vendredi 22 mai 2015

Poème express n°368

posted by Lucien Suel at 07:19 0 comments

jeudi 21 mai 2015

Niveau Huit par Mimosa (6)



Urse Olson succède aux clairons
comme une caravane de réfugiées
Urse Olson vient d’Ukraine elle
est une vedette de cabaret post
punk elle est un visage des ans
octantes les bras en porcelaine
elle a tout lu Dorian Gray elle
a tout lu Patricia Kaas jusqu’à
Dominic Sonic à peine débarquée
c’est l’aventure avec mon grand
blond de fils qui a vocation de
chauffeur routier lui qui s’est
cassé le nautilus un jour qu’il
faisait le pitre en bord de mer
Urse Olson est souvent allongée
Olson fait la dandie Urse Olson
se dandine sur des canapés mous
convertibles les épaules vêtues
de draperies de dentelle marron
avec la fente de son bas ventre
stabilotée par un trait de khôl
il faut que nous nous trouvions
rapport à ce qui s’est passé au
départ avec mon routier de fils
et rapport à la mythologie post
punk des ans octantes mais elle
court toudi dans l’espace et le
temps elle part sans tambour ni
trompette pour ailleurs loin de
notre accueil au p’tit matin au
p’tit gris avec une jaquette de
fines côtes en polyamide et une
longue jupe de chez Direct Mode
une tache noire au dessus de la
lèvre les rêves n’auront jamais
l’odeur de la sardine sa peau a
imprimé les plis du lange de sa
naissance mais nous sommes trop
âgés pour nous en rendre compte

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posted by Lucien Suel at 07:11 0 comments

mercredi 20 mai 2015

JOURNAL INCOMPLET DE MADAME B. - octobre 2007 - III


Mardi
Je me remets de dimanche de ma sortie. L’excès d’air et d’horizon, de nourriture et de boissons. Les fibres musculaires ont perdu comme les artères de leur élasticité. Je m’en arrange. Je me débrouille. Mais la plus grande fatigue résulte de l’accumulation des visages vus entrevus contemplés. Ils tournent dans l’agitation de mon sommeil. J’ai la gorge sèche.
Jeudi
J’abandonne la collection de vieux journaux. J’ai marché jusqu’à la bibliothèque pour pâturer un peu de fiction et de poésie. J’ai lu dans sa traduction un article de Jack Kerouac, écrit de 1960. Il parle d’une promenade en voiture avec le photographe Robert Frank. Il me parle du photographe et de l’écrivain. Dans ses mots, je lis les photos de Frank, les paysages noyés dans la pluie et l’électricité. Du coup, je suis allée farfouiller pour relire des extraits du Journal de Gerard Manley Hopkins. Comme il parle des vagues, des éclaboussures. Et des nuages.
Vendredi.
Le Journal d’Hopkins m’a amené à celui de Kafka. Je me voyais lire seule devant la fenêtre du jardin dans le brouillard de Prague, entre Kafka et Hopkins, au-delà du temps avec un autre demi-sourire, un peu triste sûrement sur mes lèvres. Toute la solitude accumulée, entassée serrée dans l’écriture, s’exhalant des pages parcourues des yeux et des doigts. Je dois penser à enlever cette bague qui me serre.

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posted by Lucien Suel at 07:22 2 comments

lundi 18 mai 2015

Collage de Claude Pélieu (43)

posted by Lucien Suel at 07:08 0 comments

mercredi 13 mai 2015

JOURNAL INCOMPLET DE MADAME B. - octobre 2007 - II



Lundi
Ma vie n’a rien à voir avec la vie de Jane Austen. Je reste dans ma peau fripée. Des images de pattemouille apparaissent au coin des paupières. J’ai le mot sur le bout de la langue mais il reste collé dans mon palais. La sueur l’odeur se mêle à celle de la poussière du café refroidi.
Mardi
Je me cuisine une rusticité de tartiflette, je pense reniflette et seulement pour pleurer les oignons dépluchés glissant dans la poêle. Je ne saurais pleurer sur ce qui me reste, de moi.
Dehors des gens travaillent manient des meuleuses et une scie circulaire. Abrasion.
Le soleil a gagné, les nuages ont fondu en défaite partis filtrer d’autres régions.
Jeudi
Promenade matinale en circuit du pâté de maisons et de champs. La brasserie est dans la buée. Je sais que je n’y peux rentrer. Le tabac me donne des quintes arracheuses. Des souvenirs d’autrefois. La sueur dans la flanelle. Aigre douce.
Le reste de tartiflette a charbonné le pyrex. Je gratte longtemps en laissant les âneries sortir couler de mon vieux poste transistor.
Samedi
Je guette le facteur. Il faudra que je signe pour le chéquier. Maintenant je l’use pour une année. Je ne me dépense plus. Je ne dépense plus. Je suis loin de la bataille, rangée pour les affaires.
Les journaux sont vieux mais ils disent la même chose que l’actualité. L’actualité de la goinfrerie, de l’avidité. J’essuie un demi-sourire de mes lèvres. Je l’aperçois dans le miroir du couloir.

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posted by Lucien Suel at 07:24 0 comments

lundi 11 mai 2015

Collage de Claude Pélieu (42)

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samedi 9 mai 2015

Il pleut ou il fait beau... (56)

Justement je vois la masse et qu'est-ce qui se passe,
c'est le frère du boucher qui refait surface, l'échographe :
« Ma secrétaire m'a remis un mot pour vous, mais froissé ».
Je ne t'en veux pas mon pote, c'est classé.
Je m'isole en plis, un doigt dans la fissure épanouie
en pressant l'ourlet : le ciel est bas, un vent humide
balaie la rue, faux bulbes à palmes plient et se rompent,
passants marchent en pâte collante des cocotiers aplatis que pluie désagrège,
de fausses perruques blondes de touristes décolorées défraîchissent en boue tropicale.
En face, Mister Touffe et Aérateur se tapent sur les cuisses,
ravis de leur blague téléphonée et, bizarre, ils la miment, elle :
l'emplumé se fait des courbes au ventre avec les mains,
marche en canard ; Moumoute fait mine de téter une mamelle gorgée.
Comme par hasard, elle arrive près des rideaux, seins ambrés, fermes,
plantés haut, pointes brunes se hérissent ; en noir sur les fesses :
tatouage de slip minuscule en dentelles. Elle halète avant d'allaiter.
Je me saisis de mon imper de rage, ma gabardine énervée,
pour la rhabiller : je ne crois plus à sa cloque complice,
et puis je sais qu'après naissance peau plisse : cette colombe
n'est pas blanche comme on a essayé de faire croire.
En bon espion je rapproche colombe éventée et plumes d'autruches ;
relie ventre bombé au gras de l'aéré ; bosse sous imper.
J'utilise mon colt et disparaît dans la fumée du chien.
à suivre...
« Il pleut ou il fait beau tout le temps au début », un feuilleton de St. Batsal(le pôle qu'elle nie)
ce texte n'est pas tiré d'un vrai fait divers, de même que toute ressemblance, y compris en URSS.

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vendredi 8 mai 2015

Poème express n°604

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jeudi 7 mai 2015

Niveau Huit par Mimosa (5)

Rue de Siam
le ciel est
rose-orange
-gris c’est
de la chair
à saumon de
gouttière à
saumon rose
comme pieds
sur le pavé

tel un pont
qui enjambe
le méridien
il tend les
bras et ses
jambes sont
des grosses
sardines de
Hawaii il a
le buste en
inclinaison
vers ce qui
l’occupe au
petit matin
gris-orange

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posted by Lucien Suel at 07:04 1 comments

mercredi 6 mai 2015

JOURNAL INCOMPLET DE MADAME B. - octobre 2007 - I



Lundi.
Je n’ai pas ouvert les volets ; ça me suffit d’entendre le vent siffler le long du chambranle de la fenêtre. Il souffle l’haleine froide dans la feuillure. J’imagine des gros nuages gris et féroces traversant le ciel au-dessus du jardin.
Mercredi
Je m’assieds dans la cuisine pelant ma petite pomme Spartan. Quatre jolis quartiers blancs et des pépins noirs sur la toile cirée. Le frigo se déclenche contrepoint à la tactique régulière de l’horloge. Je bois ma troisième tasse de café. Elle m’emporte le goût de pomme resté entre les dents. Je n’ai jamais imaginé tremper les quartiers de pomme dans le café.
Vendredi
Hier l’homme de l’EDF est venu. Pour changer le compteur. C’est nouveau de la digitalisation. Il m’a expliqué gentiment les ampères et les volts de puissance, la concurrence de la directive de l’Europe. Le monde change encore plus vite que moi.
Dimanche
Je n’ose pas trop me déplacer sur les bords de route, à cause de la boue de betteraves et aussi les chasseurs s’approchent. Je ne veux pas attraper la grippe ni me tordre le col du fémur pour me retrouver allongée dans l’hôpital. Dans le blanc.

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posted by Lucien Suel at 07:52 2 comments