mercredi 15 janvier 2020

Claude Pélieu au Silo - VI.2.


VI
AMUSE-CRÂNE,
intersections de Claude Péloquin
par Claude Pélieu

2
AUSSITÔT QUE TU DIS VITESSE TU DIS SOLITUDE - pensée-bouée, fumée dépliée, Police Télévisée, sperme électrique léché par l'onde - RIDICULE COMME UN VENDREDI SAINT, j'en conviens - hostie, otage neutre, flocons d’œil - Comment survivre quand tout est truqué ? Quand tout est entre les mains des robots, des chiens sales, des psychopathes et de l'Administration Totale ? Comment survivre quand on est seul, flippé, réac (comme ils disent) ? Quand on est pré-enregistré par le Bureau des Idées, programmé et sans cesse menacé par le Parti Intellectuel et les cons ? L'Esprit Sale et Laid a même éteint la voix du paysage - ne désespérons pas, la tristesse est obligatoire - et comme je le disais à Honey Boy Bongo : « Apartheid ou pas, du moment qu'on a la santé... » - tessons zodiacaux dans le ciel grillagé par les idoles de l'eau et du feu.

LES VRAIS MAGICIENS NE LE FONT PAS EXPRÈS - rêver alors ? Immobile, voguant sur les Sargasses vides, avec les images bègues de la Nouvelle France - labourant le rêve-fumée des hauts plateaux -LA POÉSIE COÛTE LA PEAU, on en vit, bien ou mal, mais on n'en meurt pas - champs de pavots, plantations de kief, sommeil-harpon rêvant sur la piste morte, lames géantes murmurant sur le toboggan des nerfs.

J'AILLEURS J'ACIER JE CAÏMAN ET JE PIEDS NICKELÉS ENCORE - murmure-hasard - LA PEUR C'EST LA PATIENCE DES FAIBLES - paroles froides dans les murs, bagages de nerfs gémissant sur une vague morte, îlots crucifiés, fumée fanée, ondes-antennes déployant la pluie d'autrefois - légende d'aluminium - J'AI VU LA TERRE DANS UN DÉPOTOIR MAGNIFIQUE - écrivant sur la double piste pensée, bandes audio des nerfs disent : LES FEMMES SERONT DES CHIENNES TANT QUE NOUS SERONS DES CHIENS - miroir harponné par le rêve immobile de l'argile, flocons scalpés - horizon transparent - sperme-cyclone crucifié sur l'onde-larme - coupure transparente - Fleur de l'âge, minute de silence - îlots de mots irradiés, antennes labourant le ciel d'eau, parole-horizon splashant lumière-laque, flocons et bribes - un rire solitaire pogné sur le toboggan galactique. Traces lointaines, invisibles, coulant, dépaysant, dérapant - lampes scalpées - ondes perdues dans le désert - couleur silencieuse saignant sous le choc - écume d'herbe, fumée écrivant larmes dans l’œil froid - poussière murmurant « civilisation » - On ne rend hommage qu'aux morts. Le reste, le dérive, la poésie, la défonce, n'est qu'une affaire de vivants.

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posted by Lucien Suel at 08:15