samedi 19 avril 2014

Il pleut ou il fait beau... (10)

Alors c'est fini règles abondantes puisque tu es en cloque
et qu'il pleut en abondance, tes vêtements sont en loques
au milieu de maisons de briques et de jardins fleuris multicolores,
de petits prés et de cultures maraîchères en serres, où lettre
aurait pu s'égarer, j'y vais, je ne vois rien :
encore une de tes farces : me donner une image fausse abondant
mon imagination. Tu sais que je marche aussi avec la lune,
pourquoi fais-tu coup sournois, je rêvais de brumes normales en forêt
et tu arrives le corps jaune en charpie, murs de Malibu
qui desquament ! Tu me fous l'imper en lambeaux ! Les poches,
tu me les retournes, voile de doublure passe à la vapeur.
« Tu es si folâtre que tu pourrais, si tu la retrouvais,
la rouler serrée sur elle-même et me l'insérer en vase
– comme une fleur de rose éclot en chatte – en prenant risque
de diluer toute l'encre dans la mouille ou le sang.
C'est quoi cette lettre si importante que forêts s'écroulent ? ».
Je ne sais pas ! A ton entrée je l'ai froissée
en poche, noyée dans le geste de tirer le rideau.
à suivre...
« Il pleut ou il fait beau tout le temps au début », un feuilleton de St. Batsal, (le pôle qu'elle nie)
ce texte n'est pas tiré d'un vrai fait divers, de même que toute ressemblance, y compris en URSS.

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vendredi 18 avril 2014

Poème express n° 347

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jeudi 17 avril 2014

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive 2

Quand il passa la main
sous la banquette, il eut
un mouvement de recul.
Il la frotta sur son pantalon
et saisit le volant pour rectifier la direction.
C’était humide et mou
et surtout la température tiède l’avait surpris.
Il décida d’attendre une occasion
pour s’arrêter sur le bord de la route.
Mais la route ne s’arrêtait pas ;
elle avait des bords de plus en plus petits.
Derrière lui une voiture s’approchait.
Quelque chose qui effleura sa cheville le fit freiner.
Mou, tiède et humide.
Il se disait que si ça commençait à grossir,
ce ne serait pas drôle du tout.

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mercredi 16 avril 2014

Colonnes dénudées (7)

BIDON CATAFALQUE
3
Lorsque dans leur
caverne rose, les
poils vibratiles,
en proie au magma
brun, agglutinent
en blocs poisseux
les mucosités, la
souffrance sature
mon âme. J'épuise
l'oeil somnambule
en versant sur le
sporran intérieur
de mon torse, des
litres de larmes,
seaux de sanglots
et jarres de jus.

Ceci dégouline et
trempe la peau de
l'abdomen. Devant
l'ombilic, la mer
hésite. Les flots
de lymphe, d'eau,
roulent dessus et
dessous. Le derme
se fend. La soupe
bouillonne. Parmi
les débris, noyée
dans le sirop, la
ligie des livides
eaux regrette son
vieux lavabo. Les
lits vides pèlent
la peau du ventre
et la libido lève
sa chemise mitée.

L'ampoule rectale
s'allume, éblouit
le petit isopode.

L'insecte glisse.
Son règne cesse à
la sortie. Il est
dans la lumière à
côté du tentacule
procréateur, père
inné, mérinos qui
suinta l'urine de
l'ovin blanc sous
l'haleine vierge.

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mardi 15 avril 2014

Sombre Ducasse (version justifiée) 77

il a envisagé des fausses réformes du
département rapidité soleil végétal &
la destruction de l'arc-en-ciel et la
souloureuse dodomisation des délégués
à l'aménagement de la vie avec lui il
faut ranger la vie en exigeant toutes
les sauvegardes de votre blocage & la
baise immédiate de première l'échelle
mobile des glaires la création du tas
du nouveau travail plus & la gratuité
de votre dignité oui demain tout peut
changer cela ne dégouline que de vous
aérez aérez aérez aérez aérez & aérez

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lundi 14 avril 2014

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (6)

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samedi 12 avril 2014

Il pleut ou il fait beau... (9)

Dans la forêt, traces de gelée blanche, mais soleil frais triomphe
des brumes matinales déchirées. Il pleut entre Manacoa et mon imper
du genre from Dublin – ça ne va pas, je le sais,
je fredonne en moi des chants pour chasser la peur
– un chat, c'est la pluie et trois pies des heurts –
trucs niais chantés sans ouvrir la bouche, pluie entre mon imper
en doublure et Manacoa tout en rose avec des ombres opaques.
Rêveries me sont retirées, le téléphone sonne plus fort en forêt !
Je suis gelé, me secoue, ce n'est pas le téléphone :
« Mes règles ont aujourd'hui trois semaines de retard ! ». Je les préfère
encolure au parquet vitrifié et toutes mouillées avec leurs bonnes joues
qui rebondissent en flou ; là, toutes mes mains sont au taquet.
Ce n'est pas rengaine volée qui va les faire mortes.
à suivre...
« Il pleut ou il fait beau tout le temps au début », un feuilleton de St. Batsal, (le pôle qu'elle nie)
ce texte n'est pas tiré d'un vrai fait divers, de même que toute ressemblance, y compris en URSS.

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vendredi 11 avril 2014

Poème express n° 345

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jeudi 10 avril 2014

LA FATIGUE DES SENS par Hélène Leflaive

Il avait du mal à savoir
si elle était intelligente.
Son uniforme ne la mettait pas en valeur.
Elle prenait une intonation curieuse quand elle lui parlait.
Sa voix était d’une douceur artificielle,
un peu comme si elle s’adressait à un enfant capricieux.
Elle lui demandait toujours les mêmes choses
en utilisant des phrases standard.
Est-ce qu’il voulait un sac ?
Est-ce qu’il avait 10 centimes ?
Est-ce qu’il souhaitait un café ?
Mais à la manière dont elle arrachait
le ticket de carte bleue,
il sentait qu’il n’avait pas tellement envie de la croiser
dans un parking souterrain.

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mercredi 9 avril 2014

Colonnes dénudées (6)

BIDON CATAFALQUE
2
Dans la pénombre,
embusqué derrière
un sac de glandes
prélevées dans la
viande mammifère,
le rescapé de mes
suaves tentations
veille pieusement
les reliques dont
je suis l'humoral
tabernacle, Saint
d'où sort le gras
suint. L'angle de
mes cuisses happe
les phalanges des
ordres sacrés. La
vertèbre arrondit
le dos. Le ventre
ouvre la voie. Le
boyau noir parle.

Les doigts de mon
maître pénètrent,
fouillent mon nez
turgescent. Je me
tords le cou pour
échapper au poing
ithyphallique qui
menace la base de
mon existence nue
et sacrificielle.
.................
.................
.................
.................
.................
Parfois, la cosse
de mon corps gelé
se fend largement
sous la pression.

Ô

V I F

R O B O T

E R U P T I F


T O N

P O I N G

P H A R A O N

C O N T R A I N T


C E T T E

C O R O L L E

M Y S T I C E T E

C A V E R N I C O L E


I M P L A N T

T U M E S C E N T

T R E S S A U T A N T

I M P U D I Q U E M E N T


U N E                           Q U I

G O U L E                       P O M P E

M O U S S U E                   S O U I L L E

B A F O U I L L E               S U A V E M E N T

G L U A N T E                   I N G E N U E

A M I B E                       V O I C I

N U E                           E V E

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mardi 8 avril 2014

Sombre Ducasse (version justifiée) 76

bien envoyez les photos suivantes ici
l'acharné modère la présence du temps

respirer réalité le livre transparent

touslesjoursmanipulationsdel'institut
savantetchimpanzéaveclesatomistesenfe
rmésdanslecoeurduréacteurnucléaireetl
esaccidentésdelaroutecomptabilisésave
clesmortsdelafamineetlescharlatansdel
aparapsychologietousceuxquifabriquent
lafaussemonnaieenrouleauetquichientda
nslapositiondulotusenattendantlatrois
ièmeguerre et il peut prendre pleines
en la main les sécrétions internes ou
vivre la mue d'une chenille au milieu
du jardin défriché avec certains mots
pour libérer d'autres formes tous nos
compagnons sont étendus là là là pour
défendre les biens à tous ces gros-là
ceux qui ont l'pognon l'pognon eux-là
r'viendront mais c'est pour eux qu'on
crève et c'est fini car nos troufions
vont tous se mettre en grève allons à
vot' tour messieurs les gros d'monter
sur l'plateau si vous voulez toujours
la guerre payez payez-la d'votre peau

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lundi 7 avril 2014

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (5)

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samedi 5 avril 2014

Il pleut ou il fait beau... (8)

Sortie de l'autoroute. Pluie se met à tomber sans préliminaires.
Les façades roses de Manacoa ravissante c'est sous les rideaux,
loin là-dessous, je les ai tirés sec d'une main sûre,
et l'air soustrait aux étoffes, c'est là la disparition
de la lettre, avec un courant – mais non, je la froisse
(l'ai froissée, me souviens l'avoir fait, temps de merde)
en poche, fait de la patouille en fouille, j'en saisis
un coin qui dépasse, mais avec toutes ces mains comment faire
et savoir laquelle accomplit le geste, une ou deux au moins
pourraient se désigner, dire j'ai pris ou j'ai donné.
Encore un échec, je désarme, je suis abattu, ça me refroidit.
à suivre...
« Il pleut ou il fait beau tout le temps au début », un feuilleton de St. Batsal, (le pôle qu'elle nie)
ce texte n'est pas tiré d'un vrai fait divers, de même que toute ressemblance, y compris en URSS.

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vendredi 4 avril 2014

Poème express n° 344

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jeudi 3 avril 2014

William S. Burroughs - APO-33 Bulletin

Beach Books Texts & Documents, Collection compiled by Mary Beach & Claude Pélieu, Distributed by City Lights.
© by William S. Burroughs, 1966, 1967, 1968. Second Printing.
Promenade hebdomadaire dans les archives de la Station Underground d'Emerveillement Littéraire.

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mercredi 2 avril 2014

Colonnes dénudées (5)

BIDON CATAFALQUE 

1

La sanctification
des cloportes est
à l'ordre du jour
naissant. Dessous
l'humidité noire,
à l'abri dans une
réserve cuirassée
de ronces moites,
ils intériorisent
le monde. Les bas
morceaux dilués à
crédit dans l'épi
de la pilosité de
soie s'infectent,
se météorisent et
crèvent en bulles
parenchymateuses.

Autodestructrice,
la sphinctérienne
consubstantialité
métamorphose côte
à côte l'Adamite,
la Tonkinoise, la
Mère Blanche, les
mythes moqueurs à
la barbe du père.

Frémissantes près
de l'ordure, émoi
pur, les antennes
de l'insecte gris
et caparaçonné se
délectent à l'air
tiède émanant des
purulences grises
de la matière. En
agitant des pieds
invisibles sur un
sol spongieux, le
malacostracé suit
la trace noire du
destin humaniste.

Ses congénères le
vouent, déjection
articulée, au tri
postopératoire et
anthropométrique.

Des lambeaux crus
de mucus rose ont
séché sur l'abcès
cérébral. L'arbre
nerveux intoxique
le faisceau bleui
des muscles. Pour
vivre encore, ils
s'allongent parmi
les déchets, sous
les nuages amers. 

Colonnes dénudées (1994) fut mon premier recueil de poèmes en vers justifiés (ou arithmogrammmatiques)  
 

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