lundi 3 août 2015

Collage de Claude Pélieu (51)

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vendredi 31 juillet 2015

Niveau Huit par Mimosa (13)



chaque homme est un triangle
les bras les jambes le monde
qui l’entoure et qui remplit
l’intérieur de sa peau ronde

Ainsi se conclut "Niveau Huit", une série en vers justifiés proposée par Mimosa.
Ne manquez pas de visiter le blog de Mimosa.

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posted by Lucien Suel at 08:53 0 comments

mercredi 29 juillet 2015

L'atelier d'écriture de Sabine Huynh (2/3)



Fragments composés à partir de "Théorie des orages" dans le cadre d'un atelier d'écriture animé en février 2015 par Sabine Huynh

Je vous salue,
Marie pleine de grâce.
Paix sur vous, terriens patibulaires
Je vous salue au nom de celui,
qui, assis
invisible trace d'une main la carte du monde et perfore la mémoire stockée des ères glaciaires.
De la cave aux parois lézardées, les poussières stellaires remontent le temps,
dans tous les souvenirs,
un reflet du réel.
La porte grince.
Elle s'ouvre sur l'assemblée,
priant, les yeux levés vers ce qui figure le ciel.
Les hommes prient pour la Cause,
la cause des damnés de l'univers.
Des hommes, des êtres au cerveau biffé.
Caviarder la chair et il n'en restera que des lambeaux,
bons à jeter aux prédateurs en période de sécheresse 
Les cris montent des murs lézardés mais les étoiles sont loin.
Qui répondra du mal ?
Pourquoi sommes-nous nés ?
L'amour comme une comète est une pensée née de la poussière.
Comme elle l'amour fustige laissant derrière lui une trainée à portée de nos doigts.
Celui qui est assis,
invisible,
a des yeux pour voir mais pas d'oreilles pour entendre.
Dieu créa l'homme à son image, l'homme créa Dieu à son reflet.
(Jacqueline Béhar)

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lundi 27 juillet 2015

Collage de Claude Pélieu (50)

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jeudi 2 juillet 2015

Niveau Huit par Mimosa (12)



tout a commencé comme ça
le tourne-disque chauffe
de plus en plus avant la
panne totale mon frère a
donc retiré le machin en
caoutchouc qui ressemble
à une crêpe à une chiffe
molle le plateau en tôle
émaillée est lisse comme
une assiette de régiment
ensuite on peut le tirer
ce plateau et en dessous
dans l’espèce de cuvette
toute chaude se trouvait
une coccinelle minuscule
elle avait tout détraqué

on peut écouter une pile
de dix disques quarante-
cinq tours sans se lever
pour les changer on peut
aussi rester debout pour
danser ou faire le singe
grâce à un mécanisme qui
aspire le disque suivant
par le centre du plateau
comme l’œil d’un ouragan

les deux gus portent des
chemisettes jaunes aussi
des cravates de cuir par
dessus le chef porte des
lunettes à large monture
par conséquent c’est lui
qui s’occupe des aspects
statistiques deux filles
aux bouclettes remontées
en galurin enrobées dans
des paillettes de 45 des
médailles de l’armistice
se dandinent dessous les
spots à chenillard elles
ponctuent les bip bip de
virgules suaves avec des
parenthèses dessinées en
forme d’accroche-cœurs à
soldat convalescent ceci
est un onguent qui frôle
la décence depuis dedans

le destin de Kimmy Jones
n’est pas puisé dans les
mêmes barriques la Kimmy
Jones est un portrait de
femme fatalisée avec des

cheveux comme du foin et
la voix qui revient d’un
puits de charbon la robe
comme du papier doré qui
ne sert pas à évoquer la
crotte de la blague mais
qui protège la cicatrice
dessinée par les à-coups
d’un fil émoussé la lame
qui dessine le sillon d’
une ligne de vie secouée
bégayante qui s’enracine
sur des pattes de poulet
déplumées mais il s’agit
pourtant bien de torpeur
d’un feu que le souvenir
associe à l’escale d’une
heure un parking l’odeur
mélangée du diésel et de
la rosée à la périphérie
d’une ville inimaginable

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posted by Lucien Suel at 07:19 1 comments

mercredi 1 juillet 2015

L'atelier d'écriture de Sabine Huynh (1/3)



Fragments composés à partir de "Théorie des orages" dans le cadre d'un atelier d'écriture animé en février 2015 par Sabine Huynh

La pensée née de la lumière rit à la nuit.
Pas étonnant, c’est la chanteuse de blues, esclave des cascades vitales qui trempe dans l’eau tous les souvenirs comme un reflet de la ferme réalité et de ses divagations.
Le long du métal hurlant, l’étranger est tombé sur le pare-brise gluant d’un camion. Se détend les poings et salue les terriens.
Lancé sur la courbure trépignante de l’espace temps, il enregistre à l’insu de tous le contour multiple des forces désorganisées de cette planète. Regarde autour de lui un déversoir d’images à éplucher .
À la recherche de la carte de ce monde étrange, il frotte contre toutes les aspérités d’un savoir de gratte-papier, une ébauche de l’alphabet des astres.
Le cristal de sa conscience aspire la musique de blues perçue lors du passage sonore essuyé lors de son atterrissage.
La musique l’atteint  encore par un ensemble de paramètres étrangers à son recyclage de connaissances pourtant abouties noir sur blanc.
Retrouver la source de cette musique pourtant surcharge banale strictement interdite du goût divinatoire de sa planète.
Comprend qu’il serait bon d’être sous la lumière du soleil depuis le premier jour, surtout du printemps, mais ça peut prendre plus de temps que prévu.
Ces ondes musicales, cri de l’étendu, sans doute aliment fantôme de ces êtres à deux jambes. Le flairer, le débusquer, en suspecter le code.
Aligner, synthétiser, analyser le dépôt des sons, matière première ni rare, ni précieuse mais difficile à démêler.
Porosité des sons organisés, malheureusement détournés par d’étranges et aveugles bruits nocifs, bio-technologiques qui mordent de part et d’autre un corps encore immesurablement mou.
Des voitures poussent des hurlements atroces, cris intenables, quelque chose de très décisif, déchirent ses aspérités. Rien ensuite.
Pas de mode convenu, seuls des claquements stridents, impudents, angulaires, strangulaires.
Ces pouilleux usurpateurs percent les circuits encore libres de ses réseaux internes, le menacent jusqu’à évanouissement complet.
Parfois l’odeur mobile de la musique hérissée de blues en foule lui revient.
Elle le caresse comme une source avide, comme quoi vivante et fraîche. Couleur d’espoir électrique de toute vraisemblance.
Manifestation d’une nécessité impérative, il lui faut retrouver les contractions brutales qui soufflent à angles de 90 degrés le volume du son.
Il retourne sur ses pas, assez content de rester invisible au regard éteint des terriens trop occupés à s’adresser à des êtres sur des bases solides.
Drôles d’animaux domestiques, drôles de phénomènes, pense-t-il fasciné un moment sans s’y complaire.
Ne peut encore se concentrer autour d’une idée fixe. Ce semble que non. L’air terrestre concentré passe difficilement à jamais dans ses branchies solaires.
Il manipule sa réception verbo-visuelle sous son casque, bientôt arrive dans un lieu obscur.
La lumière musicale croisée s’accroche, astuce de révélation dépouillée et cosmique, sans intermédiaire dans sa partie supérieure, s’abandonne pure et simple.
Immense et seul devant une bouche immense, espace-intro, cage ventrue précisément à l’inverse.
Se gave d’urgence d’un délice sans cause, nourriture jusqu’à étranglement dans ce temps, comme généralement.
De son côté, veut éclater de cette voix, sans même fusionner en étoile limite.
Ne la trouve prête. Hallucination stellaire pour lui tout seul ?
Se met en interdit. Impersonnifié autant qu’il s’en insépare.  En revient effeuillé.
Il s’approche des lèvres noires suçoir, en canon de révolver, orchidée qui ne pousse pas chez lui.
Se dénoue  lentement, se dilue, ruisselle, se répand aspiré à s’en couper le souffle, se heurte sourd tramé à en devenir palpable.
Attention. Risque de métamorphose incomplète qu’on ne sait pourquoi. Délivrance jointe à l’effarement.
Colette Leinman, 9.2.2015

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