vendredi 31 mars 2006

Un poème de Jean-François Rousseau

DRINKS & BOATS
à Lucien Suel
31 mars 2005 - SEIX (Ariège - J'y suis, j'y vis.)
49 ans. Today is my day.
L'horloge du bourg sonne 11 heures.
Assis sur le banc mal foutu de la guérite
des bus, j'attends la navette qui me ramènera
chez moi, 10 kms plus loin, en montant sur Guzet-Neige.
(Et zut! Je renverse ma bière. Vraiment bancal,
ce siège.)
« Aujourd'hui c'est mon anniversaire
et le blé ne va pas
pousser dans ma tête
je veux du vin
du vin... du vin »,
clame le poète Jack Micheline (ce nom!).
C'est de circonstance.
Pour me fêter.
Acheté 3 bts de vin (dont 1 blanc)
à l'épicerie. Today is my day.
« et le blé ne va pas
pousser dans ma tête »
. Pour sûr.
Le blé en herbe.
Ni dans mes poches, le blé.
Rien ni personne n'arrêtera le printemps.
Insolence du soleil.
(Mon manteau noir est en trop. Et les poches trouées aussi.
Rien d'idéal à cela : la dèche.)
Les cloches se taisent, il n'est pas 11 h 30 —
la navette est en avance (le chauffeur m'avait
prévenu : 11h 20). Faire signe au conducteur.
Il sourit. Il m'a vu.
Sac à dos chargé (provisions pour quelques jours),
livres sous le bras (empruntés à la bibliothèque),
je cours vers ma table.
Mes papiers secs.
Mon encre fraîche.
Rien d'autre à faire.
Today is my day.
Interdiction de parler au chauffeur :
je lui parle. Nous parlons. On s'en fout.
Et pas de ceinture.
C'est l'Ariège. Ses bons côtés. La montagne.
Je l'écrirai ce poème. Cette lettre.
Je dirai que... Quoi? Je dirai que je suis content.
Mais jamais cette femme que j'aimais ne reviendra.
C'est con.
De quelle couleur, les yeux de notre enfant ?
Impossible à dire.
Beaux. Qui me regardent. Me voient.
Ebloui.
Mais que viennent faire une femme & un enfant
dans « un fleuve de vin rouge » ?
Y tremper leurs lèvres, pardi.
Ah!
Jean-François Rousseau
posted by Lucien Suel at 13:00

3 Comments:

Blogger Poll said...

Hello !

I like very much your blog !

Regards

09:46  
Anonymous Satori said...

Jean-François, ma badine essentielle...

Quelle surprise de te lire à quelques 700 kilometres l'un de l'autre. La magie virtuelle que tu récuses tant a du bon... Je n'ai pas encore assez bu pour t'écrire. Je t'embrasse juste sur tes yeux de poèmes.
Matthieu (Nantes)

21:00  
Anonymous Anonyme said...

belle cette ariège, belle cette femme qui ne reviendra pas, "beau ce bus"....tendresse dune nouvelle admiratrice du couserans à bientôt à la....b

17:29  

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