mardi 10 juin 2014

NORD-PICARDIE (une lettre d'Ivar Ch'Vavar)



Nord-Picardie…
Ivar Ch’Vavar aux Camarades, Camairades, Caùmarades
à propos de la « réforme territoriale »

Camarades, j’ai sous les yeux « La Voix du Nord » du 4 juin, consacrée à la « réforme territoriale » du sieur Hollande, peut-on dire encore Président de la République ? je lis en couverture : « Nord-Pas-de-Calais : seul et fier de l’être ». Mes chers Camarades, Caùmarades, Camairades, j’ouvre le journal, pages 2-3. Grand titre : « Le Nord-Pas-de-Calais : célibataire et fier de l’être ».
Comme vous savez, je suis moi-même Nordiste, alors je ne vais pas avoir peur de l’écrire : « Le Nord-Pas-de-Calais : CON CON CON, et fier de l’être ».
Voilà une région trop exiguë (12.400 km2), mais très peuplée (4.000.000 h.) qui refuse de fusionner avec une région bien plus faible au point de vue de la population, mais nettement plus étendue. Cette fusion ne lui apportait que des avantages : un territoire plus vaste, une population renforcée, et aucun inconvénient. Cela lui assurait plus de poids en France et en Europe, mais les Nordistes, pardon : les Nord-Pas-de-Calaisiens, s.v.p., ont craint de se faire absorber par les Picards, deux fois moins nombreux qu’eux !
Même en supposant qu’il n’y ait aucun point commun entre Nordistes et Picards, un tel refus de la fusion, de la part du Nord, est stupide, absurde, incompréhensible. Mais, vous le savez bien, Nordistes et Picards sont proches cousins, et parlent des variantes de la même langue : le picard (également parlé en Belgique, et les Belges de Mons et de Tournai revendiquent, eux, leur « picarditude »).
Vous savez tout cela…
Ce que vous ignoriez peut-être, c’est que les présidents de groupe du conseil régional du Nord-P.-de-C. « se réjouissent, dans l’ensemble, de ne pas fusionner avec la Picardie » (« La Voix du Nord », 4 juin, page 3). En réalité, seule Marine Le Pen ne se « réjouit » pas. Elle déclare : « Si le Nord-P.-de-C. préserve son autonomie, c’est en raison des scores du FN. Parce qu’avec la Picardie, c’était une très grosse région qui pouvait basculer en faveur du FN (…) Quant à la réforme territoriale dans son ensemble, j’y suis violemment opposée. Il fallait un référendum ». (Bien sûr Marine Le Pen ne peut « penser » le problème qu’en termes de politique nationale, la question des régions ne l’intéresse pas.)
TOUS les autres présidents de groupe se « réjouissent » d’avoir laissé passer cette chance historique :
Annick Mattighello, groupe communiste : « C’est une grande satisfaction. On est une grande région avec quatre millions d’habitants. C’est déjà compliqué à gérer, étant donné l’étendue géographique de la région ». (????)
Philippe Rapeneau, groupe opposition nationale (droite « classique ») : « J’ai toujours dit que cette région se suffisait à elle-même. L’identité du Nord-Pas-de-Calais est une réalité. On ne sera plus une des grandes régions de la France au niveau de la population, mais peu importe ». (!!!!)
Jean-François Caron, Europe Ecologie : « C’est le bon sens qui l’a emporté. Cela aurait été un grand écart que de fusionner le Nord-Pas-de-Calais avec la Picardie ou Champagne-Ardenne. Notre région a une taille critique beaucoup plus importante que les autres régions sur un territoire assez restreint ». ( ?!?!)
Michel-François Delannoy, parti socialiste : « Ces limites géographiques maintenues, on en prend acte avec satisfaction. » (…)
Tant de bêtise confine à la crétinerie pure et simple, il est d’ailleurs évident que ces gens ne savent déjà pas lire une carte… Ça n’est pas seulement consternant, c’est effrayant.

… Ou alors…

NON, je n’arrive pas à croire que la classe politique soit débile à ce point, et de façon aussi unanime (compte non tenu du FN, qui reste un parti à part). Il y a sûrement une explication, chers Camarades, Caùmarades, Camairades… oui, une explication… Mais, sincèrement, je ne vois pas laquelle, et c’est pourquoi, dans ma détresse, je fais appel à vos lumières !

Ce que je vois me désespère profondément. Je sais, et vous le savez comme moi, que c’est une catastrophe pour la région Picardie, pour la Grande Picardie Mentale, mais également pour la région Nord-Pas-de-Calais.
Nous nous sommes battus, vous et moi, pendant des décennies pour en arriver là ? Avoér foét tout ch’qu’oz ons foét pour vir chaù, ènne pairéle débalacion ? Tchèche qu’i airoét peu pinsé, quand qu’oz ons kminchè à euvré, qu’os n-in varoènmes laù d-ou qu’os n-in sonmes in-hui ?
Més pores chœchons, j’croé bin qu’ech cœp-chi j’n’airè pu l’anme ed porsuire…

Libellés :

posted by Lucien Suel at 11:58

5 Comments:

Blogger brigitte celerier said...

ps concernée bien sûr, mais m'avez persuadée... sera-ce la même chose pour vos frères ?

13:07  
Anonymous Anonyme said...

Vous avez raison à 100%. Une grande Picardie, ça avait du sens. Le bassin linguistique, la culture... Vu l'unanimité politique incompréhensible, sauf à intégrer la peur du FN, c'est mal parti. On pourra toujours essayer de passer des traités de coopération culturelle entre deux régions qui n'auraient dû en faire qu'une, en laissant Champagne et Ardennes dériver vers l'Est.
DL

13:51  
Blogger DANIÈLE MOMONT said...

On estime communément que Picardie et Nord-Pas-de-Calais sont restés séparés sous l'impulsion de Martine Aubry, qui souhaitait à tout prix éviter la contagion FN, or peut-on tout à fait (si c'est là réellement son seul « calcul ») lui donner tort ? (je suis d'Hénin-Beaumont : question contagion FN, je vois plus souvent qu'à mon tour de quoi je parle). Bien amicalement.

14:14  
Blogger Lucien Suel said...

Camarades lectrices et lecteurs, merci pour vos commentaires et/ou questions. Je les transmets à Ivar Ch'Vavar.

14:33  
Anonymous Dominique Hasselmann said...

La ficelle serait-elle un peu grosse ?

07:54  

Enregistrer un commentaire

<< Home