mercredi 23 janvier 2019

Un poème de Jean-Pierre Bobillot (7/8)


la mort qui est dans la vie & la vie qui est dans la mort aussi

(phraguements)


Je pense que demain je penserai probablement le contraire Je pense que ce n'est pas une raison
Je pense qu'il n'y a que l'Improbable qui vaille la peine d'être pensé ou mieux : Je pense qu'il n'y a que l'Impensable qui soit probant & donc, qui vaille la peine d'être pensé (écrit)
Je pense qu'il n'y a que la pensée de l'Impensable qui vaille la peine d'être écrite Je pense qu'à l'instant même en écrivant ces derniers mots qui ne resteront pas longtemps les derniers je pense probablement le contraire Je pense que ce n'est pas une raison Je pense que c'est la raison (la Raison ?)
Je pense qu'il restera bien peu de choses de tout ça & que c'est la raison même de le penser & que ce n’est pas une raison pour ne pas l'écrire Je pense qu'il faut maintenant écrire comme si chaque mot qui est toujours le dernier était le dernier écho ou l'ultime éclat d'une civilisation immémoriale & oublieuse & pour cela bientôt oubliée
Je pense à celui (ou celle) qui un jour peut-être dans une autre civilisation lira ces derniers mots qui seront peut-être pour elle (ou pour lui) les premiers : ce peu d'être...
Je pense que je ne sais pas ce qu'il (ou elle) en pensera Je pense que je ne sais pas ce qu'elle (ou il) pensera Je pense que je ne sais pas ce que pour lui (ou elle) sera la Pensée Je pense que je ne sais pas ce qui pour elle (ou pour lui) sera l'Impensé: ce trop d'être... ce trou d'être ?...
Je pense qu'on me passera difficilement ces quelques phrases Je pense (que) Je pense Je Je pense qu'il vaudrait mieux quelquefois ne
Je pense qu'écrire, c'est tout ou rien Je pense que l'Infini, c'est tout ou rien Je pense qu'on pourrait écrire aussi : tout rien...


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posted by Lucien Suel at 08:25