jeudi 18 décembre 2014

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 34


En regardant le film, elle
prenait conscience qu’il existait
un monde différent
où il était beaucoup plus facile
de mourir.
Il y en avait même de toutes les sortes
avec des climats et des logiques particulières.
Leur point commun
était que la vie humaine y avait moins de poids.
Elle imaginait qu’elle aurait pu crever, elle aussi,
à cause d’un problème de voisinage, d’un vol de voiture
ou d’un pas de trop sur un chemin miné.
Elle se demandait ce qui faisait que l’on se retrouvait
dans des situations pareilles
et si l’argent était un moyen d’y échapper.


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posted by Lucien Suel at 07:22 2 comments

mercredi 17 décembre 2014

Ligatures littéraires



LIVRES
Je suis debout
« Soupes, sonnet », un extrait illustré sur le blog de Nana Marton.
« Extermination », poème associé avec d’autres extraits choisis dans la bibliothèque de L’Autre Hidalgo.
D’autres extraits de Je suis debout (et de Flacons, flasques, fioles, Journaljardin, La retraite de l’aumônier, Petite Ourse de la Pauvreté) à lire sur la page Lucien Suel créée par Cécile Guivarch sur le blog Terre à ciel.
Patismit
Sur le même blog, Terre à ciel, un extrait en picard du poème « Patismit », avec une traduction française d’Ivar Ch’Vavar.
Mort d’un jardinier
La page Wikipédia de Grete Kleppen, traductrice de Mort d’un jardinier en Norvège (nynorsk)
Flacons, flasques, fioles…
Les aventures de la limace à tête de chat
La patience de Mauricette

RÉSIDENCE
Dans La Voix du Nord, entretien avec Jennifer-Laure Djian à propos de Kerouac, de twittérature et de ma résidence de rencontres avec l’association Saint-Omer en toutes lettres.

POÈMES EXPRESS
Chez Zazie Mode d’emploi, Le poème express n°593 est une variation sur le texte « Livres futurs »de Marcel Bénabou
Les suites de mon atelier d’écriture lors du festival Pirouésie avec les poèmes express de Catherine Hèmery-Bernet sur le site Rue du Départ

PUBLICATIONS SUR LE WEB
« 807 signes », de la twittérature sur le site des 807, animé par Camille Philibert.
Dans le n°11 de la revue en ligne Frappa dirigée par A.C. Hello, deux extraits de « Sur la route » n°6 p31 et n°8 p65 et deux S(u)elfies « Young Suel » p33 et « Naked Suel » (4ème de couv)
Un montage réalisé par L’Autre Hidalgo à partir de plusieurs poèmes parus au Silo : 

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mardi 16 décembre 2014

VISIONS D'UN JARDIN ORDINAIRE 10/19



Table de jardin, deux tréteaux de bois, plateau à claire-voie, plateau bricolé avec des planches récupérées, planches de palettes vissées sur l’encadrement d’une porte d’étable, planches poncées, vernies. La pluie glisse dessus, goutte à travers le plateau. Perce-oreille ou cochon de saint Antoine, entre planche et traverse, il se cache, il se niche à l’abri du regard, mais dans l’odeur du crésyl, il doit un petit peu suffoquer. Sur la table, trois longues courgettes, trois grosses courgettes à rayures. La rayure verte, la rayure noire, le jaune de la table. Les trois longues grosses courgettes posées perpendiculairement aux planches, donc, ensemble, parallèles. Leur derrière porte la marque en rond, l’indélébile cicatrice, tatouage de la fécondation, stigmate desséché et gris. A l’autre extrémité, leur pédoncule se redresse comme un nez vibratile. Trois courgettes énigmatiques sous la pluie.

Photo Josiane Suel, texte Lucien Suel 
Traduction en néerlandais par Johan Everaers
Tuintafel, twee houten schragen, blad van latten, blad van oude planken gemaakt, van palets op het raamwerk van een staldeur geschroefd, geschuurde en geverniste planken. De regen glijdt er tussendoor, druppelt door het  blad. Oorworm oftewel platte zeug, tussen plank en dwarsligger, verstopt hij zich, maakt zich onzichtbaar, maar in de lucht van cresol zal hij toch wel bijna stikken. Op de tafel, drie lange courgettes, drie flinke gestreepte  courgettes. De groene strepen, de zwarte strepen, het  geel van de tafel. De drie lange flinke courgettes loodrecht  op de planken liggend, dus, samen, parallel. Op hun kont prijkt het ronde merkteken, de blijvende wond, tatouage van de bestuiving, het grijze ingedroogde litteken. Aan het  andere uiteinde steken ze hun steel uit als een snuffelende neus. Drie raadselachtige courgettes in de regen.

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lundi 15 décembre 2014

Collage de Claude Pélieu (21)

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samedi 13 décembre 2014

Il pleut ou il fait beau... (37)

Pluie ne tombe toujours pas, je relève col d'imper machinal :
pas d'encoignure de porche en intérieur pour allumer cigarette blonde.
Je me réfugie en interstice de rideaux de Tergal très moches,
cils me donnent un sursaut – fibres rêches effleurées et électricité statique –
joues bleuies par barbe agressive je ressaisis mon corps et espionne :
front de mer au-delà, digue pavée, plage en contrebas, aigre vent
soulève fine pellicule de sable qui tourbillonne au ras de chaussée,
écume de courtes vagues rageuses tremble et amène le regard troublé
à l'ouest où fumées des usines vont frapper la brume.
On s'emmerde derrière les masques, fenêtres en quadrilles, col rehaussé.
Soudain une femme promène son chien hydrofuge dans la rue déserte,
un rouleau au collier, ça fait cling-cling – j'ai l'oreille ;
quand le dong sonne c'est coton et assommoir sur oreiller –
et je me dis en tête que cylindre de métal renferme
et qu'après avoir dévissé sous encolure je vais pouvoir lire
des inscriptions qui participent du secret, et peut-être mot disparu lui-même.
Mais toujours pas de pluie : dehors est inabordable sauf en fenêtre.

à suivre...
« Il pleut ou il fait beau tout le temps au début », un feuilleton de St. Batsal(le pôle qu'elle nie)
ce texte n'est pas tiré d'un vrai fait divers, de même que toute ressemblance, y compris en URSS.

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vendredi 12 décembre 2014

Poème express n°540

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jeudi 11 décembre 2014

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 33


Elle se pliait en deux
et vomissait sur le sol du bus.
Elle aurait bien demandé à quelqu’un
de quoi s’essuyer la bouche
mais aucun des passagers
ne semblait prêter attention à elle.
Elle se laissa glisser par terre s’appuyant sur la porte.
Elle attendrait qu’on s’occupe d’elle.
Pour patienter, elle décrivit à voix haute
chacune des personnes qui l’entouraient
en s’attardant sur leurs défauts physiques
et sur des détails de leur tenue vestimentaire.

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mercredi 10 décembre 2014

Calais - poème bouture

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mardi 9 décembre 2014

VISIONS D'UN JARDIN ORDINAIRE 9/19



La capucine allonge le bras au-dessus de l’eau. Elle veut danser, danser avec sa sœur noire, dans le soleil. La nuit seule interrompt la danse, la danse de la capucine. Les ombres et les reflets se sont cachés dans la boue du bassin, noyés dans la vase avec les carpes et les tanches, celles qui dansent bouche ouverte, avec les vers. Quand le soleil brillera, la capucine aura grandi. Long bras, de nouveau allongé, ombre caresse à la surface de l’eau. La capucine vit un seul été, un seul amour, un seul été. Elle danse. Elle grandit. Elle embrasse toute la surface de l’eau. Elle touche son ombre. Elle touche le fond. Un jour, les tanches l’effleurent du dos et du museau. La capucine danse, danse encore avec les poissons. Elle danse, danse au fond de l’eau, jusqu’à ce que la glace, mais ce n’est plus un reflet, la glace la serre très fort, la glace lui coupe les bras, l’envoie rejoindre son ombre.

Photo Josiane Suel, texte Lucien Suel 
Traduction en néerlandais par Johan Everaers
Een uitloper van de Oost-Indische kers hangt boven het water. Hij wil dansen, dansen met z’n donkere zus, in de zon. Alleen de nacht onderbreekt de dans, de dans van de kers. De schaduwen en de weerschijn hebben zich teruggetrokken in de modder van de vijver, liggen verzonken in het slijk, met de karper en de zeelt die met open mond dansen, dansen met de wormen. Wanneer de  zon gaat schijnen groeit de kers. De lange weer uitgestrekte arm, de schaduw streelt het wateroppervlak. De kers kent maar één zomer, één liefde slechts, één  enkele zomer. Hij danst. Hij groeit. Hij omarmt het ganse wateroppervlak. Hij raakt z’n schaduw aan. Hij raakt de bodem. Op een dag beroert de zeelt hem met z’n mond en z’n rug. De kers danst, danst weer met de vissen. Hij danst, danst op de bodem, totdat het ijs, maar niet langer  is het weerschijn, totdat het ijs hem stevig vast pakt, het ijs z’n armen afsnijdt en hem met zijn schaduw herenigt.

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