Il
est moins le quart. Je ne suis pas sur la voie ferrée, je suis dans
le wagon, je suis à l'intérieur du wagon, wagon, wagon. Je ne suis
pas dehors à l'heure qu'il est. Rien ne m'a dépêché. Je n'ai
aucune raison de me laminer, je ne veux me laminer ni m'abîmer ni
m'ensevelir je n'ai pas de raison de me laminer, je ne sais pas ce
que serait me laminer, je n'ai pas les éléments en main pour me
laminer, je n'ai pas les éléments en main pour savoir ce que serait
me laminer.
La
carcasse, la crasseuse, la carcasse caresse le vent, la carcasse
caresse les rails, la crasse
Je
ne chahute pas, je ne me vois pas appuyer, ni je ne chahute, ni je ne
m'appuie. Je n'imprime. Je ne m'imprime pas, je ne presse pas, je ne
vais pas m'obliger à presser. Je ne me presse pas contre mes mains,
je ne les comprime pas contre moi, je ne vais pas me comprimer contre
le mou, je ne veux pas m'écraser les mains contre moi ni me
comprimer je ne me suis mis là pour me presser ni pour me comprimer.
Je ne me presse pas, je ne m'imprimerai pas, ni ne s'imprimera sur ma
joue.
Je
n'ai pas nié, je ne me nie, je ne me le nie pas, je n'ai pas nié,
je ne suis pas à la noix ni à la noisette. Ce n'est pas moi, là,
les champs d'endives, des champs d'endives, certainement. Je ne me
suis pas mis tout nu.
Le
train trimballe du monde
Ce
n'est pas demain la veille, ce n'est pas une surprise, je n'essaie
pas de nier, ce ne sera pas le lendemain, je ne le vois pas être
d'une nature surprenante. Ce n'est pas qu'elle n'est pas une
surprenante nature, mais je n'en vois pas l'inutilité. Je ne dirai
pas que ce n'en est pas une, de nature surprenante.
Ne soyez pas surpris si la mort vient de l'intérieur...
Sept jours & six nuits le héros veilla sans pitié.
horizontalement sous le ciel. sans manger sans boire sans aimer.
après quoi en avait-il ? que cherchait-il ?
un signe ? une réponse ? une issue ? Quelque chose de neuf...
Maintenant au septième soir du septième jour le héros
ne tenait plus qu'à un fil. le manque de sommeil, de vivres
& de bras amoureux prenait sa revanche. il cessa de
regarder le ciel.
Mon beau héros. lui dont l'ardente volonté était de garder les yeux
ouverts dans l'instant échoua.
Parce que le héros avait mis à vif les nerfs du ciel. ses regards perçants
l'avaient excité. quand enfin il baissa les yeux les étoiles
étaient devenues cinglées. cassiopée se balançait comme un berceau
Un observateur de hasard incapable de dormir, rêvant à une
fenêtre, comptant les moutons, n'en aurait pas cru
ses yeux. la voie lactée se trémoussa se trémoussa. un troupeau
d'étoiles filantes. des comètes folles. et 1'étoi1e du grand-chien
pareille à une lune nouvelle-née.
mais le héros ne vit rien.
Comprenez : le ciel quand on le surveille est comme une marmite sur le feu. à
la minute-même où le héros tourna les yeux les cieux débordèrent.
météorites & planètes passèrent au-dessus de lui comme des chauves-souris.
qu'aurait-il pu dire ? il n'était pas en forme. Sa langue devenait ivre &
je ne parle pas de sa vue.
ses yeux ne voyaient rien double.
Tout était-il perdu ? jamais de la vie. c'était moche. mais considérez
le problème sous cet angle : le héros avait enfin les pieds sur terre.
Soudain (comme dans un film monumental) se déclencha
une suite d'événements qui pénétrèrent son être intime ; son âme
profonde. faisant éclater ses structures. criant ho-hisse à son
expérience formelle :
sept fourmis rouges mordirent sa main gauche
six pierres tendres roulèrent sur sa langue
ses cinq doigts s'étendirent sur un octave
quatre plumes jaunes surgirent de nulle-part
ainsi que-trois oiseaux bleus
au-dessus de sa tête (halo) firent cercle deux papillons-lunes
il avait faim alors il happa comme un iguane
il avala les deux papillons
son estomac frémit
il s'engourdit. le trou noir.
le sommeil le terrassa
(une minute seulement
mais cela lui sembla dés heures)
& il rêva :
espérons qu'il n'est pas en danger
Il arrive sur la frayère de certains
animaux sacrés. il a peur d'être obligé de
copuler avec l'un d'eux. les danseurs indigènes l'encerclent
puis le cernent. ils le déshabillent. son costume
d'Adam a changé d'étoffe. il a une nouvelle coupe
féminine. on le purifie. on enduit son corps
d'essence de sang de taureau. on lui demande de choisir
un animal.
Un chat tigré se frotte à sa jambe. Un chat gris & or
aux grands yeux bleus. des yeux si bleus que l'eau en vient
à la bouche du héros. Une vache à la peau lisse aux pis laqués de rouge
(très chinois) s'étire & se roule dans un tas
de bleuets. fleurs bleues. plus bleues que
les yeux du chat.
Le héros s'interroge sur ses yeux. Dans cette atmosphère
est-ce qu'ils paraissent aussi plus bleus qu'ils ne sont?
zut pas de miroir en vue. est-ce que l'effet aura
disparu quand il rentrera ? il espère que non.
Sur sa gauche les collines vertes si vertes. un vert
froid de menthe. il regarde au loin & sursaute.
il voit Skunkdog.
C'est un terrible mâtin au long pelage luisant. poils noirs.
sa verge au contraire de ces chiens qui ont un
chibre rouge & visqueux est d'un blanc pur. le héros palpite là en bas
comme une femme & ne peut réfréner un geste obscène.
Skunkdog écarquille les yeux. 2 formidables soucoupes bleues.
les yeux les plus bleus qu'on puisse imaginer. plus bleus que les bluets,
plus bleus que la méditerranée.
Le héros est vaincu. Impudique. il se détourne puis regarde encore.
oh non ! Skunkdog est parti. le héros court vers les
vertes collines. Il est nu & les enfants rient.
il s'en moque. il déracine les arbres les plantes & les
rochers. il s'arrache les cheveux. partout
d'étranges animaux s'accouplent. la température monte. des femmes
mangent de la baleine. d'autres femmes exhibent leurs
ventres.
Dans un ravin il tombe sur Skunkdog. on l'a écorché.
il voit sa carcasse encore chaude. le héros tombe prostré
il va se désoler quand de nulle part lui tombe
la peau de son amour abattu.
il l'enfile.
elle lui va comme un gant.
il n'est plus héros.
il n'est plus héros.
mais Skunkdog
poils noirs yeux bleus.
doggod dog / god doggod
yeux bleus yeux / dieu dieu bleu
POITIERS, 15 mai, à 20 h 30, au Confort Moderne, participation au Festival VOIX. Lecture musicale avec Christiane Bopp (trombone).
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LILLE-FIVES, 18 mai, 13h à 18h, avec La Contre Allée et Colères du Présent à L'Espace du 57, (57 rue de Flers), conférence, débat, buffet, rencontre autour de la traduction avec Laurence Breysse-Chanet, Xavier Chantry et L. Suel.
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PARIS, 15 juin 2013, de 18h30 à 22h30, Bibliothèque Marguerite Audoux, participation à La septième nuit "Remue-net", lecture d'extraits de "D'azur et d'acier"
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ANIZY LE CHÂTEAU (AISNE), 18 juin 2013, à 19h, lecture-rencontre à la Médiathèque.
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LIMOGES, 22 juin 2013, 18h30, lectures chez l'habitant avec les éditions du Dernier Télégramme (avec Frédérique Soumagne)
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LYON 19 septembre, avec les éditions du Dernier Télégramme, rencontre à la Librairie "La Voie aux chapitres", 4 rue Saint-Jérôme, 69007.
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MERLIEUX (AISNE), 29 septembre, participation à la Fête du livre.
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HERMILLON (SAVOIE), 12 et 13 octobre, participation au Salon du Livre.
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A PARAÎTRE
"L'avis des veaux" , collection Xylophage,Éditions de L'âne qui butine
"Je suis debout" (poésie), le 23 février 2014, aux Éditions de La Table Ronde,
En préparation "Récupération des données ordinaires"