9.6.08

Silo (49) Nicolas Bokov

Le soleil repousse toujours plus loin l’horizon. On voit apparaître des bâtisses d’exploitation – les fruits (non ! les résultats) d’autres mouvements de l’âme et des mains. Le silo à grains. Le château d’eau. Et même des pyramides aux dimensions égyptiennes : de grands tas noirs coniques, les terrils de mines désaffectées. p 30
Nicolas Bokov, Trois regards sur la plaine, in Les annales de la Villa Mont-Noir, 2002-2003.

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16.4.08

Silo (48) Ernst Jünger

Ernst Jünger, Orages d’acier, Journal de guerre, Plon 1960.
Mais là aussi, les points noirs ne manquaient pas : c’étaient les légumes desséchés, auxquels des gourmets déçus avaient donné le nom injurieux de «abarbelés en conserve » ou de « raclures de silo ». p ?

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26.3.08

Silo (47) Haruki Murakami

"- Tu remontes la rivière par le chemin du côté sud. Au bout d'une demi-heure de marche à peu près, tu verras un vieux silo à grain sur ta droite. Un truc qui n'a plus de toit ni de porte. Tu tournes à droite au coin de ce silo, et tu suis le chemin un moment. " p. 323
Haruki Murakami, La fin des temps, Points, 2001.
(communiqué par Célionne)

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7.2.08

Silo (45) Sam Shepard

Sam Shepard, Motel Chronicles, Christian Bourgois, 1985
Il gara le camion sur les accotements mous de la Route n° 5, passa en rampant sous une clôture de barbelés et se dirigea vers les Silos Harris. p 128

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28.12.07

Silo (45) Thomas McGuane

Passé Confederate Gulch, ils tirèrent un bord en direction du vieux silo à grains en brique sur la rive ouest du lac, puis se dirigèrent à nouveau plein est vers le grand coude au nord du village de Winston, le côté sous le vent luttant contre la houle et la proue se soulevant et s’enfonçant dans l’eau, en un mouvement inexorable et fascinant. p 61
Evelyn dépassa le silo à céréales et s’arrêta devant le vieil hangar à laine afin d’aller au magasin d’alimentation pour animaux. p 71
Thomas McGuane, A la cadence de l’herbe, éditions Christian Bourgois, 2004.

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25.9.07

Silo (44) Jack Kerouac



Voilà, on n'en a pas parlé ici mais les habitué(e)s du Silo sont au courant. C'était dimanche, le 23 septembre 2007, le cinquantième anniversaire de la publication de "On The Road" .


Nous profitons de ce rapprochement dans le temps pour publier deux "silos" dénichés par notre ami "De Spookrijder" dans l'anthologie "The Beats" établie par Seymour Krim, "Gold Medal Books", Fawcett Publications Inc., Greenwich, Conn. (1963, 2nd printing").


Ces deux "silos" sont de Jack Kerouac dans "Visions of Cody" dont trois extraits apparaissent dans "The Beats". Nous donnons ci-dessous ces passages tels qu'ils figurent dans l"édition française "Visions de Cody", traduite par Brice Matthieussent et publiée par Christian Bourgois en 1990. A noter que le premier passage a été considérablement amplifié par Kerouac et diffère profondément de la version publiée par Seymour Krim.




"NOW GIRLS. The house was located on the Union Pacific railroad track under a watertank at the corner of a bunch of desolate looking buildings including one spare (the Anglo North and its fool Norwegians have captured Moby Dick! captured him a hundred years after!) vertical board church and a huge heavengoing creamy white silo with the name of the junction on it, a desolate place not even fit for a brakeman's piss when the train's stopped and watering, re-coaling, tanks, coal chutes." pages 35-36




“IN PUEBLO COLORADO in the middle of the winter Cody sat in a lunchcart at three o'clock in the morning in the middle of the poor unhappy thing it is to be wanted by the police in America or at last in the night (slapping dime down on counter like killing a fly with hand) - America, the word, the sound is the sound of my unhappiness, the pronunciation of my beat and stupid grief - my happiness has no such name as America, it has a more personal smaller more tittering secret name - America is being wanted by the police, pursued across Kentucky and Ohio, sleeping with the stockyard rats and howling tin shingles of gloomy hideaway silos, is the picture of an axe in True Detective Magazine, is the impersonal nighttime at crossings and junctions where everybody looks both ways, four ways, nobody cares - America is where you're not even allowed to cry for yourself - It's where Greeks try hard to be accepted and sometimes they're Maltese or from Cyprus - America is what laid on Cody Pomeray's soul the onus and the stigma - that in the form of a big plainclothesman beat the shit out of him in backroom till he talked about something which isn't even important any more - America (TEENAGE DOPE SEX CAR RING!!) is also the red neon and the thighs in the cheap hotel - It's where at night the staggering drunks began to to appear like coakroaches when the bars close - It's where people, people, people are weeping and chewing their lips in bars as well as lone beds and masturbating in a million ways in every hiding hole you can find in the dark - It has evil roads behind gastanks where murderous dogs snarl from behind wire fences and cruisers suddenly leap out like getaway cars but from a crime more secret, more baneful than words can tell - It is where Cody Pomeray learned that people aren't good, they want to be bad - where he learned they want to cringe and beat, and snarl is the name of their lovemaking - America made bones of a young boy's face and took dark paints and made hollow around his eyes, and made his cheeks sink in pallid paste and grew furrows on a marble front and transformed the eager wishfulness into the thicklipped silent wisdom of saying nothing, not even to yourself in the middle of the goddam night - the click of coffee saucers in the poor poor night - someone's gurgling work at a lunchcart dishpan (in bleakhowl Colorado voids for nothing) Ah and nobody cares but the heart in the middle of US that will reappear when the salesmen all die... (The Beats, p. 40-41)


Photo: Cody Pomeray (Neal Cassady)


« ILS APPROCHÈRENT DE LA MAISON où les filles les attendaient à neuf heures pile. Cette bâtisse se trouvait presque sous le réservoir d'eau de la voie de la U.P. qui passait juste devant avant de s'éloigner de cette bouillasse qui évoque la décoction d'une palette d'artiste-peintre après une brève averse, ces coloris sombres utilisés par les peintres pour figurer la nuit, les forces lugubres et peut-être maléfiques - il venait de pleu­voir quand les garçons arrivèrent et que Cody coupa le contact dans une espèce d'allée recouverte de la morve sombre des che­mins de fer. Une lune capricieuse, voilà tout ce qui restait de la glorieuse lueur du jour (les éclats de lumière dans la salle de billard, les couleurs pourpres du fœtus, le ciel gris acier) et maintenant personne n'y voyait goutte, hormis la silhouette de la maison, quelques lumières brunes aux fenêtres, et le globe suspendu d'un lampadaire, de l'autre côté non pas de la rue, mais d'une vaste place en terre battue qui était peut-être un croisement, un terrain de football, une esplanade, car à son extrémité opposée se dressait une vieille église en bois à peine visible, aux planches verticales et aux avant-toits prétentieux et dans ce paysage lunaire on devinait au-delà un immense et délirant silo à blé recouvert d'une peinture aluminium qui scintillait comme un ver luisant de juin dans les ténèbres des plaines qui s'étendaient apparemment derrière lui, mais en réalité entouraient tout ce dont je viens de parler - la maison, l'esplanade, le réservoir d'eau, les voies ferrées, le lampadaire ainsi que le vague pressentiment d'un hameau au-delà du lam­padaire de la route - en un carrousel espacé et brumeux de che­vaux sauvages issus de la nuit noire, si proches les uns des autres qu'on apercevait seulement entre eux le paysage qu'ils masquaient lorsqu'une lumière brillait au loin, la lueur d'un aiguillage, un réverbère, une tour de contrôle d'aéroport dans le comté voisin, ou encore le scintillement du sommet d'une antenne dans une station de radio de Cheyenne ou d'ailleurs. » pp 119 & 120




« A PUEBLO, COLORADO, en plein hiver, Cody était assis dans une gargote à trois heures du matin, en proie à tous les tracas misérables du gars qui est recherché par la police en Amérique ou en tout cas dans la nuit (claquant une pièce sur le zinc comme on tue une mouche avec la main) - Amérique, ce nom, ce son est celui de mon malheur, l'expression de ma pauvre douleur stupide - mon bonheur ne s'appelle pas Amérique il porte un nom secret plus intime, plus court et plus espiègle - l'Amérique, c'est d'être traqué par la police, poursuivi à travers le Kentucky et l'Ohio, c'est dormir avec les rats des parcs à bestiaux, caché sous les silos lugubres aux toits de tôle hurlante, c'est la photo d'une hache dans True Detective Magazine, c'est la nuit impersonnelle aux croisements et aux embranchements où chacun regarde des deux côtés, des quatre côtés même, tout le monde s'en fout - l'Amérique, c'est l'endroit où l'on n'a même pas le droit de pleurer sur son sort - L'endroit où les Grecs font l'impossible pour se faire accepter, même que par­fois ce sont des Maltais ou des Chypriotes - l'Amérique, c'est ce qui a marqué l'âme de Cody Pomeray de soucis et de stigmates - le gros flic en civil qui l'a tabassé à mort dans une arrière-salle jusqu'à ce qu'il avoue quelque chose qui n'a même plus d'importance aujourd'hui - l'Amérique (BANDE JEUNES CAME SEXE AUTO ! !) c'est aussi le néon rouge et les cuisses dans le motel minable - C'est là où le soir, à la fermeture des bars, les ivrognes titubants sortent comme des cafards - Le pays où des foules de gens pleurent et se mordent les lèvres dans les bars ou les lits solitaires et se masturbent de mille façons dans toutes les tanières qu'on peut trouver dans la nuit - Elle possède des routes diaboliques derrière des réservoirs à essence où des chiens meurtriers montrent les crocs à travers les grillages, où des voitures de patrouille bondissent brusquement comme pour fuir un forfait plus secret et fatal que les mots ne sauraient dire - C'est là que Cody Pomeray a appris que les hommes ne sont pas bons, qu'ils désirent le mal - où il a appris qu'ils veulent ramper et se battre, et que leur amour se résume à des grognements - l'Amérique a transformé un visage de jeune homme en masque osseux, lui creusant les orbites à grands coups de pinceau noir, lui enfonçant les joues sous un fard blême, burinant son front de marbre et troquant l'enthousiasme et l'espoir contre la sagesse silencieuse de l'homme aux lèvres épaisses qui ne disent rien, pas même à toi au milieu de cette fichue nuit - cliquettement de soucoupes à café dans la pauvre pauvre nuit - Quelqu'un fait la vaisselle parmi un gargouillis de boui-boui (dans le hurlement vain et le vide lugubre du Colorado) - Ah tout le monde s'en fout sauf le cœur dissimulé au beau milieu des Etats-Unis, qui réapparaîtra après la mort du dernier représentant de commerce. » pp 144 & 145



Jack Kerouac, Visions de Cody, 10/18 n° 2804, 1997.

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31.8.07

Silo (43) Chuck Palahniuk

Elle est blottie autour des silos d’Union Grain, alignés le long du chemin de fer de la Burlington Northern. p 67
Les voies ferrées relient les grands silos des villes agricoles comme Lind, Odessa, Kahlotus, Ritzville et Wilbur. p 68

Chuck Palahniuk, Le festival de la couille et autres histoires vraies, Denoël & d’ailleurs, avril 2005.

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9.7.07

Silo (42) Joseph Delteil

Chaque tranchée est un sillon, et chaque sape un silo. p 93
Joseph Delteil, Les poilus, Les Cahiers rouges, Grasset, 1987.

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13.6.07

Silo (41) Tristan Egolf

Les wagons étaient reculés sous les silos à maïs, immobilisés, chargés, puis réexpédiés. p 233
Nous remplacions le balai de la femme de Pineridge par une clé à molette, la femme elle-même par divers conducteurs de machines et trolls des quartiers est, le pavillon par des silos à céréales et des entrepôts, etc. p 342

Tristan Egolf, Le seigneur des porcheries (Le temps venu de tuer le veau gras et d’armer les justes), Folio Gallimard n° 3422, janvier 2006.

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17.5.07

Silo (40) James Lee Burke

Un gamin aux cheveux longs, vêtu d’une veste en treillis avec une plume qui pendouillait à sa boucle d’oreille, se leva à son tour et fit un long discours confus sur les Indiens d’Amérique, le pouvoir du vent et les silos à missiles à l’est de la ligne de partage des eaux des Rocheuses. p 176

James Lee Burke, Bitterroot, Rivages thriller, 2007.

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23.3.07

Silo (39) Christopher Cook

Il les avait suivis un moment par curiosité, écoutant le professeur décrire les vers marins qui vivaient sous la plage, fabriquant leurs tubes, les crevettes d’eau douce dans les silos souterrains, les mollusques sécréteurs de mucus et les étranges escargots qui sucent le jus des clovisses. p 166

Christopher Cook, Voleurs, Rivages thriller, 2002.

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28.2.07

Silo (38) Chuck Palahniuk

Bien sûr, beaucoup firent pression pour qu’on atomise les récalcitrants – mais balancer une bombe sur chaque petite île du Pacifique Sud où végétaient des tribus vida tous nos silos de missiles. p 524

Chuck Palahniuk, A l’estomac, Denoel & d’ailleurs, 2006..

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27.11.06

Silo (37) Alexandre Ikonnikov

L’été dernier, au village de Poukovo, avaient été subtilisées les plaques de tôle qui protégeaient le toit du silo à grains du kolkhoze « La Voie léniniste ». p 138 & 139
Raconte plutôt au camarade lieutenant quelle force divine ou diabolique a transporté des plaques de tôle de mon silo à ton église. p 142
Alexandre Ikonnikov, Dernières nouvelles du bourbier, Editions de l’Olivier, Points Seuil n° 1250.

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16.11.06

Silo (36) Chuck Palahniuk

- L’explosion libère une balle de métal par l’extrémité libre de la cartouche, et le canon de l’arme focalise la poudre explosive et la balle-fusée, a dit Tyler, comme un homme au sortir d’un canon, comme un missile au sortir d’un silo, comme votre foutre, dans une direction donnée. p.174

Chuck Palahniuk, Fight Club, Folio SF n° 95, 2004

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11.10.06

Silo (35) John Sanford

Une femme en peignoir leur apprit que Chuck Hill travaillait au silo à grains et que Diane allait toujours faire ses courses en fin de matinée. p. 210

John Sanford, Une proie mortelle, Belfond, nuits noires, 2005.

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21.9.06

Silo (34) Maurice G. Dantec

Quelques silos à grains dressent leurs tubercules métalliques dans le lointain, en suspens comme des zeppelins gazeux maintenus à la verticale par une gravité invertie. p 49
Maurice G. Dantec, Cosmos Incorporated, Albin Michel, 2005.

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31.8.06

Silo (33) James Ellroy

Je remarquai une échelle à incendie boulonnée sur le silo à grains de l’autre côté de la rue.
James Ellroy, Dick Contino’s Blues, Rivages/Noir, 1996, p. 140.

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18.8.06

Silo (32) Dennis Lehane

Nous sommes à la campagne, au sud du Massachusetts mais au nord de la ligne Mason-Dixon -dans le Delaware, peut-être, ou le sud du New Jersey -, et des silos à carreaux rouges et blancs émergent au loin des champs labourés que la neige tombée la semaine précédente a recouverts d'une couche gris clair rappelant le papier journal. Il n'y a rien alentour à part les champs et les silos à l'horizon, une éolienne pétrifiée et silencieuse, des kilomètres de câble téléphonique scintillant de givre.
[ ...]
Derrière le silo le plus éloigné, un filet de fumée sombre s'élève d'une cheminée.

Dennis Lehane, Prières pour la pluie, Rivages thriller, 2004, p. 11.

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2.8.06

Silo (31) Philippe Billé

J'aime bien l'ambiance champêtre de cette revue, mais je crois que les Rustica d'antan, que je lisais chez une aïeule, me paraissaient plus attirants ; quelques signes manifestes de crétinisme affligent cette publication : présence d'un horoscope ("Suivez votre feeling pour vos affaires sentimentales"), coin des poètes, comics idiot en page de garde. Rien de bien excitant dans ce numéro, sauf une bonne fiche sur la potentille arbustive, et le truc d'un lecteur, qui confectionne des silos à compost avec des palettes en bois.

Philippe Billé, Notes de lecture, Lettre documentaire Xcvii, Bordeaux, novembre 1994.

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24.7.06

Silo (30) Tim Dorsey

- Mais écoutez donc ce que vous dit le monsieur ! insistait Zargoza. Il avait raison quand il parlait de cet endroit, non ? Il tient bon ! Un vrai silo de missile ! On ne l’entend même pas craquer. p. 251
Tim Dorsey, Hammerhead Ranch Motel, Rivages/Thriller, 2003

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