lundi 19 mars 2012

La limace à tête de chat (35)

jeudi 15 mars 2012

LEOPARD

Sampling génétique lion-panthère,
Sur le pied de guerre,
Il enfile sa tenue.

Léopard

En manteau camouflage,
Aux armoiries d’Angleterre.

Il devient léopard de mer,

Bouffeur de manchots.

Il s’en va, il s’éloigne...

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mardi 13 mars 2012

Etincelles (Blanche et autres)

Quelques nouvelles lectures de "Blanche étincelle"
1 Lucien Suel ou l'art de la dépression saisonnière, un article de Vanessa Postec sur le site Les Influences.
2 Le billet de Sylire sur son blog La vie est un roman.
3 Pol-Jean Mervillon dans le Petit Quentin n°273 (colonne de gauche, page 12) réussit à évoquer mes œuvres romanesques complètes (jardinier, patience, étincelle).
4 Une légère réticence sur le blog Les fanas de livres, article signé Gambadou.
5 Et la merveilleuse Brigetoun (Brigitte Célerier) signe un billet émouvant, en lien avec sa vie, « Recroquevillée, un peu, mais Blanche étincelle... » sur son blog « Paumée ».

On peut aussi, pour se faire une idée, lire ou télécharger les 20 premières pages de Blanche étincelle sur le site ePagine.

La même Brigetoun publie sur un autre blog « Le relief des restes », un de mes poèmes originellement écrit pour la revue électronique de Pierre Ménard D'ici là n°2.
Sur son blog Grains d'encre, Jean-Pierre Sautreau a reproduit (exhumé) quelques souvenirs de mon enfance parus dans Canal Mémoire.
Christine Jeanney a utilisé une autre de mes photos (Ajaccio) pour écrire à sa façon une nouvelle Todolist sur son site Tentatives.

TOOG (Gilles Weinzaepflen) parle sur son blog de notre rencontre récente à Amiens à La Briqueterie pour une soirée autour de son film « La Poésie s'appelle reviens », soirée organisée par l'association Par les docs et la librairie Pages d'encre, à laquelle Ivar Ch'Vavar et moi avons participé.
A ce propos, on trouve sur un forum oulipien une discussion sur la contrainte rachidienne que j'avais employée pour écrire un hommage à Ivar Ch'Vavar (lu par ailleurs à la soirée de La Briqueterie)

Autres archives, de 1988 à 2012, celles de la galerie Galerij à Zierikzee (NL) dirigée par le mail-artist Ever Arts (Johan Everaers).

J'ai ajouté récemment un message « En attendant l'ouverture des portes de L'Albatros », sur le blog Carnet de voyage 2012 consacré à l'ouvrage à paraître en novembre pour les 20 ans de l'ENSSIB.

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lundi 12 mars 2012

La limace à tête de chat (34)

jeudi 8 mars 2012

La clef

serrure
du réel
ou clef
du rêve

options
choisir
une clé
à trois
lettres
ou bien
la clef
avec un
f comme
une clé

mystère
de clef
exemple
un trou
un seau
une clé

réponse
l'index
se lève
enfonce
le code
la clef
secrète
chiffre
clef du
pouvoir
déclics
claques
un clic
un clac
un clic
et clac
contact
au fond
du trou
le réel
la clef

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mercredi 7 mars 2012

ZEBRE

Le zèbre est un individu bizarre.
C’est un punk tatoué, crinière en brosse, zèbre iroquois.
Il renifle la ligne blanche avant de partir au galop dans la danse des neurones.
Il devient
zébracier, se roule et se frotte le poil sur les plaques de la cuisinière en fonte.
Il brûle sa vie, galopade insensée dans le ciel noir d’orage au milieu des éclairs jaunes et blancs.
Lucien Suel
(extrait de Zoographie)

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mardi 6 mars 2012

Kurt Witter 3ème saison

« KURT WITTER » est un roman expérimental. Chaque chapitre est constitué des dix blocs de texte (« tweets » de 140 signes) publiés au cours d'une semaine sur Twitter. Pour une lecture plus aisée, les blocs ont été regroupés en paragraphes « normaux ».
7 chapitres constituent une "saison".
Le roman terminé comprendra 28 chapitres, soit 280 tweets à suivre en direct pendant toute une année sur mon compte Twitter.
Première saison : été 2011
Deuxième saison : automne 2011
Troisième saison
hiver 2011-2012

I

Saut majeur, l'intégration de la Dream Machine à la sculpture permet aux explorateurs de patrouiller dans le temps du Merz. Un championnat de dadas a entériné la sélection des zones temporelles et des artefacts récupérables dans l'hémisphère Nord. De Zurich à Hanovre, Blanche Sélavie et Hugues Haubal collectent, numérisent cylindres, rouleaux et disques de phonographe. Scrutant les menus évènements de l'année 2023, an XI de l'ère nouvelle, Anna Bloom et Kurt Witter recherchent Costume Noir.

Georges Permeke-Spilliaert alias Han-Ri Mishoko, ouvrier agricole dans un élevage de rennes en Laponie ; il peint la neige. Blanc sur blanc, il entasse ses toiles dans un congélateur. Il crée des statues de neige, armée de fantômes sur la toundra. G.P.S. rêve parfois de ses vieux amis, croit les reconnaître dans une marine peinte par Schwitters sur une île norvégienne. Un quartet de bonhommes de neige monte la garde devant l'entrée de l'étable. On entend les rennes qui ruminent leur lichen.

La bulle temporelle dépose Blanche et Hugues, Spiegelgasse à Zurich, explorateurs invisibles aux yeux des passants de 1916. Anna et Kurt naviguent dans les données de l'Académie 23, traquant les occurrences de Turing Stephenson Gibson & Burroughs.

II

De son propre chef, Anna propose à Omer et Pénélope de l'accompagner dans une dérive originale. Ithaque-Troie aller-retour. Kurt n'apprécie guère l'initiative et laisse éclater sa colère. Il préfère que la découverte de l'effet Merz reste secrète. Le vif éclat de Kurt détruit les relations déjà distendues avec Omer et la tisseuse. Anna se sent très desperate housewife. Pour se dérider, elle décide de créer une ligne inédite de dadas en mâchant ensemble chewing-gums et Léonidas (autre Grec).

Ailleurs, outre-temps. Blanche se sent coupable. Malaise. L'ingratitude du groupe vis à vis de L'Impossible Naoko. Oubliée. En s'appropriant passé et avenir, le royaume des morts et le pays de ceux qui ne sont pas nés, ils abandonnent les vivants. Spiegelgasse, l'astropataphysicienne et son partenaire de translation avancent main dans la main, vers le Cabaret Voltaire.
De son (leur) côté, KurtAnnaWitterBloom a (ont) localisé la signature numérique de Costume Noir dans une database orbitale. Pendant l'interfaçage au serveur de l'Irréalité, les sbires du Bureau de Salubrité Mentale cognent à la porte de la maison. Ils sont toujours à la recherche de G.P.S. Anna se déconnecte pour les accueillir. Ils sont deux et jouent Bad Cop/Bad Cop.

III

Badcop 1 : "On a retracé les tweets que Mishoko a échangés avec vous après son évasion du Therapy Center. Où est-il ? Now."
Anna : "Nao ! Elle est peut-être impossible, mais n'a rien à voir Han Ri. Et lui, il est loin, parti dans la tweetosphère."
Badcop 2 : "Tweetosphère ! Tweetosphère ! Est-ce qu'on a des gueules de tweetosphère ? Faut changer de refrain, Mme Bloom !"
Anna : "Si vous voulez, je peux vous imiter le pinson dll rrrrr beeeee bö dll rrrrr beeeee bö fümms bö rrrrr beeeee bö wö."

Soudain surgit Kurt Witter, générateur à la main. Les premières syllabes de l'Ursonate ont joué un rôle de signal d'alarme. Les deux flics ont le souffle coupé. Kurt les braque avec le générateur de champ temporel et les expédie à l’ère glaciaire.
Débarrassé des fâcheux, le duo WitterBloom se branche de nouveau à la MerzDreamMachine. Direction le Cloud de Costume Noir. Les explorateurs se glissent à l'intérieur du Simulacron, trouent le mur de glace noire et fusent dans la purée de données. Enfoncés dans le fouillis des fichiers, ils entendent un marmonnement "whisper" qui va crescendo, voix mp3 de Costume Noir. Calling partisans of all nations/Shift linguals/Cut word lines/Vibrate tourists/Free doorways/Break through in grey room...

IV

Zurich. Hugues Haubal se fraie un chemin dans la foule qui encombre le trottoir. Avec Blanche, ils entrent dans le cabaret. L'endroit est bondé. À travers la fumée de tabac, ils observent la scène cernée sur trois côtés par les amateurs de poésie. Blanche et Hugues marchent vers le frontstage, se glissent entre les spectateurs. Ils remarquent des Turcs et des Japonais.

Krippenspiel en cours sur la scène. Assistance silencieuse, surprise par la rencontre entre récitatif et concert bruitiste. Après les applaudissements, Blanche Sélavie se tourne vers son partenaire pour partager l'émerveillement. Hugues a disparu.

Sur chaque côté de la scène, on installe maintenant trois pupitres supportant chacun un manuscrit rédigé en lettres rouges. Les lampes s'éteignent. Silence. Dans la pénombre, on distingue des silhouettes déplaçant une masse sur l'estrade. Lumière.
Oh et ah stupéfaits. Le personnage en scène a les jambes prises jusqu'aux hanches dans un brillant cylindre de carton bleu. Il arbore un énorme col-manteau, couvert de papier, rouge à l'intérieur et doré à l'extérieur, qu'il remue comme des ailes. Avec son chapeau de chaman à rayures blanches et bleues, on dirait un obélisque. Blanche, sidérée, reconnaît Hugues Haubal.

V

Whou whououou whououou... En même temps, mais à une autre époque, au même endroit, mais en un autre lieu. Whouououououou... Le vent souffle hurle en mode blizzard. Devant l'étable laponne, les bonhommes de neige sont devenus des gros tas. Tumulus.

A l'intérieur, Georges se fait chauffer les doigts par son couple de rennes préférés. La vapeur se condense sur ses ongles. Il ferme les yeux, se focalise sur les méandres de sa tapisserie interne, devine des ombres amies dans l'entrelacs méningé. Les rennes s'ébrouent, déchirant le voile méditatif alors que la mise au point sur les quatre silhouettes devient optimale.
Georges sait ce qu'il doit faire. Il avale une jatte de lait jaune, enfile sa pelisse en peau de loup et coiffe son feutre. Dehors les monticules luisent sous le soleil de minuit. Georges se met au centre du carré, commence à tourner sur lui-même. Élevant et abaissant les bras, tourne, tourne, tourne. Dans un sens, dans l'autre. Soudain s'arrête, commence à psalmodier. "Gadji beri bimba. Glandridi laul lauli lonn lonni cadori. Gadjama bim beri glassala. Glandradi glassla tuffm i zimbrahim." Blocs de neige remués de l'intérieur, vibrant sous les consonnes. Bimba bimba. Ils enflent et se redressent face à Georges.

VI

En même temps, à une autre époque, au même endroit, en un autre lieu, Kurt et Blanche pérégrinent dans un orage électrique. Voix nasillarde de Costume Noir. Les particules chargées leur hérissent le poil, font crépiter la laine de leurs vêtements. Parole Stalkerisée les guide dans la zone grise. Les électrons clignotent autour d'eux comme des moucherons ou des flocons.

Hiver nucléaire de 2023. Bégaiement pop. World Destruction. This is war to extermination. Les nouvelles du futur suckent... La machine à rêver vire au cauchemar. Blanche serre le cou de sa poupée Pat et Kurt broie la tête de Walt. Celluloïd Crash. Le logiprog pirate de la Brigade de Salubrité Mentale secoue la carcasse du M.E.R.Z., relance les jumeaux BadBad et CopCop.
Par un violent effort de concentration, Kurt se dégage de la sinusoïde maléfique et active son accumulateur d'orgone perso. Détachant les doigts de Blanche de l'avatar pseudo-dickien, d'un coup de pied virtuel, il catapulte celui-ci hors du temps. Blanche revient à elle et lui. Junkjumeaux avalés par la poubelle du hardisque. Nuage électronique devenu tempête de neige. Au sein de la brume, Kurt et Blanche entrevoient quatre figures fantomatiques s'agitant et gazouillant de façon brownienne.

VII

Même temps, autre époque. Même endroit, autre lieu. Podium du Cabaret Voltaire, Hugues Haubal en transe, remue ses "ailes". Sans peur du ridicule, il brame hardiment Le Chant de Labada aux nuages. Au milieu du public, Blanche ébahie bat des mains.

L'éclairage faiblit. On distingue des silhouettes qui se dirigent vers le second pupitre. Voix modulant le murmure du vent.
Lumière revenue, quatre ombres dansantes et bruissantes encerclent un géant couvert de fourrures planté face à l'auditoire.


Hugues annonce "La Caravane des éléphants". Bung ! Bunga! La créature tape convulsivement du pied le plancher de l'estrade. Les deux "artistes" bougent et récitent de concert. Grossiga égiga tumba. Soudain, Blanche reconnaît la voix du géant velu. Elle se souvient. Han Ri Mishoko, ses bonbons farcis, sa fuite au Nord, son nouvel alias. Georges ! Sous une peau de loup !
Une main se pose sur le dos de Blanche. Elle se retourne. Anna est là. Du doigt, désignant la scène, le troisième pupitre. Trop d'évènements simultanés ! L'astropataphysicienne beugue. Se reprend, assimile puis redémarre. Kurt hurle avec le loup. Animés par la foule, les trois déclamateurs slamment blago bung blago bung. Anna et Blanche balancent des wulubu ssubudu...

Fin de la troisième saison

La prochaine et dernière saison de "Kurt Witter" sera publiée au printemps 2012.

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lundi 5 mars 2012

La limace à tête de chat (33)

vendredi 2 mars 2012

ROUTE

Je participe pour la troisième fois au projet des vases communicants.
Tous les premiers vendredis de chaque mois, des auteurs se prêtent leurs blogs, écrivant en duo l'un chez l'autre.
Ce premier vendredi de mars, je suis heureux d'accueillir un texte de Michel Brosseau qui a proposé le mot "ROUTE" comme point de départ pour notre échange. Allez savoir pourquoi !
Michel Brosseau joue
à chat perché dans son atelier ouvert au public et m'y accueille pour un poème en roue libre intitulé "Maumau monologue à vélo".

ROUTE

Somewhere along the line I knew there’d be girls, visions, everything ; somewhere along the line the pearl would be handed to me. Jack Kerouac, On the Road, Part 1, Ch. 1

Enfant, la nationale était grand route ; les autres, par ordre décroissant d’importance : petites routes, demi routes, routes à lapins. Quant à l’autoroute, elle était menace vague, tempête qui longtemps se fait attendre – une vingtaine d’années qu’a duré l’attente – moteur pour l’imagination : tous ces tracés possibles, et deviner de qui les terres expropriées, coupées en deux, fermes rasées – ceux qui la craignaient tant sont allés en terre peu de temps après son ouverture
Bruit de la route la nuit, immobile dans le lit, et les phares qui glissent à travers la pièce, fenêtre plafond mur, refermer les yeux
Avant la route, Kerouac était sur le chemin
Et si c’était par la route qu’Arthur était devenu voyant, avait appris à percer les horizons : dès lors plus de mystère, plus de rupture, mais la continuité d’un destin…
Pas de routes sans ponts (ou l’au-delà à portée de chemin)
Départ, la route se prend d’abord en dedans
La route est inquiétude pour celui qui ne la prend pas (intranquillité pour les autres).
Ne l’avoir jamais prise : pouvoir savoir oser la prendre
Avoir fait semblant de la prendre, traversées d’est en ouest jusqu’à la côte, échappées belles et jeu de cache-cache avec la mort, rouler vite piles de cassettes un sac à dos livres de poche bouteilles sur le plancher, jamais plus d’un passager, souvent le même, parler chanter (jamais tu n’es parti sans certitude du retour)
De la nécessité d’apprendre la route ; c’est seul et dans une chambre, chambre obscure ou bien les yeux fermés, musique qui sort des enceintes, des chansons qui disent la route, la 66 mais pas seulement, la route de celui qui cherche, du boulot ou l’absolu, de celui qui ne tient pas en place, qui ne peut serrer un corps que dans la certitude du départ (et que celle-ci remplace avantageusement celle du lendemain), de celui qui peut te jouer un peu de boogie et un peu de rock, et puis du blues aussi parfois, celui qui vient dans ta ville avec sa guitare (et toi qui écoutes tu te sens un peu plus immobile, un peu plus là, entravé sans en être, premier écart te sentir étranger mais tu sais que tu ne partiras pas, trop d’attaches encore, ou pas la force pour, pourtant tu en connaissais un, tu l’avais côtoyé au collège, qui était parti un matin avec le cirque, le Pinder ou le Zavatta qui stationnait sur le parking entre les halles couvertes et la patinoire, à peine parti déjà légende, qu’il avait donné un coup de mains pour monter le chapiteau, et puis pour le défaire, et que c’était comme ça qu’il avait pris la route)
Prendre la route et lentement retrouver la chambre, mais devenue intérieure ; ou la route comme travail de décantation (au sens de découvrir le seul chant qui vaille pour sa colonne d’air, et que chacun le sien)
Fantasme du tout quitter, et ce serait dans une voiture, ce serait rouler longtemps, dormir sur le siège arrière et repartir, s’abandonner au tracé, partir avec guitare et de quoi écrire, mieux : de quoi enregistrer, et dire, éclater de sentences, chanter ce qui se présente en chemin, énumérer dénombrer démembrer dépiauter les bouts du monde traversés, seuls les endroits où t’arrêter prendront forme d’univers, parce que ton regard circulaire et l’illusion que chaque chose à sa place, au début seulement, tu t’y raccrocheras, fragile d‘itinérance, mais tu sentiras devineras apprendras que rien là de constitué, désordre hasardeux, c’est tout, bientôt tu ne peineras plus le matin à t’en détacher, tu seras celui qui chemine, sans but mais en mouvement, tu deviendras ce mouvement, tu traverseras seras traversé, traversé de tout ce qui remue en dedans, en affleure, ça aussi tu le chanteras, en vrac, mêlé aux paroles des chansons, aux voix de la radio, aux panneaux lus à voix haute, aux souvenirs de lecture, ce sera débâcle et sans rien anticiper de la fin, en mouvement, c’est tout
La route pourrait être chantier d’une vie : route maritime du Nord, routes de la soie, routes de l’or, routes des épices, routes des Indes, routes et autoroutes, routes maritimes, routes des esclaves ; lire Jack London, The Road ; rédiger bibliographie de récits où la route; compiler les chansons comprenant le mot route dans leur titre, et celles ayant la route pour sujet ; route et trip ; route et errance ; route et voyage ; routes et réseaux ; déroute ; carrefours ; route droite et forêt obscure ; routes qui se croisent, se séparent, etc.
Michel Brosseau

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mercredi 29 février 2012

Les bonheurs de Mauricette

Les bonheurs de Mauricette

Dans son nouveau roman, Blanche étincelle, Lucien Suel nous livre d'autres épisodes de la vie de Mauricette Beaussart. Cela tombe bien, elle nous manquait.
Vous connaissez le refrain. On le trouve ici, aussi, en exergue du roman : « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec...». C'est la seule déception du livre. On voudrait tant pouvoir la croiser, dans la vie, cette Mauricette. La suivre sur les routes de Flandres, entre Dunkerque et Hazebrouck, Wittebecque (?) et Aire sur la Lys. Marcher dans son potager au printemps, fouiller dans ses disques. La regarder lire, préparer
une tarte, ses semis, des pommes au four...
On aime ce qu'elle aime (les romans noirs, plutôt des auteurs récents et étrangers, les listes à la Jules Verne, la poésie qui chante, sa façon si particulière d'élaguer sa bibliothèque...) et forcément, des gens vont l'aimer.
Blanche d'abord, rencontrée dans une librairie. Une romanesque coïncidence (Dieu, au boulot, incognito?), puis la famille de Blanche, surtout ses deux fils, Augustin et Benoît. Ils vont l'aimer, comme on l'aime. Le lui faire sentir, de plus en plus.
L'auteur s'y entend comme personne pour le behaviorisme à la française. Il fait du roman, terrain littéraire de liberté absolue, une chambre d'écho poétique. Sans en avoir l'air, par touches. Pointillisme en mots, sensations, doubles croches.
Car il est aussi beaucoup question de musique dans ce nouveau livre. Blanche donne des cours de chant et initie Mauricette à cette communion harmonique entre les vivants et les morts.
Les silences deviennent précieux. Ceux qui suivent une phrase de Lucien Suel sont encore du Lucien Suel.
Mais ne vous y trompez pas, Mauricette n'a rien d'une grand-mère guimauve, aux cheveux violets, dégoulinante de trop bons sentiments. Plutôt un côté Marple dans ses détestations. En moins de sept lignes, elle expose l'évidence de la nécessaire décroissance, n'aime pas la chasse, encore moins les avions de. Quant aux quads, aux régimes minceur et aux journaux gratuits, on vous laisse imaginer...
Elle sait cependant aimer et faire aimer. La ligne claire en BD, le trop ignoré roman de Carol Ann Lee, les auteurs américains avaleurs de grands espaces...
Si «les livres sont le mobilier de l'intelligence », l'écrivain, ici, se fait maître ébéniste et marquette l'ensemble en multipliant les reflets.
Il sait ne pas rendre le verbe obligatoire dans une phrase, s'amuse des rythmes, des sons.
Et transforme ce 'parce que c'était elle, parce que c'était moi', en histoire universelle que l'on a envie de faire circuler. Pour la sagesse du monde, pour un bonheur simple. Là, à portée de cœur.

Un article de Frédéric Launay dans Eulalie n°9, février 2012.
« Blanche étincelle » de Lucien Suel. 232 pages. Éditions de la Table Ronde

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mardi 28 février 2012

La limace à tête de chat (32)


The cat-headed slug hides into a banana.

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samedi 25 février 2012

La campagne

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KURT WITTER (3.VII)

KURT WITTER est un roman-feuilleton expérimental.
Chaque chapitre est constitué de 10 blocs de texte (épisodes tweets de 140 signes) créés sur mon compte Twitter. (#KurtWitter)

Première saison : été 2011
Deuxième saison : automne 2011

VII

Même temps, autre époque. Même endroit, autre lieu. Podium du Cabaret Voltaire, Hugues Haubal en transe, remue ses "ailes". Sans peur du ridicule, il brame hardiment Le Chant de Labada aux nuages. Au milieu du public, Blanche ébahie bat des mains. (201-202)

L'éclairage faiblit. On distingue des silhouettes qui se dirigent vers le second pupitre. Voix modulant le murmure du vent. Lumière revenue, quatre ombres dansantes et bruissantes encerclent un géant couvert de fourrures planté face à l'auditoire. (203-204)

Hugues annonce "La Caravane des éléphants". Bung ! Bung ! La créature tape convulsivement du pied le plancher de l'estrade. Les deux "artistes" bougent et récitent de concert. Grossiga égiga tumba. Soudain, Blanche reconnaît la voix du géant velu. Elle se souvient. Han Ri Mishoko, ses bonbons farcis, sa fuite au Nord, son nouvel alias. Georges ! Sous une peau de loup ! (205-207)

Une main se pose sur le dos de Blanche. Elle se retourne. Anna est là. Du doigt, désignant la scène, le troisième pupitre. Trop d'évènements simultanés ! L'astropataphysicienne beugue. Se reprend, assimile puis redémarre. Kurt hurle avec le loup. Animés par la foule, les trois déclamateurs slamment blago bung blago bung. Anna et Blanche balancent des wulubu ssubudu... (208-210)

Fin de la troisième saison

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mercredi 22 février 2012

Le livre

du livre des livres

éclat venu du passé
de frères et soeurs
dans l'esprit voici
les poètes rares et
leurs visions sioux

ils ont fixé le mot

les mots vus hic et
nunc sertis dans la
noirceur des encres
dans la candeur des
pages hors du temps

nos yeux leurs yeux

se rencontrent dans
l'impression fusion

quand le lecteur se

détache du texte le
regard vole vers le
ciel profond rayons
flèches filant vers
la galaxie du verbe
lumière ondulatoire
un vivant mécanisme

les livres le livre

mobile intelligence
compagnon qui vibre
dans les poussières
sous une couverture
de chagrin le livre
on le manipule sous
toutes les coutures
on le caresse nerfs
tranche tête et dos
le hume puis dévore
le corps la graisse
le caractère il vit
avec son secret ses
lettres cachées une
vie sans défense on
l'ouvre et voici le
mort qui ressuscite
qui se relève voici
le mort qui revient
dans la lumière qui
se ranime s'éveille
sous le souffle des
lecteurs le sang le
sens circule sur la
page sur les lignes

veine des écrivains

le sang sur la page
sur la terre sur le
bois l'ivresse nous
tourne les pages et
la tête tout ouvert
maintenant tout est
ouvert les fenêtres
les yeux les portes
le ciel le livre la
page s'éclaire mots
noirs absorbant les
énergies lecture de
la réalité trace du
verbe dans la pulpe

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mardi 21 février 2012

Un autre bouquet

Quelques nouveaux articles à propos de "Blanche étincelle"
"Ce livre est un petit bijou!" Article sur le blog Esprit Campagne.
"Parution du troisième roman de Lucien Suel". Article de Jacques Josse sur le site Remue.net
"Mauricette revient dans le dernier Suel" Entretien avec S. Lamek dans L’Écho de la Lys.
Blanche étincelle en version numérique sur Feedbooks.
Un bon résumé du livre dans La Voix du Nord Armentières.
"ça se passe au Nord", lecture et quatre-quarts sur le blog de Goumy.
"Les paraboles combinatoires", un jeu littéraire à partir d'un passage du roman sur le blog Main Tenant.

Deux liens récents autour de "Mort d'un jardinier"
Le chapitre 2 est lisible sur Etc-iste, le blog de Thomas Vinau.
"Den gamle mannen og hagen", un long article d'Olaf Haagensen dans Morganbladet sur la version norvégienne du roman. Une traduction approximative par google est visible sur Côté Papier, le blog de Gilda Fiermonte.

Mon entretien avec Bernard Strainchamps à propos de "La Patience de Mauricette", "En collectionnant des phrases contenant le mot veau..." est de nouveau disponible sur le site de Feedbooks.

A propos de la parution de Ballast de Jean-Jacques Bonvin, Christophe Grossi publie "Sur la route des Beats, au croisement des morts", un bel article aux multiples liens, me faisant le plaisir de publier mon poème "Le ciel est...", extrait de "Théorie des orages".

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lundi 20 février 2012

La limace à tête de chat (31)


La limace à tête de chat attend l'autobus.
The cat-headed slug is waiting for the bus.

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samedi 18 février 2012

KURT WITTER (3.VI)

KURT WITTER est un roman-feuilleton expérimental.
Chaque chapitre est constitué de 10 blocs de texte (épisodes tweets de 140 signes) créés sur mon compte Twitter. (#KurtWitter)

Première saison : été 2011
Deuxième saison : automne 2011

VI
En même temps, à une autre époque, au même endroit, en un autre lieu, Kurt et Blanche pérégrinent dans un orage électrique. Voix nasillarde de Costume Noir. Les particules chargées leur hérissent le poil, font crépiter la laine de leurs vêtements. Parole Stalkerisée les guide dans la zone grise. Les électrons clignotent autour d'eux comme des moucherons ou des flocons. (191-193)

Hiver nucléaire de 2023. Bégaiement pop. World Destruction. This is war to extermination. Les nouvelles du futur suckent... La machine à rêver vire au cauchemar. Blanche serre le cou de sa poupée Pat et Kurt broie la tête de Walt. Celluloïd Crash. Le logiprog pirate de la Brigade de Salubrité Mentale secoue la carcasse du M.E.R.Z., relance les jumeaux BadBad et CopCop. (194-196)

Par un violent effort de concentration, Kurt se dégage de la sinusoïde maléfique et active son accumulateur d'orgone perso. Détachant les doigts de Blanche de l'avatar pseudo-dickien, d'un coup de pied virtuel, il catapulte celui-ci hors du temps. Blanche revient à elle et lui. Junkjumeaux avalés par la poubelle du hardisque. Nuage électronique devenu tempête de neige. Au sein de la brume, Kurt et Blanche entrevoient quatre figures fantomatiques s'agitant et gazouillant de façon brownienne. (197-200)

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vendredi 17 février 2012

Le tas

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mercredi 15 février 2012

La voiture automobile

les petits chevaux se
cachent sous le capot
leur crottin sort par
un tuyau de métal une
fumée bleue un encens
qui s'élève aux cieux
la poussière de plomb
s'élève aussi feuille
de métal lourd anneau
de saturne cernant la
terre cercueil volant

les petits chevaux du
pétrole caracolent du
matin au soir du soir
au matin sur tous les
chemins du monde nord
sud est ouest partout
et toujours le moteur
à explosion a répandu
sur toute la terre le
bouquet raffiné de la
combustion pétrolière
un prodigieux vacarme
l'arrogance marchande
la destruction le mal
dans son essence pure
le désordre des temps
climat et chronologie
accélération blessure

les petits chevaux de
la mort la course des
petits chevaux la vie
à l'envers au service
de la machine travail
pour la machine sueur
pour la machine force
pour la machine amour
pour la machine rêves
pour la machine et le
fric l'argent pour le
dirigeant le courtier
le concessionnaire le
législateur les corps
de métier du policier
au vendeur du créatif
publicitaire (sic) au
garagiste du champion
sportif de formule un
(sic) à l'assureur au
chirurgien un tableau
complet de profiteurs
est impossible à dire
en un poème lapidaire

paradoxes par exemple
lancée à toute allure
une ambulance sauvera
la vie d'un chauffard
on améliore ainsi les
chiffres de la tuerie
automobile habituelle

autre exemple bizarre
le citoyen conducteur
le week-end il se rue
moteur rugissant vers
la forêt où il pourra
courir pour perdre le
kilo surnuméraire une
oxygénation à rebours
progrès vers le néant
vavavoum et boum boum

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mardi 14 février 2012

Bouquet en février

Des liens à suivre...

Quelques nouveaux articles sur mon roman "Blanche étincelle"
--- sur le blog Main Tenant, "Je ne l'ai pas reconnue tout de suite, Mauricette".
--- sur le blog Les lectures de Bauchette, "le roman d'une rencontre". (à noter que la même Bauchette, libraire en Normandie, découvre aussi "La patience de Mauricette".)
--- sur le blog de la librairie Mots et cie, "Une histoire d'amitié". [Avis du libraire : Dans notre société anxiogène, ce roman est une véritable bouffée d'oxygène. ]
--- Une remarque de Gilda F. sur son blog Traces et trajets : "Je lis un livre qui évoque un autre livre (comme hier soir 'Blanche étincelle' de Lucien Suel qui mentionne 'Le pays où tout est permis' de Sophie Podolski publié en 1973)"
--- L'enthousiasme manifesté par la Bibliothèque de Valenciennes sur sa page FB.

En Norvège, le portrait de Grete Kleppen, traductrice d'Hélène Cixous, et nominée au Prix de la Critique pour la traduction de mon roman "Mort d'un jardinier". Les autres traducteurs nominés.

La neige fond silencieusement dans la nuit de février, un poème de circonstance, extrait de "Théorie des orages" dans une anthologie en ligne.

Le programme de ma résidence littéraire du 7 au 27 mai à Montpezat sous Bauzon, en Ardèche, sur le site de l'association "Le Golem".

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lundi 13 février 2012

La limace à tête de chat (30)

La limace à tête de chat est encore malade.
Elle a mangé trop de patades.

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samedi 11 février 2012

KURT WITTER (3.V)

KURT WITTER est un roman-feuilleton expérimental.
Chaque chapitre est constitué de 10 blocs de texte (épisodes tweets de 140 signes) créés sur mon compte Twitter. (#KurtWitter)

Première saison : été 2011
Deuxième saison : automne 2011

Troisième saison

V

Whou whououou whououou... En même temps, mais à une autre époque, au même endroit, mais en un autre lieu. Whouououououou... Le vent souffle hurle en mode blizzard. Devant l'étable laponne, les bonhommes de neige sont devenus des gros tas. Tumulus. (181-182)
A l'intérieur, Georges se fait chauffer les doigts par son couple de rennes préférés. La vapeur se condense sur ses ongles. Il ferme les yeux, se focalise sur les méandres de sa tapisserie interne, devine des ombres amies dans l'entrelacs méningé. Les rennes s'ébrouent, déchirant le voile méditatif alors que la mise en point sur les quatre silhouettes devient optimale. (183-185)

Georges sait ce qu'il doit faire. Il avale une jatte de lait jaune, enfile sa pelisse en peau de loup et coiffe son feutre. Dehors les monticules luisent sous le soleil de minuit. Georges se met au centre du carré, commence à tourner sur lui-même. Élevant et abaissant les bras, tourne, tourne, tourne. Dans un sens, dans l'autre. Soudain s'arrête, commence à psalmodier. "Gadji beri bimba. Glandridi laul lauli lonn lonni cadori. Gadjama bim beri glassala. Glandradi glassla tuffm i zimbrahim." Blocs de neige remués de l'intérieur, vibrant sous les consonnes. Bimba bimba. Ils enflent et se redressent face à Georges. (186-190)

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vendredi 10 février 2012

Time is on my side

mercredi 8 février 2012

Les coups (5)

"Les Coups" est un poème ready-made mystérieux obtenu en mixant deux œuvres, l'une intégrale, l'autre partielle. Les judicieux lecteurs du Silo vont facilement découvrir d'où proviennent ces fragments recomposés.

à Georges R. & à Stéphane M.

V

CRAC

BANG

— Que le fantôme d'un geste chancellera s'affalera folie...

— Mon Dieu !... La momie !

— Disparu, Rascar Capac !... Tout de suite évaporé en brumes qui imposa une borne à l'infini !... Évaporé !... Volatilisé!... Son ombre puérile caressée et polie et rendue et lavée assouplie par la vague et soustraite aux durs os perdus entre les ais. Il ne reste plus que ses bijoux ! Veillant doutant roulant brillant et méditant avant de s'arrêter à quelque point dernier qui le sacre.

— Mais qu'avez-vous, monsieur Bergamotte ?

— Je... Ce n'est rien... Lisez la suite... la suite de mon rapport... pour peu qu'une...

"Et le jour où, dans un éclair éblouissant, illuminât-il, Rascar Capac aura déchaîné sur lui-même le feu purificateur et sera retourné à son élément primitif, ce jour-là sonnera pour les impies l'heure du châtiment direct de l'homme sans nef n'importe où."

— Tu permets, Hippolyte ? (S'en coiffe.) Le temps de souffleter par d'impatientes squames ultimes bifurquées un roc.

— Voilà. La prophétie s'est réalisée... Rascar Capac a disparu... Existât-il autrement qu'hallucination éparse d'agonie ? Et sa vengeance est sur moi, je le sens...

— Moi aussi!... Et ça sent même très fort : le soufre, n'est-ce-pas ? *

FIN
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* "Les coups" fut composé/monté en utilisant, d'une part, dans l'ordre exact où elles apparaissent, toutes les répliques et onomatopées des pages 27 à 32 des "Aventures de Tintin", Les 7 boules de cristal, par Hergé et, d'autre part, la totalité bouleversée du poème de Mallarmé, Un coup de dés.

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mardi 7 février 2012

La limace à tête de chat (29)

lundi 6 février 2012

Liaisons sur la toile

To do list n° 212. Une nouvelle fois, Christine Jeanney écrit à partir d'une de mes photos d'Ajaccio : - trois palmiers, trois chameaux, trois princes dans le désert...
NB : Un bel ensemble de ces todolistes quotidiennes vient de paraître chez Publie.net sous le titre : Les sirènes on ne les voit pas un couvercle est posé dessus.

Sur son blog Tentatives, la même Christine Jeanney a publié son florilège d'extraits de "Blanche étincelle".

Le programme de ma résidence d'écriture
en Ardèche sur le site de l'association "Le Golem".

Dans le cadre des Vases communicants, un dessin et un poème inédit en vers justifiés : Maumau se met en boîte sur le site de Jean-Christophe Cros.
Sur France-Culture, du 18 au 24 février, de 11h50 à 11h58, réécouter les micro-fictions "écrivains en série". Mon travail sur la série"Urgences" sera rediffusé le vendredi 24 février.

Retrouvez quatre frites à moustache et quatre limaces à tête de chat sur le site de l'Institut Français d'Oujda.

Et sur "Lucien Suel's Desk" d'autres réactions à "Blanche étincelle" .

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vendredi 3 février 2012

Toujours Mallarmé

Je participe pour la deuxième fois au projet des vases communicants.
Tous les premiers vendredis de chaque mois, des auteurs se prêtent leurs blogs, écrivant en duo l'un chez l'autre.
Ce premier vendredi de février, je suis heureux d'accueillir le travail de Jean-Christophe Cros, entre image et mot (voir par exemple ses "Phalanges terreuses").
Voici dans Silo sa série photographique "Toujours Mallarmé", un travail en cours Pour un tombeau d'Anatole de Stéphane Mallarmé.
Jean-Christophe Cros anime le site BOAT A IDÉE pour lequel j'ai écrit "Maumau se met en boîte", une petite suite en vers justifiés.

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TOUJOURS MALLARMÉ




Jean-Christophe Cros

Pour voir ces images en grande version, suivre ce lien vers la galerie de Jean-Christophe.

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jeudi 2 février 2012

Trous noirs

mercredi 1 février 2012

La bouteille plastique

la bouteille plastique

des écologistes posent
des questions question
de quantité combien de
litres d'eau faut-il à
l'industrie pour faire
une bouteille d'eau en
plastique la bouteille
vide à remplir combien
d'eau pour l'emballage
transparent gaspillage
encore une question de
réactionnaire négateur
du progrès à la fin du
tournage des spots des
clips publicitaires de
la réclame dans l'aube
claire la montagne les
rochers cristallins la
vierge nature quand le
tournage se termine il
aimerait savoir ce que
deviennent les acteurs
tous les figurants les
bouteilles vidées sont
-elles abandonnées sur
les pentes verdoyantes
ou sont-elles amassées
dans le plastique noir
du sac en polyéthylène
pour finir cramées sur
les grilles sélectives
d'un incinérateur four
moderne sans effet sur
l'effet de serre l'eau
coule dans la gorge du
randonneur il tète son
biberon de plastique à
l'image de cet athlète
virtuel l'eau de pluie
de la flaque s'évapore
autour de la bouteille
ordure abandonnée dans
la campagne une ordure
dans la boue du chemin
ordure pour l'eau pure

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mardi 31 janvier 2012

BLANCHE ETINCELLE D'HUMANITE

Le premier article de la presse nationale à propos de "Blanche étincelle" a été publié par L'Humanité-Dimanche (26 JAN/01 FEV).

Lucien Suel, la banalité comme vertu

Lucien Suel sort son troisième roman, «Blanche Étincelle». Un livre émouvant où l'amitié est une nécessité et rouvre l'appétit de vivre.

Lucien Suel est un homme simple et un écrivain discret. « Un poète ordinaire ». comme il aime lui-même se présenter. Chez lui. la banalité devient une vertu. Dans son troisième roman, Blanche Étincelle, la narratrice Mauricette Beaussart se raconte. Elle égrène un quotidien où la solitude et la mélancolie ne sont que ses seules partenaires. Une rencontre la sortira de sa torpeur, engoncée qu'elle est dans son petit village des Flandres. L'amitié naissante entre elle et Blanche lui ouvre l'appétit de vivre.
Subtilement, l'écrivain abat un mur, franchit les frontières pour que l'amitié et l'amour se rejoignent. D'autant que Suel ne fait pas qu'écrire, il dessine. Son écriture est une carte. Lire Lucien Suel est une balade en Nord-Pas-de-Calais. Autour d 'une phrase, d'un style d'apparence plat, l'émotion culmine à l'instar des monts Noir, Cassel ou des Cats de sa Flandre natale. Les sentiments s'étirent à l'égal des vastes plaines d'Artois. Le roman stimule notre rapport à l'autre, cingle notre réflexion, comme le vent, nos visages sur la Côte d'Opale.

LIONEL DECOTTIGNIES
ldecottignies@humadimanche.fr
« Blanche Étincelle », de Lucien Suel,
Édition La Table Ronde. 240 pages, 17,75 €

lundi 30 janvier 2012

La limace à tête de chat (28)


La limace à tête de chat observe le poisson rouge.
The cat-headed slug is watching the goldfish.

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samedi 28 janvier 2012

KURT WITTER (3.IV)

KURT WITTER est un roman-feuilleton expérimental.
Chaque chapitre est constitué de 10 blocs de texte (épisodes tweets de 140 signes) publiés sur mon compte Twitter. (#KurtWitter)

Première saison : été 2011
Deuxième saison : automne 2011

Troisième saison

IV

Zurich. Hugues Haubal se fraie un chemin dans la foule qui encombre le trottoir. Avec Blanche, ils entrent dans le cabaret. L'endroit est bondé. À travers la fumée de tabac, ils observent la scène cernée sur trois côtés par les amateurs de poésie. Blanche et Hugues marchent vers le frontstage, se glissent entre les spectateurs. Ils remarquent des Turcs et des Japonais. (171-173)

Krippenspiel en cours sur la scène. Assistance silencieuse, surprise par la rencontre entre récitatif et concert bruitiste. Après les applaudissements, Blanche Sélavie se tourne vers son partenaire pour partager l'émerveillement. Hugues a disparu. (174-175)

Sur chaque côté de la scène, on installe maintenant trois pupitres supportant chacun un manuscrit rédigé en lettres rouges. Les lampes s'éteignent. Silence. Dans la pénombre, on distingue des silhouettes déplaçant une masse sur l'estrade. Lumière. (176-177)
Oh et ah stupéfaits. Le personnage en scène a les jambes prises jusqu'aux hanches dans un brillant cylindre de carton bleu. Il arbore un énorme col-manteau, couvert de papier, rouge à l'intérieur et doré à l'extérieur, qu'il remue comme des ailes. Avec son chapeau de chaman à rayures blanches et bleues, on dirait un obélisque. Blanche, sidérée, reconnaît Hugues Haubal. (178-180)

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vendredi 27 janvier 2012

Express Poem #565