jeudi 26 mars 2015

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 47


Après plusieurs jours sans voir
personne, il se demandait
s’il existait vraiment.
Il continuait de vivre comme si la question ne se posait pas,
déplaçant son corps dans les différentes pièces
et c’était rassurant de heurter un meuble
ou de faire tomber un objet.
Prendre un bain pendant plusieurs heures
lui faisait également du bien.
Il n’était peut-être qu’un personnage
coincé dans un texte stupide.



Ainsi s'achève la parution de "La fatigue des sens". Merci à celles et ceux qui ont lu au fil de la semaine ces vignettes douces-amères. Nous remercions également Hélène Leflaive de nous avoir confié son ouvrage et nous espérons pour elle l'attention d'un éditeur.

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posted by Lucien Suel at 07:25 4 comments

jeudi 19 mars 2015

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 46


Les autres étaient beaucoup
moins intelligents que lui
C’était facile de les contredire.
Leurs arguments étaient prévisibles et peu subtils.
Aussi, il ne se donnait pas toujours la peine de parler.
Il suffisait d’attendre qu’ils se ridiculisent tout seuls.
Le silence qui entourait sa présence
prouvait sa supériorité.


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posted by Lucien Suel at 07:16 0 comments

jeudi 12 mars 2015

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 45


Le nombre supportable de
visages connus était dépassé
Elle avait en tête trop de noms et de détails associés :
âge, lieu de résidence, profession,
occasion de la première rencontre, discussion éventuelle
et polémique abordée, addiction et consommation
régulière, nature de la progéniture...
Il était temps de mettre fin à cette croissance ;
elle éviterait de regarder les gens en face
et cesserait de chercher à les reconnaître.
Le port d’un masque pouvait être
une solution complémentaire.

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posted by Lucien Suel at 06:30 0 comments

jeudi 5 mars 2015

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 44


Il avait peur que personne ne
vienne à son anniversaire.
Il s’imaginait tout seul
devant le punch, le gâteau et les tartes salées.
Vers minuit, il commencerait à décrocher les guirlandes,
puis il rangerait les meubles
déplacés pour faire une piste de danse.
Finalement ce serait mieux que personne ne vienne,
plutôt que d’avoir à subir
l’humiliation d’une fête ratée devant quelques invités.
La perspective d’un moment heureux et convivial
était source d’angoisse.

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posted by Lucien Suel at 07:28 2 comments

jeudi 26 février 2015

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 43

Tous ses collègues étaient
des lèche-culs.
Ils ne manquaient jamais une occasion
de flatter leur supérieur.
Les sujets embarrassants et les motifs de révolte
étaient absents de leurs conversations.
Ils ne cherchaient pas
à améliorer leurs conditions de travail
ou à diminuer les inégalités entre eux.
Comment mettre fin à ce système hypocrite ?
Fallait-il fermer la boîte du jour au lendemain
ou les virer un par un ?

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posted by Lucien Suel at 07:22 2 comments