mercredi 9 janvier 2013

Un poème de François-Xavier Farine

Docker
C'était l'un
de mes premiers boulots
je devais me lever
à l'aube
pour rejoindre des
entrepôts désaffectés
à l'autre bout de la ville

le premier jour
j'ai sympathisé
avec un gars
qui venait de
sortir
de prison
nous passions notre temps
à remplir des caisses
de cartons
que nous empilions
ensuite les uns sur les autres
du sol jusqu'au plafond
ça a duré comme
ça toute la semaine

le midi
je mangeais par terre
adossé à un arbre
près de la grand-route
où les voitures défilaient
continuellement

Le soir j'avais des mollets
durs comme des cristaux de glace
et le corps complètement esquinté
je m'endormais
dès la première page
d'un livre
que je prenais
pour me vider la tête
de toute cette merde
accumulée toute la journée
mon cerveau paraissait
fondre à vue d’œil
dégouliner comme une sauce blanche

Le type
m'a rappelé
il était content de moi
tu veux revenir
la semaine prochaine
qu'il m'a fait
& j'ai dit non
merci vraiment
je dois retourner
à la faculté
Et d'après le silence confus du type
de l'autre côté de la ligne
j'ai compris
que c'était comme une improbable météorite
qui venait de s'écraser lourdement
sur ses chaussures.

© François-Xavier Farine - 6/12/2012. Inédit.
Ne manquez pas de visiter POEBZINE, le blog de F.-X. Farine.

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posted by Lucien Suel at 07:59

1 Comments:

Blogger strofka said...

Poème, faut l'dire vite.

18:21  

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