mercredi 10 octobre 2012

Le Train de Tarkos



« Le Train » de Christophe Tarkos a été édité par mes soins à la Station Underground d'Emerveillement Littéraire en 1996. 125 exemplaires ont été imprimés et assemblés un par un sous une couverture dessinée par William Brown. Cette édition originale fut épuisée en 1998.
En novembre 2005, pour le premier anniversaire de sa mort, je façonnai à nouveau 12 exemplaires réservés à des amis proches.
« Le Train » sera à partir d'aujourd'hui publié en feuilleton dans Silo.

Ceci est le 1000ème message posté sur ce blog depuis son ouverture en octobre 2005.

MARSEILLE, 7 MAI 1996, Tarkos m’écrit que sur le caractère et sur le format et sur la noirceur du caractère, sur l’interlignage, sur le blanc entre les titres et les textes, il ne s’immiscera pas et qu’il ne comprend toujours pas pourquoi dans notre discrétion, ce train reçu en paquet lui a fait le plus grand bien.
PARIS, 25 JANVIER 1999, Tarkos me demande la disquette du Train corrigé par mes soins car c’est le prochain livre qu’il fait.
PARIS, 23 FÉVRIER 1999, Tarkos me dit qu’il a le projet de faire paraître Le train en juin 2000 et qu’il restera dans mon catalogue parce que mon livre est le plus beau qui existe.
Extraits de "Tarkos m'écrit" (publié dans la revue Fusées n°15, mars 2009)

Le Train
(Sygnognymie)
à Valère Novarina

Christophe Tarkos
Le Train (1)

Le petit train roule dans la campagne

Je ne vois pas, non, je n'en ai pas la moindre idée.

Le train circule
Je ne me le cache pas, je ne me cache pas, je n'ai pas à me cacher. Je ne me cache pas que je me suis mis là, je ne me cache pas que je n'ai pas de couchette. Je n'ai pas de couchette. Je ne me suis rien caché. Je ne me le cache pas, je ne suis pas à cheval, je ne vais pas me cacher. Je suis bien dans mon fauteuil.

Des roues à côté des roues, des roues devant, des roues derrière. Des roues par quatre

Je ne nie pas. Ai-je nié ? Je ne voudrais pas avoir nié. Je n'ai pas nié et je ne le nie pas et je ne le nierai pas. Je n'entends pas tout. Simplement, n'ai- je pas entendu une bonne partie ? Je ne nie pas. Je n'ai jamais nié. Je ne m'ennuie pas. Je n'ai pas idée.

Que la queue du train accrochée à la tête d'un wagon, que les queues des wagons accrochées aux têtes des wagons. La chenille chemine son chemin


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posted by Lucien Suel at 09:22

3 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Cette publication de train est belle, les images sont belles, l'histoire est belle. Dire que les choses sont belles ne les amoindrit pas. Merci pour ce partage. clare mary puyfoulhoux

09:24  
Blogger FrançoiseL. said...

atmxBonjour!
j'ai la chance d'en avoir un. C'est à partir de ce livre que je suis revenue à la poésie.

19:45  
Blogger Lucien Suel said...

Merci à vous deux, je suis touché.

13:35  

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