

- Il se trouve que mon frère et moi, il y a des années de ça, on a participé contre vous et ce jeune Indien à cette compétition de capture de veau au lasso.

page 379

J'ai un frère qui s'occupe d'un élevage de veaux près de Hardin, dans le Montana ; je vais peut-être aller le rejoindre.

page 442

Puis j'ai décongelé deux côtes de veau pour Lena et moi.


18

Michel Debray

Autorut du soleil (1982)

Buchet/Chastel achevé d'imprimer le 25 mai 1982

pages 161 & 162)

Sans doute avait-elle cessé de vivre dans la mesure où la tête était séparée du reste du corps et reposait au centre d'un volant de nacre blanc comme une tête de veau dans un plat en inox.


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mardi 16 février 2021

Anthoveaulogie O'Connor Bounine Harrison

13

Flannery O'Connor

Les braves gens ne courent pas les rues (1948)

Biblos, Gallimard, achevé d'imprimer le 25 mars 1991

page 258

"Espèce de gros imbécile, cria-t-elle ; gros veau de "l'Eglise de Dieu ! " hurla-t-elle, et elle dégringola de son tonneau, détala et disparut derrière la maison, tandis qu'ils sautaient de la rampe pour voir qui poussait des cris pareils.

page 308

Lorsque le camion du laitier arriva, les garçons étaient introuvables ; mais dès qu'il eut pris la route, les trois visages apparurent dans une ouverture au-dessus de l'étable aux veaux.

page 363

L'un était un vieillard qui tenait un seau à moitié plein d'aliments pour les veaux, et l'autre un adolescent café au lait, avec une petite tête de marmotte enfoncée dans un feutre rond.

page 378

Il y avait de vieilles coques d'huîtres dans un coin, quelques calendriers sales au mur, des réclames d'aliments pour les veaux et de plusieurs spécialités pharmaceutiques.

 

14

Ivan Bounine

A la source des jours (1927-1929)

Librairie Stock, Le Cabinet Cosmopolite, achevé d'imprimer le 9 mai 1935

page 46

Pourquoi donc existait-il là-bas des poules, des veaux, des chiens, des tonneaux à voiturer l'eau, des paillers, des enfantelets au gros ventre, des babas aux dents longues, de belles filles, des moujiks hirsutes, maussades ?

page 83

Lui entra, tranquillement renfrogné, se débarrassa, dans la petite entrée, de sa casquette et de sa pelisse, gardant un léger caftan gris qui, avec sa blouse à col brodé et ses bottes de veau souple, soulignait particulièrement sa tournure bien russe.

page 231

Il était le seul à ne pas dormir, et, se voûtant, respirant avec peine, tirait sur le feu de sa pipe, avec l'éclat de ses yeux gonflés, larmoyants, sous un bonnet loqueteux en peau de veau, l'éclat de toute cette chose rouge, ridée, désordonnément embroussaillée de gris qui lui composait un visage.


15

Jim Harrison

Un bon jour pour mourir (1973)

10/18 n° 1988 achevé d'imprimer en janvier 1992

page 113

Parfois, je prenais des ris de veau.

page 203

Trois ou quatre des vaches avaient des veaux et celles-là se retournaient pour meugler.

page 215

Je le vis baisser la pelle et se détourner de la première vache, accompagnée de son veau, qui se rapprochait de lui.

page 216

Dans l’énorme nuage de boue et d'eau, je crus saisir une fraction de seconde l'image de Tim fendant l'air mais j'espérais que c'était le veau. ...
Le
veau gisait dans la boue sur la rive opposée.

page 219

Est-ce que la vache et son veau allaient-être emportés par le courant ?


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lundi 15 février 2021

Poème express n° 828

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vendredi 12 février 2021

CYCLE DU BASILIC (III) par Laurent Margantin

RENNE BLANC


Lapon vient de lappa : rapiécer des vêtements.


Bois de renne qu'un jour longtemps après le voyage on m'offrit,

en route vers le nord, pistes, sentes perdues au milieu des pierres,


la grive chantait vers le soir,

et les grandes glaces étaient sur la rive

du côté nord de la forêt


hauts pins, clarté infinie du jour,

traversant la Laponie en train


je cherchais un promontoire,


le chemin était pierres sur pierres

avec de grandes racines d'arbres

entrelacées


(pistes, sentes perdues au milieu des pierres),

je cherchais un promontoire d'où voir plus loin et plus large,


je vis sur la plage comment le lac ou la mer rejette

annuellement de plus en plus de sable


bois de renne sur la table,

mais un renne blanc vivant !

cavalant, fuyant,


nomina animalium :

hune : coq des bouleaux, bieng : chien,

beer : ours (comme le Bär allemand),

seeipnok : loup, boets : renne


j'ai vu des pierres roses

parmi les bouleaux,


quand le renne marche, ça craque dans le pied, j'étais

curieux de savoir pourquoi

et j'ai vu le renne blanc s'échapper entre les bouleaux

pendant que le train continuait sur ses rails,


la forêt était pleine de pierres

et de Pyrolae de diverses sortes,

les pierres étaient le plus souvent polyzonicae,

saxo strato supra strato, de gneiss blanc et sombre


renne blanc dans sa fuite

aussi fluide que l'eau des rivières,

aussi proche et insaisissable que le but

du voyage,


pistes, sentiers perdus au milieu des pierres» .


gneiss blanc et sombre,


Avec Linné, Voyage en Laponie

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jeudi 11 février 2021

Poème Express n° 827

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mercredi 10 février 2021

Anthoveaulogie Dick Mauriac Pélieu

10

Philip K. Dick

L'invasion divine (1981)

Editions Denoël, Présence du futur n° 338, achevé d'imprimer en avril 1984


page 54

Un jour un veau qui allait être abattu courut chercher protection auprès d'un rabbin et posa sa tête entre les genoux de celui-ci.

page 158

Et tu t'échapperas comme le veau libéré de l'étable.

11

Claude Mauriac

L'éternité parfois (1977)

Editions Pierre Belfond, achevé d'imprimer le 6 janvier 1978


page 11

Il suffisait, me dit-il, que j'accroche un foie de veau dans ma cheminée.


12

Claude Pélieu

The cold summer of 1816 (spécial police)

in catalogue de l'exposition 23, I.C.B.M./Editions Cactus, 1er trimestre 1992


page 18

Sous une pluie tiède, seul, dans une ville coupée dans le vent d'atout... dans le mou de veau et la poussière postale débarquée du Saint Banana...

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mardi 9 février 2021

Anthoveaulogie Reyes Dick Acremant

7

Alina Reyes

Le Boucher (1988)

Editions du Seuil, Fiction & Cie, achevé d'imprimer en juillet 1988


page 12

Dans la vitrine, exposés comme autant d'objets précieux, les différents morceaux de porc, veau, bœuf, agneau excitaient l'envie de la clientèle.

page 28

Entre les rangées de carcasses suspendues de mouton et de veau, la bouchère s'était agrippée des deux mains à deux gros crochets de fer au-dessus d'elle, comme on le fait dans le métro ou dans le bus pour garder l'équilibre.


8

Philip K. Dick

Siva (1980)

Editions Denoël, Présence du futur n° 317, achevé d'imprimer en décembre 1986


page 133

"Pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera, portant la guérison dans ses rayons. Vous sortirez et vous gambaderez comme des veaux à l'engrais1."

1. Malachie, III, 20 (N.d.T.).


9

Germaine Acremant

Ces dames au chapeau vert (1922)

Librairie Plon, 16ème édition, 1922


page 70

Je réponds : "Du veau" et je continue :
Et nul ne se connaît lorsqu'il n'a point souffert...

page 240

- J'ai une tête de veau avec une sauce vinaigrette et du beurre noir, un bon gigot aux haricots, du jambon avec de la salade et le dessert...

page 241

L'attention générale se porte alors sur Ernestine, qui présente à M. le Grand Doyen un plat sur lequel sont disposés, entre des bouquets de persil, la langue, la joue, les narines piquées, de la tête de veau.

page 242

- J'aime beaucoup la tête de veau.


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lundi 8 février 2021

Poème express n° 826

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vendredi 5 février 2021

CYCLE DU BASILIC (II) par Laurent Margantin

 WALDSHUT


Descendre des montagnes froides de la Forêt-Noire pour,
un jour d'avril, marcher au bord du Rhin


à l'entrée de la ville
un pont haut au-dessus d'une rivière coulant à flanc de colline


- y aurait-il encore pour l'homme une possible fierté d'être homme
au-delà des identités, des nationalités, des définitions établies ?


se demande en son for intérieur un passant, autres visages,

foule du samedi aux terrasses balayées par un vent glacial


plutôt rêver d'un bestiaire, oubliant les hommes
(de l'autre côté du Rhin
l'immense cheminée d'une centrale nucléaire)


dans la lumière froide (qu'appelle-t-on exactement l'avrillée ?)


leçons apprises, immense fleuve du présent


s'éveiller
à cela, tendant vers une autre rive
(mais pas pour une contemplation)


panneau Rhein-Promenade


vers l'aval le Rhin continue vers Bâle
(long survol des eaux par un cygne),


assis à un café nous reprenons toi et
moi le récit de la découverte


tout au fond la rivière et sur les versants
de hauts et vieux arbres arrivaient jusqu'à la hauteur du pont
ou bien
bâtiments vus de derrière dans une rue parallèle avec des balcons de bois
peints en blanc


(mais fierté, est-ce le mot ? du moins chaque jour
bonheur du travail accompli d'être homme)


je lis cette phrase d'un livre
qui capte mon attention :


le langage ne commence qu'avec le dialogue
entre Adam et Eve


église Liebfrauen au style baroque à l'intérieur assez froid
devant laquelle est stationné un carrosse


ou bien encore :
nous sommes arrivés à la porte de la ville en passant sur un pont
avec un martyr et la Vierge de chaque côté


nous reprenons le récit de la découverte, l'eau du Rhin
partie vers l'ouest et très large, les premières fleurs aux arbres


ar vey qu em
vengut alsjorns loncs


«je vois que nous en sommes venus aux jours longs »


quelques paroles lancées dans la fraîcheur d'avril,
oubliant presque ce temps.

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jeudi 4 février 2021

Poème express n° 825


 
Tippi Hedren et "Les Oiseaux"
(pour accompagner le commentaire de
Piero Cohen-Hadria)

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