samedi 30 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (48)

II n'y a pas de loi, mais des révolutions et des rotations. C'est au matin que l'on a suffisamment avancé d'hier, que l'on a suffisamment reculé. C'est au matin que l'on apprécie et le jour, et le jour. C'est au petit matin que les grandes décisions sont prises. Mais il n'y a pas de loi, il y a des rotations et des révolutions.

C'est le matin que l'on grandit.
Cédric Bernard


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mardi 26 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (47)


Il a jeté
l'éponge
sur la page
et le mot
éphémère
l'encre
s'est fait
mer
Cédric Bernard

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samedi 23 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (46)


Il claque un peu de repos entre les pages ouvertes d'un livre. De la poussière de mots soulevés, une poésie prend vie tant qu'il est mort au temps qui persiste encore.
Cédric Bernard

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mardi 19 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (45)


Du avec et du sans, des jours avec le sans. Dès l'instant où c'est pour, du moment où c'est près. Rester prêt, prêt à. Positionnement post-verbal. Effectif. S'en savoir se situer. Si tu es ou pas. D'accord. Sans savoir. Rester auprès. Non pas rester, être. Être près. Je t'aime.

Cédric Bernard

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samedi 16 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (44)


Nicotine, caféine, bave aux canines, rétine féminine, bobine enfantine sont dans l'ordre les toxines de sa médecine.
Cédric Bernard

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mardi 12 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (43)


Sous la tonnelle, parée d'éperdus diadèmes et de voiles dentelées, pas un souffle fors celui du café noir fumant sa blonde. Sous la tonnelle, les criminelles profitent encore de la pénombre, et du meurtre. L'air est frais de l'orage passé. A l'est, le soleil est encore emmitouflé sous l'épaisse couette opaque que la nuit rend encore violette, alors que les paupières sur les yeux brûlent déjà le jour. Ce matin, il a grillé le soleil, il a la même odeur qu'elle au réveil.

Cédric Bernard

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samedi 9 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (42)


La lumière ne tombe pas que du ciel
elle sort aussi du sol
elle perce la terre et l'œil
Cédric Bernard

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mardi 5 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (41)


On l'a vu s'allonger là de son long au vallon, le jour
se confondre les bras dans ceux du coton, le jour.
Cédric Bernard

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samedi 2 avril 2016

C’est le matin que l’on grandit (40)


Là, la ligne a vieilli. Elle s'est éprise de ridules, et le passant n'y voit que le bois. La ligne à l'endroit a pris la courbe de l'horloge, encollée à la gueule. Les yeux qui penchent, qui grattent du doigt la matière. Et l'ignorance. Ça se croise. Rien à faire du miroir poli. Là, c'est sa gueule qui sourcille.
Cédric Bernard

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mardi 29 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (39)


Il pense souvent à ces instants. Ceux où tout bascule. Le passage d'un instant à un autre, irrémédiable. Ce passage d'où il n'est plus possible de revenir en arrière. Il invoque un déchirement, entre le corps, l'intérieur et le temps. La charnière entre deux points, fugace et marquée, grinçante, à peine huilée. Il pense souvent à ces instants, puis, après d'autres, peut se dire, se dit, c'est bien.
Cédric Bernard

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samedi 26 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (38)


D'abord entre la première tasse de baiser et les premières lèvres de café, le jour s'augure sur l'aurore rosé de tes joues. Tout est lumière aujourd'hui.
Cédric Bernard

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mardi 22 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (37)


Pas ce matin, plus aujourd'hui, moins que demain. Le réveil s'est fait les mains pleines, le corps débordant, le cœur dévorant. Plus ce matin. Il n'y a pas de journée à écrire, il n'y a pas de scénario à élaborer, car pas de représentation jouer. Le réveil s'est fait avec la sensation de sa toute puissance, ceinte dans la circonvolution de ses bras. Il n' y a pas de croche, messe, de messe basse. Pas d'approche, de jeu, de jeu de rôle. Il n'y a rien à jouer. Oublier le programme, la programmation, les mains sont pleines. Ça déborde, s'écarter. Ça borde très bien ses propres contours, s'accorde très bien. Il s'écartèle au soleil, ça déborde.
Cédric Bernard

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samedi 19 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (36)


La route,
c'est une accommodation du jour
à l'obscurité.
Cédric Bernard


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mardi 15 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (35)

Sur              la semelle                qui craquelle,
il va sur la terre fendue jusqu'où se rejoignent les plaies.
Cédric Bernard


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samedi 12 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (34)


À l'arrivée, il ne sait plus
trop
s'il a emprunté la
route
pour traverser la France
ou
si c'est la route qui l'a
traversé
reste
                                                                        un crâne
                                                                        renversé
sur le
bord...
Cédric Bernard


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mardi 8 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (33)


Plutôt que de s'arrêter à l'écran de son intérieur, il décide d'aller piétiner un peu de lumière, histoire d'éclairer un peu l'obscurité de ses pas.
Cédric Bernard

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samedi 5 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (32)


La feuille morte au bout du doigt, la goutte pleine au bout du toit, le chat au bord du dossier, le chant du merle sur la pluie
le fil à linge remis au piquet, le bouddha à la goutte au nez, l'escalator de la fumée du clope, la cendre qui n'arrête pas de voler. Entre midi et deux, le temps oublie de passer, derrière les rideaux du théâtre d'eau.
Cédric Bernard

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mardi 1 mars 2016

C’est le matin que l’on grandit (31)


Le petit matin, grivois malgré lui, aperçoit les fesses des nues rosies par la fraîche, surprises par le jour qui allume la lumière si tôt et par la couverture lascivement glissée. Il ne détourne pas le regard, et tend les paumes.
 Cédric Bernard

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samedi 27 février 2016

C’est le matin que l’on grandit (30)


On ne peut tourner une page
sans y laisser une trace du gras du doigt
sans y laisser un peu d'encre en soi
Cédric Bernard

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mardi 23 février 2016

C’est le matin que l’on grandit (29)

Des robinets fuient et agacent les lavabos des toitures un peu comme le sommeil pour celui qui n'a pas besoin de se clarifier, mais juste de sombrer.
Cédric Bernard

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