jeudi 20 juillet 2006

"Hairway to Steven" par Mimosa (4/5)

Hairway to Steven
(la fête du travail)

j’ai pris conscience du petit Jésus
quand nous nous sommes retrouvés
sans chauffage ni eau chaude
bien qu’échoués sur un écueil fantastique
nous misions sur une issue scientifique
nous avions cru échapper à cette situation
en combinant le principe des vases communicants
à celui de la motricité des champs de pression
nous avons donc entrepris le remplissage des radiateurs
équipés d’une unique bouteille de liquide vaisselle
il a suffi que la dignité du fils tourne le robinet
pour que nous revêtions des culottes courtes
avec chaussettes de polyester et claquettes bleu marine

j’ai emprunté les rues comme des couloirs de labyrinthe
avec le dessein de m’éloigner de ce foyer de désolation
j’en ai profité pour arpenter le désert de l’esplanade
qui s’étend jusqu’aux pieds des remparts à franchir
pour pénétrer dans le foyer des gradins noirs
une odeur de chaleur longeait le mur de l’abattoir
à la jonction de deux grosses artères
un troupeau de tanks grillait le feu
le bitume ondulait comme de l’écume
le sillage devenait un jardin d’asphalte
bêché par des mémoires de forçats
les témoins n’étaient plus de cette ville

de retour dans la maison tapissée d’enfance
un artisan ouvrier fouillait dans ma gazinière
debout sur une chaise l’échine butée au plafond
Maria Dolorosa était plantée dans ses talons compensés
ses yeux épaissis par des lunettes m’ont désigné
lorsque j’ai pénétré la discrétion de mon réduit
peuplé comme un autocar en excursion pour Lourdes
Maria Dolorosa et l’artisan ouvrier s’y entretenaient
à côté de la nuque contrite de mon ami
ses pauvres oreilles affichaient la sentence de ma faute
comme une banderole accrochée à la queue d’un avion
son œil était celui de l’éléphant apeuré qui pardonne
figé dans le silence de la tendresse qui le remplit
j’avais abandonné la pieuse atmosphère de mon réduit
l’artisan ouvrier s’échinait donc à fouiller dans ma gazinière
ma cervelle délinquante lui volait la fête du travail
sa rancœur s’est ouverte en une queue de paon
lorsqu’il m’a détaillé la technologie des fusibles
comme on l’expose à l’attention d’un chien-chien débile
Maria Dolorosa maniait les techniques de la terre brûlée
son hasard personnel désigna mon ami pour la corvée
il s’agissait d’ouvrir le ventre d’un aspirateur franco-belge
sans porter atteinte à la grosse panse à poussière
le malheur avait été clairement annoncé sur le Sinaï
et lorsque mon ami a croisé l’ange aux cheveux d’or
son chandail était gorgé de la poussière d’une génération

juste avant que ma jeunesse ne soit incorporée
j’ai souhaité rendre visite à Maria Dolorosa
elle s’est montrée disposée à la réconciliation
pensait-elle qu’on allait étouffer mon pucelage
comme une pomme de terre dans mon œsophage ?

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posted by Lucien Suel at 08:11

1 Comments:

Anonymous jeanmarievidal2@wanadoo.fr said...

je me sens un peu en communauté d'esprit l'odeur de poire du sperme et l'automatique sous le tarin des images c'est tout heureux que je lance mon http://lanuitcannibale.over-blog.com à bientôt... JM VIDALI CHARTRES

18:43  

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