18.5.08

Les pigeons de Jackson Pollock

Les pigeons de Jackson Pollock ont travaillé dans l’allée du garage.


On a entendu cliqueter la bombe de Trembling Joe, le tagueur parkinsonien.


L’expert en graphologie a certifié authentique la signature d’Isidore Isou.


Un lapin blanc se cache dans notre dessin ; sauras-tu le retrouver ?
a
a
a
Ces photos ont été prises par Denis Vanneste le 1er mai 2008 à Arras, dans la rue du Conseil, pendant le Salon du Livre organisé par l'association "Colères du Présent" à Arras. C'était pendant la performance "Photoromans", images de Patrick Devresse (présent sur la seconde photo), texte et lecture de Lucien Suel.
De cette performance, on peut voir ici d'autres photos prises par Martial Rossignol.

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13.5.08

Journal du Blosne (3)

Journal éclaté de résidence au Blosne
3
Résonances. Écriture dedans - lecture
dehors - quartier (coupe en quatre le
cheveu) intime - ville collective. La
notion de quartier : non au ¼, oui au
total ! L'unité, pas de quartier ! Je
compte : 4 quartiers = 1. Invitations
pour d'autres personnalités, pourquoi
pas William ? Si tu veux ! Collages &
poèmes à partir des documents locaux.

Le Blosne est écrit. Palimpsestes des
chênes avec les traces, boursouflures
des barbelés incrustés sous l'écorce.

Où est le cimetière du Blosne ? Parmi
les lumières de mai, les nationalités
du Blosne. Salut à toi ! Petit Béru !

Les fleurs de la cité descendaient du
Mt Thabor comme un Galaad de couleurs
(chrysanthèmes pétunias iris bégonias
verveines sauges giroflées) comme les
graines amenées par les vents, herbes
folles (j'ai laissé ma flore Bonnier)
dont on ignore le nom. Les écrans des
maquettes virtuelles de la ville sont
invisibles. Prisonniers allemands, le
bombardement sur Rennes, les échos et
les prières. L'origine des légumes et
l'origine des gens (cf la revue "Pour
Nos Jardins"). Les couleurs du Blosne
dans mes yeux : blanc gris vert bleu.

Les castors. Ce vieil arbre auquel se
sont frottées les vaches encore là au
milieu du Blosne. Le vent d'ouest sur
les jardins familiaux du Bintinais. A
la place d'ouvrier, on dit familial !

Comme la figure de l'ouvrier, son nom
disparaît, pas lui. La Z.U.P. aussi a
disparu : Le Blosne est né. Fait à la
main, la liste des noms et des objets
à recopier. Le bois des Ourmes, aussi
appelé bois des Allemands. L'arrière-
grand-père d'une petite Berlinoise au
repos éternel au Blosne dans la terre
d'ici ? Carrefour 18, la couture, les
menaces sur le centre social. Le C.C.
« Centre Commercial, Centre Culturel,
Culture & Congrès, Comité Central, ou
Centimètre Cube » Barrer les mentions
inutiles. Haie de pyracanthas buisson
ardent, après le Thabor et P.P.U. qui
mue. Chênes, charmes et pins parasols
géants. NOUS AMÉNAGEONS LES ABORDS DE
LA STATION LE BLOSNE. J'écrirai aussi
un poème sur les arbres des Ourmes, à
la dame de C18 qui me l'a demandé. Le
soir, Yvan dans son bunker, son bloc.
On voit les tags, les graphs, lui, il
les regarde. Faire une liste des mots
modernes, une liste de grossièretés :
optimisation, gestion, communication,
promotion... galette-saucisse UBU BIG
DADA ! Caroline m'a raconté : La raie
torpille, on la tape, on la matraque,
on la retourne, on lui marche dessus,
on lui fait cracher son jus. Silence,
noir silence, afghan (noir), Libanais
(rouge) & la françafrique noire, noir
procès. Fête du jeu (tours en bas des
tours) Ass. des Tunisiens de Bretagne
& soirées en bas des tours. La Z.U.P.
construite entre 1960 et 1975 3 km de
long 1,2 km de large. quartier maille
îlot ORANGE TRICOT OCÉAN 19000 habit.
(pop. en baisse). Si on me dit que la
pop est en baisse, cela signifie-t-il
que le rap & le slam sont en hausse ?

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5.5.08

LSD, mein Sorgenkind

La couverture de mon exemplaire de LSD, mon enfant terrible par Albert Hofmann.
Albert Hofmann vient de mourir (le 29 avril 2008) à l'âge de 102 ans.

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30.4.08

Journal du Blosne (2)

Journal éclaté de résidence au Blosne

L'Ille et la Vilaine. La Vilaine sous
les parkings. L'air, l'iode, la pluie
et les nuages, le vent d'ouest. Poème
pour Desnos, Theresienstadt. Ghérasim
Luca, Roumain, mort dans la Seine, et
Tristan Tzara, un autre Roumain ! rue
de Roumanie ! Lectures de poésie tous
les samedis, place de Zagreb. J'étais
à Zagreb en 1969 et à ... et à ... Le
voyage depuis l'HORIZON, les tours de
garde, de guet, VERTICALES, la croix.
Avoir le plan SOUS LES YEUX ! William
S. Burroughs : Tours, Ouvrez le feu !
TOWERS OPEN FIRE ! Ritournelles, puis
cartopopote, (salut, ubo !) Perturber
l'évidence (ex : la télé commande) et
laisser une trace, comme la LATDC. Je
pense à toi. L'amour est au Blosne et
je l'ai fait à la main. Macédoine. Le
square de Macédoine, la macédoine des
squares. L'album de famille surgit du
quotidien comme poésie cachée. Poèmes
trouvés du Blosne. Voici un résistant
à la société du spectacle (il ne paie
pas de redevance !). La pensée grimpe
moins vite que le CAC. Nous vivons la
crise morale. La terre des hommes est
-elle à tous les hommes ? Les mots du
triangle, décalage de phase, décalage
de phrase. Lumières qui obscurcissent
la vue. L'instant t, minuscule phase,
formule de la sinusoïde. L'argent est
gratuit. L'être est humain. L'Afrique
est loin. Nan et Thomas. La maison se
construit. La résidence est au Blosne
en juin 2001. Encre verte sur le plan
d'urbanisme, jardins familiaux au sud
du Blosne. La prison des femmes entre
la gare et le Blosne. Le Thabor reste
immobile, derrière la transfiguration
du Blosne, Chateaubriand Alfred Jarry
avant le Blosne ? Le dictionnaire des
noms propres : Bloomsbury Blosne Bloy
(Léon). S'emparer de l'espace humain,
géographique, culturel-multi, voleurs
du temps, transformer les instants en
langage désarticulé (urbanistique ?).
IMMERSION. DÉAMBULATION. RESTITUTION.

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28.4.08

Journal du Blosne (1)

Le Blosne est le nom de l'ancienne ZUP de Rennes où j'étais en résidence invité par Le Triangle en 2001. Ce journal a été publié dans le n° 8 de L'Instant T, numéro aujourd'hui épuisé. Le voici sous sa forme originale, en vers justifiés.
Journal éclaté de résidence au Blosne

L'esprit de finesse opposé à l'esprit
de géométrie. Les grands arbres verts
sont les plus anciens habitants d'ici
aujourd'hui. J'écrirai un autre texte
en forme de rectangle troué (dans les
trous, le ciel). Des versets 23 mots.
A suivre : la LATDC (Limace A Tête De
Chat) en visite, Ono Mastic. La place
laissée aux arbres, n'oubliez pas les
sorbiers ! Le dédale, marche entre le
square et le parc sans rencontrer les
voitures. 28 mai 2001. La géométrie a
dessiné la carte (rectangles, carrés,
cubes, parallélépipèdes, ronds-points
et lignes perpendiculaires, triangle.

Augustin. Les plantes, les oiseaux et
les personnes, les vivants. Le marché
de sainte Thérèse. Premières cerises.
La mosquée intégrée aux constructions
dans les buissons. Mémoire, vision et
résistance, humour toujours. Les noms
de rues, le ciel du Blosne, les bars,
les livres du Blosne. Sons, couleurs,
odeurs. Les déplacements. Augustin et
sa femme. Monique était sa mère. Puis
les magasins, les lieux de culte. Ils
disent : « Venez nous voir à Italie !
On vous attend ! » C'est différent du
langage des touristes. C'est toujours
mieux que de dire : « J'habite le 35,
j'ai habité le 92 ! » J'essaie autant
que possible d'éviter le "général" et
d'être plus réaliste que nominaliste.

Célébration moderne de la vie avec la
terre (in lettre de Thomas, postée de
Ouagadougou). Petits haïkus aïcoucous
de la vie quotidienne. Philosophie de
l'encore : il y a encore ceci & cela.

Vers le sud, traverser la rocade vers
la terre. La rocade est la frontière.
Go southern ! Les restes et/ou encore
la permanence de la beauté - charmes,
chênes. La nourriture, les vêtements,
l'importance du marché, cf texte d'O.
R. (merci, Arnaud !), en exergue, une
citation ? Les transports. Visiter le
marché du Landrel place de Zagreb, le
mardi et le samedi. L'usage du breton
parlé ? écrit ? Une liste des signes,
des écrits sur la voie publique, tous
les mots d'ordre-propagande-publicité
-information au citoyen consommateur.

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24.4.08

Les champs de la nuit

On peut écouter ce nouveau morceau de Cheval23.
Lors de la répétition du samedi 22 mars, Arnaud Mirland a créé la musique de ce morceau et on l'a enregistré dans la foulée.
Le texte est extrait de "Canal mémoire" paru en 2004 aux éditions du Marais du Livre.
Pour écouter, c'est .
Pour lire c'est ici.
Les champs de la nuit s'étendent sous
les nuages difformes. Par les trouées
noires se glissent les braises naines
d'étoiles, d'étoiles de saltimbanques

& Arthur Rimbaud essaie de s'endormir
dans l'herbe douce du bas-côté malgré
le bruit des mobylettes, les ouvriers
du poste de nuit à Biache-Saint-Vaast
.....................................
Le pourtour de la lune est barbouillé
de jaune ocreux. Les pinceaux pointus
des peupliers strient la voûte opaque
des cieux. Le transformateur ronronne

& Blaise Pascal dans le rond lumineux
du réverbère public frissonne au vent
du nord. Le fond de l'air effraie les
philosophes en visite à Wierre-Effroy
.....................................
Les interminables pluies de l'automne
pilonnent les jardins nus. Le silence
et la boue recouvrent les sentiers de
la nécropole. Les morts sont mouillés

& Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski se
passe la main sous la barbe en fixant
les cartes de son jeu. La buée couvre
les vitres de ce bistrot de Lozinghem
.....................................
L'églantine et le sorbier des oiseaux
et le sureau et l'aubépine et l'osier
et la ronce mélangés inextricablement
le long des rails luisants de la voie

& Jack Kerouac colle son front sur la
vitre du compartiment. Les rafales du
vent de la course giflent les fourrés
épais. Prochain arrêt, gare de Beuvry
.....................................
Accroupi dans la poussière le charbon
les cendres, le gamin remplit un seau
en plastique, verse de l'eau, touille
et coule les pâtés. La plage est loin

& Vincent Van Gogh s'est assis sur un
banc dans l'abribus. Il murmure entre
ses lèvres quelque verset du livre de
Job en attendant le bus de Courrières
.....................................

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22.4.08

Printemps des thermomètres


Vient de paraître dans la collection 8pA6, chez "-36° Edition", l'édition de la Vachette alternative, un recueil de 10 dessins.
Disponible contre une somme modique sur le site de -36° édition.

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16.4.08

Silo (48) Ernst Jünger

Ernst Jünger, Orages d’acier, Journal de guerre, Plon 1960.
Mais là aussi, les points noirs ne manquaient pas : c’étaient les légumes desséchés, auxquels des gourmets déçus avaient donné le nom injurieux de «abarbelés en conserve » ou de « raclures de silo ». p ?

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7.4.08

Nous ne sommes pas morts

Nous ne sommes pas morts vient de paraître aux éditions du Dernier Télégramme, disponible en librairie dès aujourd'hui.
Images d'Hélène Leflaive et textes de Lucien Suel.
C'est un livre qui tourne autour du trou.
Voici le début du texte et quelques images d'Hélène Leflaive.


« J’ai l’impression que d’abord il y avait le............., qu’on a construit le..............d’abord, puis la porte au dessus, puis qu’on a construit le café, et que dans ce café il y avait une caissière, trois garçons, enfin deux flippers, des clients, des choucroutes, des assiettes froides, toutes les consommations servies habituellement, mais bon, il y avait tout ça, mais ça ne fonctionnait que pour le.........., que pour le.........., et que tout le reste était de la frime. Tout ça c’était pour le.............. » extrait d’Une sale histoire, film de Jean Eustache 1977

« De la gauche vers la droite, désignez vos objectifs. En joue. Feu à volonté. Cessez
le feu. » Les jeunes gens apprennent. Ils marchent au pas en colonne gueulant des
âneries. La tête se vide. Plus tard, le vent de février souffle sur les pistes de la base
aérienne. Les bleus en bleu marine sont alignés dans le froid, à la dernière minute on
leur a fait enlever les gants de coton blanc. Leurs doigts bleuissent crispés sur la crosse
métallique des pistolets mitrailleurs. Ce sont des MAT 49, nous savons ou nous avons
oublié que cela signifie que le modèle a été créé en 1949 et fabriqué en série dans la
Manufacture d’Armes de Tulle. Le lien avec le tulle aérien dont on décore les automobiles
qui véhiculent les mariés, c’est que le PM MAT 49 fait dans la dentelle à travers les
cartons et aussi à la guerre dans les tissus musculaires des corps humains ou animaux.
L’avantage de tirer c’est qu’on pourrait se réchauffer les doigts sur le fût brûlant du
canon. On imagine des choses mais le Colonel n’arrive pas et les larmes coulent sur les
joues glacées et certains pensent qu’il vaut mieux ne pas avoir de chargeur. Plus tard on
se souviendra de la scène mais on sera incapable de se rappeler comment on démonte
en petits morceaux pour le nettoyer le MAT 49. Tant pis. On aura même oublié le bruit
des munitions 9 mm, jolies balles brillantes et douces au toucher qui trouent la peau,
cassent les os et percent les artères.



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4.4.08

Instantanés du Blosne (2)

INSTANTANÉS DU BLOSNE (2)

Sur le chantier boueux, dans les années soixante, les gamelles des ouvriers maçons étaient à plusieurs étages comme les tours qu'ils construisaient.

Trente kilomètres de tuyaux d'eau chaude zigzaguent sous le sol du Blosne. Réchauffent-ils l'eau froide et noire du ruisseau originel ?

On s'active sur les tours du Banat, on déroule les couvertures, une petite laine de verre sur les murs avant l'hiver.

Les grenouilles vertes qui vivaient dans le marécage ont été chassées par le mammouth noir, les coassements remplacés par des annonces publicitaires suggestives.

A Ste Élisabeth, le centre paroissial a été transformé en centre commercial, un cabinet radiologique à la place du confessionnal. Les temps changent.

Ici, on fabrique des puces à partir du silicium. Autour de l'usine, on va sans doute installer des espachiens. Ouah ! Ouah ! Ouah !

Le Triangle est une ferme. Le fermier s'appelle Christian. Il a une mare et une volière. Il se lance dans la culture.

Christiane cultive son jardin au balcon entre ciel et terre, un bouleau en pot et la petite maison des oiseaux accrochée au mur.

Station Blosne, pétales de béton, pistil de verre, les voyageurs entrent et sortent des fleurs, abeilles industrieuses ramenant du miel dans leurs loges.

Le long du boulevard de Yougoslavie, les racines des peupliers jouent les tunneliers sauvages, serpents sous la terre soulevant le macadam des trottoirs.
Cette deuxième série a été publiée dans L'Instant T n° 9

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2.4.08

Instantanés du Blosne (1)

En 2001-2002, j'étais écrivain en résidence dans le quartier du Blosne, l'ancienne ZUP de Rennes, invité par le Centre Culturel du Triangle.
A l'occasion de mon retour prochain au Triangle pour une soirée de lectures le 10 avril 2008, voici pendant quelques jours sur ce blog les poèmes écrits en 2001 et publiés jadis dans L'Instant T, n°s 8 & 9, par les soins de Jean Jacques Le Roux et Yann Dissez.
Pour commencer, un ensemble de "versets" arithmonymes de 23 mots chacun intitulé :

Instantanés du Blosne (1)
Le Blosne ne coule plus sous le ciel du Blosne. Le Blosne coule sous le Blosne. Une rivière noyée sous le béton, vilaine.

Le ruisseau coule dans le noir, le ruisseau est l'encre noire avec quoi s'écrivent quelques souvenirs. Bruit de pages qui tournent.

La rocade périphérique est comme une frontière au sud de la ville, une douve dans laquelle coule en rugissant le flot des voitures.

Le flot rugit en bas de la butte antibruit qui s'affaisse doucement et qu'il faudra bientôt surélever pour contrer l'envahisseur.

Le bruit des moteurs assiège les oreilles des habitants, presque tous collaborateurs occasionnels - automobiles sagement rangées en bas des immeubles, le soir venu.

Dans l'aube du Blosne, un angélus lointain, trace légère du passé dans la sourde rumeur automobile et les premiers chants d'oiseaux.

Oiseaux du matin dans les Jardins Dinariques, sifflets des merles noirs, charabia des moineaux, roucoulements des tourterelles turques à collier. Les éboueurs collectent.

Square de Bosnie, quatre corbeaux bataillent sur le gazon avec une paire de grosses pies, sous le regard intéressé d'un chat gris.

Les corbeaux vocifèrent. Les pies esquivent les attaques en silence. Le chat gris se demande où sont passées les gouttières de ses ancêtres.

Retour du Portugal, le petit pouillot véloce affûte sa scie dans le bois des Ourmes, tsyip, tsiep, tsyip, tsiep, tsyip, tsiep, tsyip, tsiep...

Les étourneaux du soir, couple en frac noir comme deux Dupont, enquêtant au pied des tours, à la recherche d'indices, mégots, miettes...

Autrefois, au Pont Noir, vairons et têtards, et ceux qui pêchaient, enfants, torses nus, les pieds dans le Blosne serpentant sous le ciel.

Aujourd'hui, les enfants pataugent dans le bassin au bout du bois des Ourmes, clairière inondée de soleil comme dans Blow-up d'Antonioni.

Au Café-Confort, marché de Zagreb, la langue des poètes claque dans l'air du Blosne et résonne dans la tête des habitants.

Ils écoutent Paul Celan, Ghérasim Luca, Robert Desnos et Tristan Tzara. Ils écoutent aussi Bernard Noël, Henri Michaux, Georges Bataille et Arthur Rimbaud.

Dans le bâtiment FG4, Jean fait la différence entre poètes ordinaires et poètes super, poètes légers et poètes au plomb, question d'essence.

Centrale thermique du Blosne, chaleur pour tous, soleil du fuel venu de loin dans les tankers qui parfois se renversent ailleurs en Bretagne.

Les vélos filent sur les petits chemins bordés de verdure, les haies réduites à deux traces parallèles de peinture verte sur le macadam.

Centre social, Carrefour 18, au rez-de-chaussée, antifrozenkasbah. Au premier étage, sur une table en stratifié, on découpe un patron en morceaux.

Station Blosne. Une jeune maman fume en poussant la poussette. A l'hôpital sud, un chirurgien termine l'amputation d'un vieux jardinier.

Les paraboles avalent les ondes télévisées. Place du Banat, en longue spirale descendante, la grande corneille noire tourne autour de la grande tour.

Du haut des tours, plusieurs fois par jour, les chiens descendent, traînant leurs maîtres. Petit tour, P.M.U. du C.C., petit pari, petit pipi.

Au Marché Ste Thérèse, les galettes-saucisses sont les hot-dogs celtiques, porc et sarrasin. L'homme ne vit pas seulement de poésie.

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31.3.08

La formule SUEL-GERENTON

La formule individu brillait magnifiquement dans le noir.
Un dessin animé ou Poetic Spam de Marc Gérenton.

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26.3.08

Silo (47) Haruki Murakami

"- Tu remontes la rivière par le chemin du côté sud. Au bout d'une demi-heure de marche à peu près, tu verras un vieux silo à grain sur ta droite. Un truc qui n'a plus de toit ni de porte. Tu tournes à droite au coin de ce silo, et tu suis le chemin un moment. " p. 323
Haruki Murakami, La fin des temps, Points, 2001.
(communiqué par Célionne)

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21.3.08

Ma vie avec Ivar Ch'Vavar

Le n°1 de L'INVENTION DE LA PICARDIE (1986)
Ma vie avec Ivar Ch'Vavar par L. Suel , un témoignage inédit à lire sur Remue-net.


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17.3.08

Cochons

Cochons : 4 poèmes dont un triptyque et deux justifiés, deux poètes : Anne Ansquer et Lucien Suel, deux photos, un photographe : Patrick Roy.


La vie en rose (Anne Ansquer)

Sur la route
Le retour de la nuit
Les cochons

Les cochons sont serrés
Les compagnons

L'air comme une avalanche
Soulève un destin de frisson
Et de sang
Nous doublons le camion
Mon compagnon me dit dans la nuit ils ne sauront pas

La leçon de choses
Une arme blanche :
« le corps est limité par la peau »

sous la pluie fine
mes compagnons
(Nov. 2004)


petit cochon le porc
tu plonges ton groin
dans l'auge la sauce
cochon maçon touille
la mixture le museau
clapote et fouille à
foison les bulles et
les grumeaux gris le
liquide colloïde qui
dévale dans le tuyau
du porc petit cochon
L. Suel

Triptyque (Anne Ansquer)

Cochon de travail

En contre-bas, gosier rougi
Ou bien sourd de la roche
Le sang

Dans la faille
Perdu à pic et la rocaille

Qu'il ne fût pas

Ou qu'il crève : jambon sous l'éboulis —
Son regard pâle et rose
Museau et groin fouissant
Le ciel à jamais finissant

Les rouges-gorges font, eux, le procès des cailloux

Cochon (avec lapidation)
Le cœur a manqué

Petit cochon (avec chance)
C'était un petit porte-bonheur
Un petit cochon avec un cœur

N'ayant pas dans son baluchon
De trilles pour les cochons

Il va par les chemins de feux
De pierres
Et de couteaux tirés
Quête
Et puis de cheminée

La pluie des nues peut bien lui battre les jarrets
Sa route est la chair à souhaits
Son moulin de sincérité
Sa fabrique de sel

Dans sa raison réelle

Pour mon grand-père, le 4 décembre 2006
Anne Ansquer

petit cochon le porc
trompe-la-mort prise
ordinaire tu risques
l'électrocution sans
branchement de terre
voire la noyade dans
ton bouillon une vie
qui ne tient qu'à un
fil la castration te
guette le charcutage
du petit porc cochon

L. S.

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12.3.08

Photoromans à Béthune

"Photoromans" est un projet qui a été mené en 2006 avec le photographe Patrick Devresse. Pour chacune des photos qu'il me proposait, j'écrivais un court texte surprise de 4 lignes de 12 mots.
Ce projet est devenu une performance "projection vidéo + lecture". Nous la présenterons ce vendredi 14 mars à 19h à Béthune dans la Médiathèque Jean Buridan, Avenue de Bruxelles, Quartier du Mont Liébaut (Tél 0321250234).
Les tirages sur papier des 42 photos accompagnées de leurs textes seront exposés du 11 mars au 14 avril 2008 aux heures d'ouverture de la médiathèque.

Ci-dessous trois des "Photoromans".

On pourrait plaisanter : le mystère de la femme sans tête reste entier.
L’inspecteur Lloyd Hopkins se trouve devant un sacré sac de nœuds.
Dos nu, bras nus, épaules nues, Chantilly Lace, losanges à Los Angeles.
Les lanières ont imprimé leurs marques dans la peau du Dahlia Noir.

Devant la porte d’Eden, deux créatures émergent du bloc de saindoux.
Frères animaux unis dans un même souffle, respirant la même odeur primitive,
le bon sculpteur les a créés, porc et porc, viande et viande.
Devant la porte d’Eden, les cochons siamois attendent un hypothétique bistouri.


Les pigeons de Jackson Pollock ont travaillé dans l’allée du garage.
On a entendu cliqueter la bombe de Trembling Joe, le tagueur parkinsonien.
L’expert en graphologie a certifié authentique la signature d’Isidore Isou.
Un lapin blanc se cache dans notre dessin ; sauras-tu le retrouver ?
Pour voir l'ensemble des photos, cliquer ICI.






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10.3.08

Lecture à Boulogne-Billancourt

Au Foyer -Bar de l'Espace Landowski (Boulogne-Billancourt)

J'étais invité ce samedi 8 mars 2007 par la Médiathèque de Boulogne-Billancourt à l'occasion de l'exposition Skate Nomade de Jean-Pierre Thomas. J'ai lu pendant 45 minutes divers extraits de mes travaux poétiques. Cette lecture a été filmée par Pierre Lamassoure qui a accepté de mettre les images à ma disposition et partant, à celle des lecteurs de ce blog...
La première lecture était consacrée au skate avec "SK8" (lire sk eight) un très long poème inédit en vers justifiés. Il se trouve que la vidéo commence exactement où s'était arrêtée la publication du début de ce poème quelques jours auparavant sur Silo.
VIDEO LECTURE à Boulogne-Billancourt (SK8)
La seconde lecture est un assez long extrait retravaillé pour l'oral de l'ouvrage "Transport visage découvert" publié aux éditions du Dernier télégramme.
VIDEO LECTURE à Boulogne-Billancourt (Transport visage découvert)
Ensuite deux extraits de Canal mémoire, d'abord "Fille du nord" d'après la chanson de Bob Dylan et ensuite "Orage approchant" dédié à Jean-Pierre Thomas que l'on aperçoit dans l'assistance...
VIDEO LECTURE à Boulogne-Billancourt (Canal mémoire)
J'ai ensuite lu D 341, un long poème sur ma vision du Nord.
VIDEO LECTURE à Boulogne-Billancourt (D 341)
Pour coller au thème du Prime-Time des Poètes, "Eloge de l'autre", j'ai lu un poème sur les gens du Blosne, l'ancienne Zup de Rennes où je m'étais trouvé plusieurs semaines en résidence, invité il y a déjà quelques années par Le Triangle. J'y serai d'ailleurs de retour le 10 avril...
VIDEO LECTURE à Boulogne-Billancourt (Le Blosne)
La lecture s'est achevée par la lecture de mon poème de 1998 sur Patti Smith, en picard "Patismit". Ce poème sera bientôt disponible au format livre, 32 pages comprenant le poème original en picard, sa traduction en français, sa traduction en anglais et un cd audio de sa lecture. Une production à paraître en avril aux éditions du Dernier Télégramme (op. cit.)
VIDEO LECTURE à Boulogne-Billancourt (Patismit)


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