mardi 24 mars 2020

La Peste, poème d'Alain Chevrier en mots d'une syllabe


LA PESTE


À cause
d’un germe
qui vient
de Chine

et qui
a fait
pas mal
de morts

les viocs
sur tout
et ceux
qui vont
pas bien

(ils risquent
de perdre
le souffle

mais pour
les autres
c’est comme
la grippe)

en ville
les rues
et places
sont vides

de même
les parcs
les plages
les routes
et les
ronds-points

il faut
qu’on reste
chez soi

et qu’on
y bosse
sur les
PC

très peu
vont à
leur taf

les gens
n’ont droit
de faire
que quelques
pas pour
les courses*

(la bouffe
les mé-
docs et
c’est tout)
les flics
y veillent
et on
doit faire
des fiches
sur où
on va

ils flanquent
à ceux
qui trichent
des P
V de
plus en
plus lourds

aux courses
ou à
la poste
on se
tient à
1 m
les uns
des autres
ou on
entre un
par un

on manque
de masques
de gants
de gel
pour les
mains
même
les docs
en ville
et dans
les CHU
on a
dit 15
jours mais
on pense
que ça
va être
plus long

at home
nous deux
on ferme
le poste
et la
TV
car on
en a
ras le
bol de
la peur
qu’ils souaitent
nous mettre
en tête
lors de
leurs news
en boucle


dans notre
doux nid
on voit
des tas
de films
on oit
des disques
du bon
vieux temps
et des
CD
tout neufs
on lit
au lit
de très
gros livres
on donne
du mou
au chat
on se
fait de
bons plats
on boit
des vins
de choix
jusqu’à
ce que
je sois
presque ivre
on chante
à pleine
voix et
ma muse
me joue
du luth
je ponds
des pouèmes
plus ou
moins bons
on baise
à l’aise
on fait
la sieste
on dort
fort bien
on rêve
qu’on sort
et que
l’on court
tout nus
par les
champs et
les grèves

il faut
qu’on tienne

et que
la peste
au plus
tôt prenne
fin que
l’on fasse
la Fieste !


* Honte à
tous ceux
qui se
sont rués
pour faire
leurs stocks
de pâtes
de riz
d’huile et
de bière
et de
PQ

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lundi 23 mars 2020

Le Jardin et le poète, un film documentaire


L’idée de ce film est venue à Jean-Philippe Jacquemin début 2010 lorsque nous avons fait connaissance à Lille pendant que j’étais auteur en résidence invité par Les Éditions de la Contre allée dans le quartier de Fives. 

Le tournage s’est étalé sur les années 2010 et 2011. Le film a été présenté en avant-première en juin 2012 au cinéma L’Univers, à Lille. 

Avant qu’il ne sorte en DVD, produit par Les Créations du lendemain, Jean-Philippe Jacquemin, le réalisateur, que je remercie, pour son film précis, créatif et bienveillant, nous propose de le voir sur le net, via Viméo.

Ce documentaire est composé de quatre parties correspondant aux saisons du jardin. Il commence en été dans mon jardin à La Tiremande et se termine au printemps dans les jardins de l’Établissement Public de Santé Mentale d’Armentières. Les autres lieux du tournage se situent à Lille à l’Hybride lors d’une soirée de lecture annoncée par François Annycke, au Marais du livre d’Hazebrouck avec Elisabeth Chombard, à la bibliothèque de Lille avec le L.A.M. pour la présentation de mon travail autour de Kerouac et de son Livre des esquisses, à Fives, au restaurant Chez Tonio où je fabrique des poèmes express, puis autour de l’usine abandonnée et à la bibliothèque de Fives pour une lecture-concert avec Laure Chailloux. 

Le film est ponctué par des entretiens avec Elisabeth Chombart (libraire), Benoit Verhille (éditeur), Laure Chailloux (musicienne), Hervé Jacquiez (médecin), Cécile Mercier (psychologue). 

Je lis des poèmes, je parle de mon travail et de mes livres : D’Azur et d’acier, Mort d’un jardinier, La Patience de Mauricette, Blanche étincelle.

Durée : 52 minutes

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mardi 10 mars 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 358)

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samedi 7 mars 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 238)

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mercredi 4 mars 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 163)

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lundi 2 mars 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 159)

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vendredi 28 février 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 133)

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samedi 22 février 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 112)

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jeudi 20 février 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 87)

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mardi 18 février 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 46)

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samedi 15 février 2020

Pense-bêtes idiots par Daniel Cabanis (n° 27)

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jeudi 30 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - IX

IX
VOS GUEULES LES MOUETTES !
par Claude Pélieu

in memoriam
Franco Beltrametti

Franco est mort l'été dernier, quelques jours avant la sortie de son beau livre-catalogue : CHOSES - CHOSES QUI VOYAGENT avait-il ajouté sur la page de garde - Kyoto, Paris, Londres, New York, San Francisco, Paris, Milan, Arles, Sierra Nevada, Riva San Vitale, etc.. Franco était un voyageur, un nomade. Rien d'autre que la vitesse et le vide, et il réalisait tous ses rêves.
Il est impossible de savoir ce qu'est vraiment la poésie. Franco était l'instant, le moment, le geste vécu, exact, le point d'ironie.
Tu nous as quittés sans prévenir DOULOUCOULI.
Au ciel - je sais bien - nous ne pourrons plus t'écrire POSTE RESTANTE. Et maintenant, perdu entre les murs noirs de la nuit, tu prends peut-être le thé avec Ray Johnson.
Franco disait à n'importe qui :
« J'emporte vos images avec moi, merci. »
L'air du temps repeint les rues.
Les bruits-collages se dispersent dans les trous noirs, la mémoire fait les 400 coups dans le cyberspace. Et de ce corps, l'âme séparée, sans yeux ni mémoire, renaît entre ça et ça. Néon pâle dans le ciel gelé de New York.
VOS GUEULES LES MOUETTES !

Claude Pélieu.
Jan 10, 96 USA


C'est avec cet hommage à Franco Beltrametti que s'achève la publication au Silo de l'ouvrage de Claude Pélieu, "Vous aurez raison d'avoir tort", publié en 1996 aux éditions de la Station Underground d'Emerveillement Littéraire. 
Ce livre épuisé figure dans les archives du blog. Il est lisible dans sa totalité à partir du libellé Livre de Claude Pélieu.

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mercredi 29 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VIII.3.


VIII
DE BAS EN HAUT
(Cut/up & Fold/In d'après une communication de Lucien Suel)
par Claude Pélieu

3
Écrit sur la Peau de la Guerre - l’œil jonché d'éternité - il m'a dit : « COUPE », alors j'ai coupé - tout le monde coupe dans le rire-grisou de quelqu'un d'autre - Un terroriste sur le divan de neige - trop longtemps dans la zone d'ombre - ciseaux argentés survolant Palo Alto. D'après un livret dépecé - miroir dérivant dans l'hyperespace - scaphandre de peau-crachoir - en cheville avec le créditeur juif - la Brigade de l'été hurlant dans le code-après-midi - le bal du refus - les yeux du Prince effaçant Frisco - rien n'est permis à l'intérieur - le marchand de mots de la Basse Rue aspire le bleu du ciel - nuit-bulle dans l'étable rose de Fléchin - 1977, U.S.A., étoiles lépreuses en guerre - de rares passants égorgés dans les terrains vagues - un petit village, un soir d'été marqué par une goutte de sang - des émeutiers prennent d'assaut la maison de la Saucisse - d'une seule main enregistre, Station CAROLINE - sangliers bleus embusqués dans le brouillard - on entre, on sort, c'est bien connu, et l'ennemi intérieur est toujours là - abattu par le Pécore Psychédélique dans le ciel du Nouveau Mexique - s'est fondu dans bleu et rose, le Poète chloroformé par les mots de quelqu'un d'autre - ce qui reste du notre père de nos Pâques ? Une croix d'ébonite noire devant Fort Nylon - sifflera pour rire Nylon sur la Voie Express - Captain Nemo, 8 rue Brise Blanc - images devenues ministres - faisait le nègre devant un colombophile - Brocéliande étouffée - l'échelle mobile de qui ? Chenilles-mots grinçant au-dessus de Fort Knox - son lit-cage-scaphandre - HLM-crachoir je suppose - Gais Ciseaux enregistrent en Californie, depuis longtemps - la Confédération Chrysler salue bien bas les chômeurs du Tiers-Monde - Suicide du colombophile juif - il fait encore jour - les Dodgers vont sûrement gagner - entre les lignes d'étoiles, Algèbre Céleste en direct - coupé dans l'oeil du Captain Nemo, alias Glaçon Noir - des heures passèrent - ce sont des mots qui ont incendié cette Disco - grisou-refus - brouillard rouge dans les yeux d'une paire de Nègres, ont poussé la plaisanterie jusqu'à être frères Siamois - Octobre sur la peau du monde - boules colorées laissez-moi rire - banlieue laiteuse - ne coupez plus Brise d'Automne - d'une seule main, abattu dans le Nord de la France - écrit dans une rue qui mène à la mer - franges de ciel de l'ennemi bleu - ce qui reste maintenant ? Pas grand chose - la guerre des lettres roses - Mini K7 explosant au-dessus des corons, du bout des doigts, ni bleu ni rose - après-midi déchiquetée au pied du mur du ciel.

Mill Valley, October 18, 1977
St. Luke, U.S. took possession of Porto Rico,
1898, silence doth seldom any harm

4:30 pm/5:30 pm, Pacific Time

Claude Pélieu a réalisé ce "cut up" et "fold in" à partir de mon poème "Moteur Epouillage, journal de voyage 1958-1978" qui fut ensuite édité par Gilbert Humbert dans le n° 1 de la revue Le Point des indices (1979) avant d'être repris en 1988 dans mon premier recueil intitulé "Sombre ducasse" aux éditions de la Station Underground d'Emerveillement Littéraire.


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mardi 28 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VIII.2.


VIII
DE BAS EN HAUT
(Cut/up & Fold/In d'après une communication de Lucien Suel)
par Claude Pélieu

2
Pacifica, le lierre empoisonné étouffe les cèdres du Liban - Rien n'est permis dans ce brouillard - les otages sont sains et saufs - terroristes effacés du bout des doigts. Suicide électronique - la paire de ciseaux est l'ennemi intérieur, attention, plus rien ne sort du trou du cul d'un Nègre - pas de commentaires ?

Palo Alto, 8h30, le marchand de pastilles est abattu par cinq voyous - miroirs racornis sous la fourrure des mots - le pécore psychédélique est devenu Ministre de la Guerre - soucoupes volantes dans le ciel du Nouveau Mexique - faisait son service militaire dans l'émail bleu du ciel, au service du pays qui n'existe plus - il s'est fondu dans les yeux d'un camionneur, soprano-sagittaire, à Hee-Haw Junction - rappelez-vous, le Poète et l'Enfant, le petit Renne Blanc, Marie Chapdelaine - braises ardentes perdues dans le brouillard.

Un colombophile mort dans la neige, dans le Nord de la France - mort en service commandé après avoir trop longtemps tiré le diable par la queue - Ni bleu ni rose - herbes folles et fleurs sauvages dans la Basse Rue qui mène à la mer, au pied du mur du ciel. Nuages chloroformés - brouillard rouge sang - billet argenté sur buvard rose - je me souviens, la nuit de Pâques, la Croix fleurie - franges de ciel dans l'après-midi-bulle. Il fait encore très chaud ici. Voilà ce qui reste d'une étoile.

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lundi 27 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VIII.1.


DE BAS EN HAUT
(Cut/up & Fold/In d'après une communication de Lucien Suel)
par Claude Pélieu (1977)

1
L'échelle mobile braille entre les lignes sur la peau des mondes. La Guerre des Neiges. L’œil jonché d'étoiles. Comique ? Tragique ? Le Dr Bumpo dégueule dans sa boîte à orgones - station CAROLINE, California, Octobre 1977, U.S.A. - lèpre radio active, ébonite noire effaçant l'Algèbre Céleste - Ganymède-Sodome Express - rues dépecées, lettres étoilées, planète sciée - nos créditeurs, boules colorées éjectées du miroir bleuissant. Chenilles-mots - déchets et ordures radioactives au large de Frisco - rock 'n' roll grinçant dans les chiottes du Pentagone.

Lasso de nylon ? L'histoire du mec qui a fait la Guerre des Deux Roses dans la troisième dimension - tango Zoulou dans les poubelles de Brazzaville - la viande des dieux, cellules sonores - US SIGNAL CORPS, FORT ÉLECTRONIQUE, éclairs stroboscopiques, hyperespace, réacteur, Chaîne ADN - troisième guerre mondiale, dimension explorée depuis longtemps. Nous avons retrouvé la boîte rose du chasseur supersonique FF 51 au-dessus de Fort Knox, la boîte a dit, en direct : « Laissez-moi rire » - sifflera trois de Treblinka de son scaphandre en peau de Juif.

Chrysler rose sur la Voie Express Oubliée.

Lit-cage, deux-pièces cuisine dans une banlieue lépreuse cernée par les corons. Éternité-crachoir. Il m'a dit : « COUPE DANS L'ÉTABLE LAITEUSE. » (Voilà, c'est fait).

Les Isles du Prince, glaçons noirs et bandes magnétiques, Vidéo Police en cheville avec de trop rares passants. Captain Nemo, 8 rue Brise d'Automne fait mourir l'été. La Brigade Gais Ciseaux ne répond plus, effondrée depuis longtemps - roman-photo, branloir psychédélique - deux heures passèrent d'une seule main.

Tous les magasins du village furent détruits. Métal hurlant dans une ville de province du Nord de la France. Disco nommée « GRISOU » - le bal du samedi soir, le gros rouge, et pas de soleil dans les télés noires ou blanches - il faudra décoder ce qui n'a pas été enregistré - CE SONT SES MOTS, livret de Lucien, 27 janvier 1816, Mini K7 explosant en Californie - une goutte de sang, une main tremblante ouverte au soleil.

La Confédération du Refus - les sangliers bleus de Brocéliande - images trouvées sur le divan soyeux du Prince des Ténèbres.

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vendredi 24 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VII.5.


VII
J'AI PASSÉ PAR LÀ POUR VENIR ICI
par Claude Pélieu

5
À la nuit tombée, une poussière phosphorescente danse devant nos yeux, balles traçantes de la colère voyageant dans les étoiles - Nous savons pas mal de choses sur l'espace, nous devons le conquérir maintenant - Nous avons absorbé les mots qui nous aident à vivre, nous les avons rejetés, et ils viennent mourir avec les vagues sur le sable de Wild Cat Creek... les enfants illettrés sautent de planète en planète... sur Terre dix milliards de crustacés retardés s'écoutent parler, se surveillent jour et nuit d'un bout à l'autre du monde... Les satellites de communication et les ordinateurs scellent le pouvoir des images télévisées... Dieu, astronaute anonyme, rit dans sa barbe... Rumeurs de guerre civile, propagandes, peste, le tumulte des discours et les vociférations sont couverts par la chanson des télex, des radars, des sonars, des telstars et des caméras-lasers - J'entends les hurlements des manifestants bien ancrés dans la médiocrité, piégés dans leurs scaphandres de peau, intoxiqués par les idéologies du passé - Opération HOLOGRAPHIE - Survivront-ils ? Par quoi remplacerons-nous ?... Les voleurs de temps et la famine menacent les trois-quarts de la planète... C'est simple, tout est produit et empaqueté, hot and cool, soft and hard - c'est comme ça, c'est possible entre ce qui est et ce qui devrait être - le bazar idéologique se dissout dans les chiottes du drugstore du ciel - de nouvelles technologies nous imposent de nouvelles guerres et un nouveau style de vie. Nous sommes prêts - CHANGER OU DISPARAÎTRE, déclencher, provoquer, partir ou vaporiser de la merde de poulet dans les coulisses de l'univers... Je manque de m'évanouir chaque fois que j'entends parler de « révolution sexuelle », branlette dans la poussière d'étoile... un rayon gamma flotte près de la fenêtre - un cri de guerre ultraviolet s'échappe d'un nuage radioactif et efface le bleu du ciel - Nous nous attirons les pires ennemis - mirages génétiques - Le film s'emballe, entraînant les rues, les foules baveuses, stupéfaites, les banlieues, les continents perdus - Les survivants se cachent dans les égouts, les intellectuels se branlent dans les cimetières et dans les morgues, en fait, nous sommes à la merci de ceux qui disent : Comme le temps passe...

Claude P. Washburn
Rainbow Studio, Silver Island,California
September 1977, Stokowski and Robert Lowell are dead.

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jeudi 23 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VII.4.


J'AI PASSÉ PAR LÀ POUR VENIR ICI
par Claude Pélieu

4
L'hébétude des derniers blancs se superpose sur ceux qui ont encore une couleur, un fond de teint, et que la déraison alimente - la direction, la trajectoire, les chiottes !... les gouines rouges, les SS en jupons, les travelos, les fonctionnaires tarés et les professeurs défilent dans les rues vides - une race de blattes athlétiques émerge du bouillon de culture - la famille nucléaire biologique tire un coup à blanc dans la pastèque de l'Oncle Tom... L'Oncle Sam se paluche devant l'écran de télé tuberculeuse, le cul dans un baquet de tripes - les anges occidentaux s'accouplent aux tartares communistes et à quatre pattes bouffent leurs excréments - le nègre de service sifflote St Louis Blues et bafouille devant l'ampleur du génocide - Chiens et rats marchent dans vos rêves, vous êtes là, dans ce monde ou dans l'autre, pour le meilleur et pour le pire - Jim Lafleur, Beef Puke Charlie et Johnny Pissoff improvisent dans la jungle de bandes dessinées.

1963, 1966, 1971, 65 000 km parcourus entre collages et dérives - 1977, tout se réinvente du bout des lèvres, d'un bout à l'autre du monde - blocs d'intersections planétaires tourmentant l'horizon du village global.

Les idéologies ont créé le pouvoir-image, l'homme-image.

J'ai passé quelques jours à Paris... en ce temps-là, c'était la Pologne, la Hongrie, le Portugal en plus petit, tapisserie bâfreuse, jardins à la française, agitation de circonstance, et la Seine, si belle, charriant les vieux pansements - la diarrhée verbale - J'étais à l'hôtel des Américains... quelques cartes postales sont restées sur la table, comme ces longs cris sans haine, ressemblant aux remorqueurs - c'est là que j'ai écrit APRIL IN PARIS, après une dérive au Père-Lachaise... un flot de poussière d'acier et d'oxyde de carbone avalait le paysage, les micros-mécaniques de la nuit gémissaient... les ailes géantes de la pollution, faites d'ombre, de néant et de maladie, bourdonnaient.

J'ouvre le journal... fait-divers... ce matin un jeune homme s'est donné la mort... d'après ses proches il avait lu dans trop de livres : « À quoi ça sert de vivre ? » - l'immense vague d'amertume a eu raison de lui - l'outrage coule dans les veines déchirées des désespérés - je pense aux allergies de d.a. levy, de Lee Crabtree, de J.-P. Duprey, d'Adamov - et les hélices du rire se fanent dans les hautes herbes... le froid noir n'a pas de visage.

Tous morts, en torchade, au milieu des fleurs d'acier et des griffes, sur les champs de bataille, sous les déchets de la mosaïque vivante - j'ai vu la foudre nettoyer les terrains vagues, et la brise nocturne transporter les parfums des fleurs et de barbecue... les lumières de la ville dansaient dans le lointain, les feux de l'azur étaient portés par les vagues.

Aujourd'hui l'électricité dénoue les silences de la sierra. Des mouettes planent au-dessus d'une immense tache d'huile. Un chien jaune, galeux, renverse une poubelle métallique. Le terrain de golf est jonché de papiers gras, de boîtes de bière vides, de vieux journaux - les banlieues lépreuses dévorent ce qui reste, peu à peu les grands espaces disparaissent - les ordures nucléaires et les gaz empoisonnés sont dispersés au hasard... un grand éclair blanc effacera cette colossale médiocrité.

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mercredi 22 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VII.3.


VII
J'AI PASSÉ PAR LÀ POUR VENIR ICI
par Claude Pélieu

3
La nuit américaine chante - il pleut sur les livres de compte de Donald Duck - il pleut sur les bruits de l'ombre.

Il pleut sur les paumés entassés dans les rues nègres - des êtres infects maculent les affiches du silence - il y a toujours un malentendu, nous sommes là, cueillant les fruits pourris de la vieille culture, en liberté plus que surveillée... mouillant jusqu'à l'aube pour un p'tit bout d'poème, pour un p'tit coin d'paradis, une chansonnette... nos doigts se désintègrent sur les tables d'écoute, avec les silhouettes scandaleuses et les tubes trop connus... Alors, le grand éclair blanc, en direct d'Alamo - la grande, joyeuse et juteuse boucherie raciale - tout ceci peut paraître lointain, flou, dingue... Gigue dans la fosse aux visions... nous sommes au bout de la nuit, relisant la ballade des pendus de Sékou Touré... les spécialistes de la barre de fer vous souhaitent la bienvenue avec les gouines rouges... Pour Frank-la-Banane tout allait bien, il fredonnait « Hare Krishna » en épinglant son étoile jaune au revers de son poncho, son journal de bord était la fin de l'histoire.

Le monde est à feu et à sang, les super-puissances se livrent une lutte d'influence sans merci. Tout le reste est dérisoire. Ce sera eux ou nous. Il n'y a pas de compromis possible avec les Forces du Mal. Voilà ce que je pense aujourd'hui - nous ne sommes là pour personne, si vous approchez les gros revolvers rouges et les fusils à canons sciés aboient... Ils persistent à jouer le jeu, ils savent très bien qu'il n'y aura pas de révolution, ils se prennent au jeu, à l'unisson - marche-arrière dans le tunnel du temps - ils lisent le guide du Bricoleur dans l'hypermarché freudien - voici les éléments du dialogue... les guérilleros belges et suisses ont le goût des révélations... il n'y aura pas beaucoup de survivants - en ce temps-là nous nous posions des questions : Est-ce que les américains vont provoquer une énorme catastrophe avec leurs déficits ? Est-ce que les êtres supranormaux vont éliminer les assassins paranoïaques ? Est-ce que les robots vont massacrer les irrationnels ? Est-ce que les nains et les vilains de l'espace vont être mis hors d'état de nuire par les guides du temps ?... Un psychodrame fait de ragots et de bégaiements... Nous allons vous expulser dans le magma de permutations historiques... D'ailleurs il n'y a plus d'actualité... ne restent que les traces fulgurantes d'une super-production hollywoodienne... la seule machine à rêver... Programmés il y a longtemps les clodos de la nouvelle gauche sèment la dysenterie dans cette galaxie... des gens sans passé, sans avenir, sans durée, coincés entre ces millénaires d'images - Les astronautes sont revenus, un cancer triste tatoue le paysage et ravage le journal électrique de Times square, les cavaliers de l'Apocalypse chantent, braillent des obscénités... Qui êtes-vous dans ce mur de représailles ?

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mardi 21 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VII.2.


VII
J'AI PASSÉ PAR LÀ POUR VENIR ICI
par Claude Pélieu

2
Tous morts, avec les dopogrammes et les spermogrammes, coincés entre les télex et les ordinateurs - vision totale entre les branches du Mythe - vision de tous les êtres crus, branchés, de toute évidence, d'un bout du monde à l'autre, représentant toute la science-fiction aux limites du rêve et de l'action... Choses vagues imitant les positions tantriques des êtres jetés les uns contre les autres, dans la plus complète indifférence... ces êtres défigurés par la politique, atomisés par le militantisme le plus débile, vendus et achetés, mutilés et torturés, gazés, napalmisés, cons et sales... Et puis quoi ? Tout ce sang, toutes ces dérives, n'est-ce pas peu de chose ? Si nous tenons compte de... De quoi ?... L'écume des jours s'excuse, les ombres frangées de l'histoire, cradingues, dociles, dialectiques, abouliques, surbranlées... alors on raconte, on se répète, en gris, en noir, en couleur, la sono trépigne entre les doigts du passager de pluie, nous sommes dans l'espace - bandes pré-enregistrées sur le rail hallucinatoire...

1971, je me souviens... Londres roupillait, Paris était un charnier d'idées, ici plus rien n'existait, plus rien ne pouvait durer - tous morts - par centaines ils sont tombés dans le trou du souffleur, techniquement morts, vous comprenez ?...

Ils ont bonne mine les sociologues, les analystes, les militants, les journalistes, et tous ceux qui découvrirent l'Amérique - de quoi parlent-ils terrés dans leurs bunkers universitaires ou dans leurs crèches sauvages, leurs gros culs dans la choucroute ? De quelle société ? De quels nègres ? De quelle contre-culture ? De quels mouvements de libération ?... exotisme, parano... certains évoquent encore ces petits équipages subversifs, intensément cultivés, traversant l'Atlantique, quinze ou vingt ans après, avec Nikons et mini-cassettes atteignant la côte West avec Hertz et quelques gauchistes hébétés... « Marx et le p'tit Jésus bouddhique vous saluent bien », disait Jimmy Cul-de-Poisson... Mon Dieu ! Mystiques de prisunic et rabbins chétifs !... Plus de mystère, plus de féerie, rien ni personne - seule survit la bonne grosse connerie militante, et les mauvaises odeurs de la nouvelle gauche... mousse verdâtre phosphorescente dans les yeux bigles de l'interlocuteur.

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lundi 20 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VII.1.


VII
J'AI PASSÉ PAR LÀ POUR VENIR ICI
par Claude Pélieu

1
Amphétamine Cow-Boy en direct de la rue Sans Nom... Londres, 1971, série noire surréaliste dans le ghetto des mots et des idées... ombres grasses au-dessus des banlieues lépreuses... 1971, vous vous souvenez de ces photos - vous étiez scandalisés, émus, indifférents - vous n'étiez pas des barbares, comme ces jeunes soldats, comme Charles Manson - vos idées étaient bien à vous, donc vagues... et je disais qu'il n'y aurait jamais assez de violence, je n'aime pas la violence... Depuis j'ai brûlé ce que j'aimais, et j'aime ce que j'ai brûlé. Tout au long de la route, encore une fois, je vous raconte, vite, en gris, en noir, en couleur, comme ça, à l'emporte-mot, avec ma bombe tue-temps, mon herbe bleue, et tout - moi aussi je me suis trompé, je comptais intercepter quelque chose, le réel-surréel, quelque chose saisi au vol, en plein ciel, en chute libre, en haute mer, n'importe où - Prose-poursuite dans les rues du monde, karaté mental... pirouettes ! merveilles ! fêtes ! magie noire et blanche ! festivals de vie !.. je me souviens des mômes-pivoines et de leurs jeans tachés de foutre, des anges de l'enfer, des filles-fleurs aux yeux de ciel, tous défoncés, planants, comme on disait en ce temps-là... Bien sûr il y a eu des hauts et des bas, des conséquences, des effets désastreux, des accidents, et des rumeurs...

« De nos jours, fiston, il faut faire vite », avait coutume de dire Jimmy Cul-de-Poisson, appuyant sur l'accélérateur, feuilletant distraitement son dictionnaire surréaliste, avec quelle grâce !... toujours sur le ballasta!... Je comptais établir cette carte du cerveau, à travers une chaîne ininterrompue de poèmes, de cantos, de scripts, de collages, de bribes, de photos, de films, d'enregistrements, d'informations, et de visions, vite, brutalement, avec arrogance... Images uniques jaillissant de la nuit américaine, images sans cesse décodées, effacées, images-actions de l'absence, de la colère, de l'exil, de l'oubli, de la mort sans phrase, et surtout les images de la vie qui murmuraient gravement : CHANGER OU DISPARAÎTRE.

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samedi 18 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VI.5.


VI
AMUSE-CRÂNE,
intersections de Claude Péloquin
par Claude Pélieu

5
Échos disent : CLAUDE PÉLOQUIN, POÈTE CANADIEN, SUPERSTAR, JUKEBOX BLEU TITUBANT DANS LES RUES-PHOTOS - CLAUDE BEAUSOLEIL ET LUCIEN FRANCOEUR PROGRAMMÉS PAR LE STUDIO « PARANO EXPRESS » - images fauves criant sur l'étoile morte - cieux mouvants dans un trou de lumière - ombres anonymes raclant le ciel - ombres-Sargasses mourant sur les saisons - un trait de pluie et les couleurs sautent dans le feu - rues-images explosant dans le froid, robots pognés dans les cavernes d'acier - en plein cœur la poésie réfugiée sur une étoile de fer.

SPLASHER DES KILOMÈTRES de couleur pour que tout ça avance - plus rien sur l'écran mort - ombres bleues dans le ciel triangulaire - étoiles nègres à l'intérieur de la lumière - des kilomètres d'oubli - tout ça avance - défonce argentée - DOPOGRAMMES dérivant entre les pierres - soleil fracturé nageant sous l'eau - coupures intraduisibles accompagnant l'Atlas de la Vengeance dans les rues de l'océan - l'Ouest Sauvage rêvé et vécu dévoré par la Police du Rêve - ombres froides écrivant en marge pour sauver le peuple-image - scripts sans voix, le tube cathodique éjacule - dix ans dans les étoiles remuant tout au long du pointillé sémitique - CAPTAIN SCHIZO IMAGE MAJUSCULE DU POUVOIR QUI TUE - métal mort hurlant au galop - and someone called Elvis a nigger, «aTa dee dah dee dee dah » - LONG BLACK LIMOUSINE, BABY LET ME BANG YOUR BOX - AUTO-POÉSIE SUR L'AUTOROUTE DE LA NUIT - le néon crève l'écran - J'AI DES WOWS DANS LA BOÎTE CRÂNIENNE.

Claude P. Washburn

November, All Souls Day
1st US auto show, 1900

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vendredi 17 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VI.4.


VI
AMUSE-CRÂNE,
intersections de Claude Péloquin
par Claude Pélieu

4
FLASHER DE LA BEAUTÉ sur la mosaïque laiteuse du Nouveau Monde - roulant à bille la montagne fait des trous - fumée-herbier - rien dans les eaux de la Seine - TU DIS VITESSE acier faible - les nerfs mexicains murmurent dans la poussière - pluie-harpon magnifique, fleur fanée dans un ciel d'eau - était autrefois sous le choc murmurant sans cesse « aluminium » - dérive, j'en conviens, une fin illisible - poussière galactique dit que le ciel a mal au cœur - RÉPÉTITION-MÈRE - la fille du papier jouit dans les yeux mexicains - musique-cyclone ravageant les narines saumonnées et tu dis SOLITUDE-VENDREDI SAINT, Sargasses-Pieds Nickelés - tu rêves et meurs sur une vague morte moisie - légendes seront des chiennes - sperme-minute splashant sur le pointillé d'herbe - flocons lointains dans la boîte crânienne - horizon laqué, parole s'est fait avorter - mort le souvenir écœurant - trou-banque - hostie ne l'a pas fait exprès - la peur encore a vu, bègue et conne - enfants perdus il faut sortir du bougnoule - j'entends les couleurs les vagues et le vent - un regard-rumeur, arrière goût d'atome dans le cul civilisé - une pluie d'or enfermée dans le vide violent de l'histoire - l'arc-en-ciel hache les fleurs - feux bleus, regards lourds, jukebox coulant à pic dans l'océan de viande rouge - ciel rose, tourbillons fluorescents, images mortes tordues par les parenthèses argentées - « ont disparu », vous comprenez ? - hideur à tous les niveaux - des villes entières rasées - l'histoire-piège civilisée brouillant les pistes audio, coupant la chair des races inférieures - photos-hachures prenant d'assaut le Studio Énigmatique - visages bruits d'yeux à l'intérieur des flammes - taxi jaune abandonné dans la montagne - alors se mirent à rire dans l'éternité, voix lointaines épongeant le sang - CANADIAN CLUB, écho-soda et mescaline, fumée-myosotis, échos et parfums - un ciel sans nuages, désespérément bleu - affiches et corridas - films gris dans la jungle up-to-date - gouttes de feu suivant le vent du Nord - l'herbe rame sur la mer de bruits éteints - messages codés sous les débris - bulles d'émail - flot de métal brûlant la fourrure de la nuit - la peau des mots - sourires ombrés, bandes hallucinées, grappes d'images enregistrant à voix basse - émeutes et bruits - prisons sinistres - poussière d'ange, médium avaleur de peau - terreur dans les abîmes-culs-de-poisson.

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jeudi 16 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VI.3.


VI
AMUSE-CRÂNE,
intersections de Claude Péloquin
par Claude Pélieu

3
Ciel laiteux. Échos-trous. Sperme-argile. Ne plus rêver. La mort-antenne fouille le ciel californien. Pensée-semelle qui autrefois - issue-otage - fumée-rêve à l'horizon - sommes sur le toboggan de la solitude - coupure/larme harponnant l'écume - sperme-poussière grinçant sous le choc - répétitions saumonnées, banque-chien, crâne-avortoir - coupé et plié dans la boîte à musique - cœur-horizon au pied des magiciens - sang-écume sur la piste de la pensée - rire vide descendant du ciel-image - peur mexicaine - l’œil crucifié sur l'hostie-caïman - galères d'aluminium - voyage crachant ciel-Sargasses -

l’œil vide murmurant « autrefois » - fleur dépaysant la couleur - fumée-dépotoir écrivant « civilisation fanée » - chiens-souvenirs errant sur les hauts plateaux - parole-braise léchant le brouillard, mordant le trou-pluie, choses anciennes épluchures avortées - l'onde ravage et creuse - rêve moisi - images géantes, froides, crucifix d'aluminium - un air mexicain, une minute de silence, affaire d'eau, j'en conviens - hostie-caïman est entrée dans la banque du froid - la fin de l'histoire -
ÉCRIRE ciel, Baja California, Novembre, hostie-brouillard, PEA SOUP BLUES - écrivant vite au-dessus du Saint-Laurent - UNE ÉTOILE dérape, ondes pluvieuses, antennes ont déjà dit ROMPRE VITE - otage plié mur-patience - la peau de la Nouvelle France - harpon-patience - LA TERRE DES CHIENS - flocons de bandes audio dans la coupure transparente - « T'es pogné plugué sur l'toboggan galactique ciboire » œil froid et mort dans les rues épluchures -

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mercredi 15 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VI.2.


VI
AMUSE-CRÂNE,
intersections de Claude Péloquin
par Claude Pélieu

2
AUSSITÔT QUE TU DIS VITESSE TU DIS SOLITUDE - pensée-bouée, fumée dépliée, Police Télévisée, sperme électrique léché par l'onde - RIDICULE COMME UN VENDREDI SAINT, j'en conviens - hostie, otage neutre, flocons d’œil - Comment survivre quand tout est truqué ? Quand tout est entre les mains des robots, des chiens sales, des psychopathes et de l'Administration Totale ? Comment survivre quand on est seul, flippé, réac (comme ils disent) ? Quand on est pré-enregistré par le Bureau des Idées, programmé et sans cesse menacé par le Parti Intellectuel et les cons ? L'Esprit Sale et Laid a même éteint la voix du paysage - ne désespérons pas, la tristesse est obligatoire - et comme je le disais à Honey Boy Bongo : « Apartheid ou pas, du moment qu'on a la santé... » - tessons zodiacaux dans le ciel grillagé par les idoles de l'eau et du feu.

LES VRAIS MAGICIENS NE LE FONT PAS EXPRÈS - rêver alors ? Immobile, voguant sur les Sargasses vides, avec les images bègues de la Nouvelle France - labourant le rêve-fumée des hauts plateaux -LA POÉSIE COÛTE LA PEAU, on en vit, bien ou mal, mais on n'en meurt pas - champs de pavots, plantations de kief, sommeil-harpon rêvant sur la piste morte, lames géantes murmurant sur le toboggan des nerfs.

J'AILLEURS J'ACIER JE CAÏMAN ET JE PIEDS NICKELÉS ENCORE - murmure-hasard - LA PEUR C'EST LA PATIENCE DES FAIBLES - paroles froides dans les murs, bagages de nerfs gémissant sur une vague morte, îlots crucifiés, fumée fanée, ondes-antennes déployant la pluie d'autrefois - légende d'aluminium - J'AI VU LA TERRE DANS UN DÉPOTOIR MAGNIFIQUE - écrivant sur la double piste pensée, bandes audio des nerfs disent : LES FEMMES SERONT DES CHIENNES TANT QUE NOUS SERONS DES CHIENS - miroir harponné par le rêve immobile de l'argile, flocons scalpés - horizon transparent - sperme-cyclone crucifié sur l'onde-larme - coupure transparente - Fleur de l'âge, minute de silence - îlots de mots irradiés, antennes labourant le ciel d'eau, parole-horizon splashant lumière-laque, flocons et bribes - un rire solitaire pogné sur le toboggan galactique. Traces lointaines, invisibles, coulant, dépaysant, dérapant - lampes scalpées - ondes perdues dans le désert - couleur silencieuse saignant sous le choc - écume d'herbe, fumée écrivant larmes dans l’œil froid - poussière murmurant « civilisation » - On ne rend hommage qu'aux morts. Le reste, le dérive, la poésie, la défonce, n'est qu'une affaire de vivants.

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mardi 14 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VI. I.


VI
AMUSE-CRÂNE,
intersections de Claude Péloquin
par Claude Pélieu

1
L'ÉCRITURE C'EST LA FIN DE L'HISTOIRE (Claude Péloquin)

ÉCRIRE C'EST SPLASHER DE LA BEAUTÉ - le ciel a mal au cœur - horizon laqué, ciel d'aluminium, traces laiteuses scalpées par le hasard entre Longueil et la Baja California - glaces lointaines sommeillant dans l'écume transparente - LE SEUL APHRODISIAQUE QUE JE CONNAISSE C'EST LA RÉPETITION.

Parole-braise. Hostie toastée au pied de la montagne. Flocons de sperme dépliant les murs-harpons. Brouillard d'autrefois - échos invisibles - le sang de la lumière lèche les bribes dans la couleur-herbier.

IL DIT À SA FILLE : « TA MÈRE S'EST FAIT AVORTER » - écrivant vite, roulant à bille sur du papier, sur la piste glacée le coeur-bouée dérape pour ne plus rêver ma pensée - LES YEUX DE TOUS NE FONT PAS DE TOI UNE ÉTOILE : ILS FONT DES TROUS.

Un rire lent, immobile, silencieux. Larmes d'argile à rompre dès que la fumée mord la poussière. Coquillages froids et vides inhumés dans les eaux du Saint-Laurent, otages des légendes. Morte l'étoile, RIEN N'EST ÉCOEURANT COMME UN SOUVENIR - ciel descendu du hasard-Sargasses, pierres-miroir éclatant dans l'image-issue. Trou-pluie. Vent brise-lames labourant le ciel mexicain - choses anciennes voyageant en orbite.

J'AI DES MINIMOTOS DANS LA BOITE CRÂNIENNE - danse des antennes crucifiées - hasard-épluchure hurlant à la mort sur une vague, déployant l'onde de choc - ILS SONT ENTRÉS DANS LA MUSIQUE COMME DANS UNE BANQUE - îlots de nerfs dans l’œil neutre du cyclone qui ravagea ce continent.

JE L'AI DÉJÀ DIT; IL N'Y A PAS DE TRUITES SAUMONNÉES DANS LA SEINE - traces, murs-échos, galères de bribes dérapant sur la fin de l'histoire - Pélo-Crispé dans l'Asile Pop Music - rire lent à rompre vite - légende-ciel crachant sur les narines moisies du langage - miroir pluvieux, voyage mort, vague muette, solitaire, choc qui était autrefois aluminium.

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lundi 13 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - V. 4.


V

RACCOURCI SUR LE JUGEMENT DERNIER
par Claude Pélieu (été 77)

(avec la collaboration de Mary Beach, William Burroughs, Chano Pozo, Captain Parano & Johnny Pissoff, Carl Weissner & Liam 'Zero' Gallagher - scripts & conversations enregistrées en 1965, reprises & mixées avec ce qui rugit sur cette page - RACCOURCI SUR LE JUGEMENT DERNIER, bandes audio & images de la mort télévisée emmêlées, un rêve plus long que la nuit, la double vue d'une voix)

4
LES ASTRONAUTES MORTS N'ONT PAS D'AVENIR - ICI LES RUES SONT VIDES - LE BILAN s'alourdit : la mort des Astronautes, la mort des individus, des continents, des religions, des arts, des civilisations - jamais le poète ne s'adressera aux masses désespérées - la fuite du temps banale & la violence aveugle s'expriment clairement, d'affreux vieillards se branlent dans les rues vides - un saut de carpe de la biosphère à la technosphère - Le Pouvoir/Image tue par procuration - alors de 1965 à 1977 nous nous remettons à parler tous ensemble :
« Suis allé au cinéma gaz-yumi renifler l'Enfer, dit William, avec ma pluie américaine » - « Tu marches en Enfer ? » - les Bandes de Shannon & le Syndicat des Films dans la vieille église, Ohio - puis il ajoute : « Enregistre l'enfant mort maintenant, il est dans l'ouest du Texas. » Carl, alias Webber BP, fait marche-arrière dans le ciel lointain. Mary & Connie ouvrent cette porte.
Chano Pozo en harmonie avec ce script. Captain Parano piétinant le visage-jaunisse du bougnoule électrique - cerveau-transistor du cireur de rétine - eh bien, les gars, j'suis arrivé jusqu'à Star Cortex, en chute libre - Carl essayait de s'envoyer le pilote automatique - William visa le Mexicain entre les deux yeux - un éclair blanc dans la pissotière - le mec est tombé lentement, la bite à la main - voix métallique de Panhandle Door, 1887 - et Poincaré s'est mis au boulot. « Alors, bon voyage derrière ces mots » - « J'suis l'temps » - séquence S.O.S. agitant ses moignons - « J'suis ce sombre Adios dans cette colonne de chair » - nous avons eu la peau de la lumière, du passé, du présent et du futur - « Maladie-sobriquet du jeu de la guerre » - l'image l'a eu, tout à fait par hasard - Baked Alaska était son nom de guerre - l'ouest-script ou la double vue d'une voix - 1965-1977 se déroulant dans les yeux vitreux du somnambule, asphalte nue souffrant d'hépatite, de Silver-City à St. Louis - le ciel gris-fer, bas et lourd - la fuite du temps quelque part - voyez-vous la poussière grise et jaune qui se soulève aux abords des villes-fantômes ? - Nuit & brouillard pour une autre fois - alors, est-ce le moment de DISSUADER et de PERSUADER les Forces du Mal et de mettre fin aux négociations lâches et honteuses ? - voix électrocutées de quelques écrivains traquant les bavures de la vie.

Claude P. Washburn
traduit de l'américain par Mary Beach
ÉTÉ 77
CALIFORNIE
SPACE CIVIC CENTER
U.S.A.

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